10/05/2014

Libye An III post Kadhafi: Un incubateur de dictateurs

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Sent: Wednesday, May 7, 2014 9:47 AM
Subject: Libye An III post Kadhafi: Un incubateur de dictateurs
 

Libye An III post Kadhafi: Un incubateur de dictateurs

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Libye-Dossier spécial 1/4 : Libye An III post Kadhafi,  Un incubateur de dictateurs - Par René Naba/04.04/14

http://mondafrique.com et www.renenaba.com ont le plaisir d’offrir à leurs lecteurs, en avril 2014, un dossier spécial sur la Libye à l’occasion du 3 me anniversaire de l’instauration de «la démocratie du tomahawk» dans l’ancienne  populacratie. Un pays au bord de la sécession avec un premier ministre Ali Zeidan, démissionné, en fuite en Europe, de sanglants règlements de compte, sur fond de supputations sur une nouvelle opération de police occidentale dans le corridor du Salvador, carrefour stratégique à la frontière de la Libye, du Niger et de l’Algérie, devenu un véritable repère de trafiquants et de djihadistes au cœur du désert, à l’arrière-plan d’arraisonnement de la marine américaine des flibustiers de l’or noir. …….Un OK Corral à l’échelle de tout un pays. L’aube d’une nouvelle ère de démocratie tarde à se lever. L’avenir radieux que promettait le tandem Nicolas Sarkozy et BHL n’a pas tenu ses promesses. Retour sur cette séquence.

Propos liminaire

Le signataire de ce texte a effectué une vingtaine de reportages en Libye durant les 43 ans de la dictature Kadhafi (1969-2012), dont les reportages sur ce pays figurent sur son site, de la nationalisation de la base américaine de Wheelus Airfield et des installations pétrolières, à la bataille d’Aouzou, au raid américain sur Tripoli et Benghazi; éditant deux ouvrages, aux titres révélateurs, sans concession: «La Libye: la révolution comme alibi» Editions du Cygne 2009 et «Kadhafi portrait Total: Du fossoyeur de la cause nationale arabe au fossoyeur de son peuple: Entre intervention militaire et insurrection populaire» Golias 2012.

Depuis la mort du Colonel, le 19 aout 2012, l’auteur de ce papier s’est volontairement abstenu du moindre écrit sur la Libye. Le temps de la décantation, si nécessaire à la réflexion sur un phénomène majeur de la période contemporaine, à savoir le retour du néo colonialisme occidental en terre arabe sous couvert de démocratie, en partenariat avec une constellation de pétromonarchies parmi les plus répressives et les plus régressives de la Planète.

Trois ans après la chute du colonel, nous voilà de retour sur le dossier libyen. Mais à la différence des précédentes analyses, le présent papier ne repose pas sur les propres réflexions de l’auteur, mais se fonde sur les témoignages de certains des acteurs majeurs du drame de leur pays, qui devait être leur printemps. Une vision de l’intérieur par les principaux concernés qui se sont confiés à des journaux arabes à l’occasion du troisième anniversaire du déclenchement du soulèvement anti Kadhafi (1). Des nationaux libyens, les meilleurs juges des intérêts nationaux de leur pays, aux antipodes de l’illusion lyrique des islamophilistes français dont le délire les portera à prédire qu’«Après la chute de Kadhafi, la marche des modérés vers le pouvoir a commencé». Pas sain de confondre cécité et lucidité.

Dossier fondé sur les notes personnelles du signataire de ce dossier, complétées par des entretiens des anciens dirigeants libyens, dans Al Qods Al Arabi et  le site «Ar Rai al Yom» (L’opinion aujourd’hui» d’Abdel Bari Atwane, ancien directeur du quotidien transarabe de Londres Al Qods Al Arabi et naturellement l’ouvrage du journaliste Ghassane Charbel du quotidien saoudien «Al Hayat» consignés dans un livre «Sous la tente, les compagnons du colonel révèlent les secrets de son règne» Editions Ryad Rayess Londres UK.

Sauf à cautionner l’imposture, de tels errements de pensée de la part de sommités intellectuelles, -des extrapolations qui se sont apparentées à des élucubrations-, devraient valoir à leurs auteurs la dégradation académique. Pour l’honneur de la recherche française et de l’Islamologie. http://www.atlantico.fr/decryptage/mouammar-kadhafi-libye...

I – La Libye, un incubateur de dictateurs

«La Libye est désormais un incubateur de dictateurs et le peuple libyen n’a en rien profité du renversement de Kadhafi. Le constat est sans appel, dressé par M. Ahmad Mahmoud, un universitaire libyen et confirmé en ces termes par Mahmoud Jibril, le premier ministre de la période transitoire: «La Libye est devenue un danger pour la sécurité nationale de son environnement et l’hypothèse d’une option à l’égyptienne selon le schéma Sissi n’est plus à exclure».

Telle est en substance la tonalité générale des confidences recueillies par la presse arabe, notamment le journaliste libanais, Ghassane Charbel, du quotidien saoudien Al Hayat, ainsi que le site en ligne «Ar Rai Al Yom», le nouveau site d’Abdel Bari Atwane, ancien directeur d’Al Qods Al Arabi.

«La Libye est désormais un incubateur générant des clones de Kadhafi et le peuple libyen n’a en rien profité du renversement de Kadhafi. Les trois dernières années doivent s’ajouter aux 42 ans de la dictature  de Kadhafi», a estimé M. Ahmad Mahmoud, professeur de sciences politiques dans les universités libyennes, dans une déclaration au site en ligne Ar Rai Al Yom (L’opinion aujourd‘hui).

«La Libye, pays riche est au bord de la faillite, après l’échec des pouvoirs publics de lever le blocus des ports pétroliers et le peuple est sceptique sur la volonté réelle des pouvoirs publics de mettre un terme à l’anarchie», a-t-il poursuivi pointant du doigt «les seigneurs de la guerre qui imposent leur loi au pays».

Pour aller plus loin pour le lecteur arabophone http://www.raialyoum.com/?p=53057

II- Les torpilles de  Mahmoud Djibril

Mohamad Jibril constituait une combinaison idéale d’un homme promis aux plus hautes destinées de son pays dès lors qu’il apportait une caution moderniste à une coalition rétrograde; une fonction identique à celle assumée au niveau de l’opposition off-shore syrienne par Basma Kodmani, comme auparavant Hamid Karzaï en Afghanistan. Le paravent idéal pour une recolonisation du Monde arabe par les puissances coloniales en crise systémique d’endettement, à la recherche de prédation économique des richesses de leur périphérie.

Spécialiste de la planification, auteur d’une encyclopédie sur les investissements dans le monde arabe, proche de Seif Al Islam Kadhafi, exilé au Caire pour avoir refusé le prix Mouammar Kadhafi d’une valeur de 200.000 dollars, deux ans avant la chute du «guide», un opposant critique en somme au régime, compagnon de route des Frères Musulmans, mais Nassérien par son mariage avec la fille de Chaarawi Joma’a, ancien ministre de l’intérieur de Nasser, qui plus est une enseignante à l’Université du Caire, parlementaire siégeant à l’assemblée du peuple égyptienne sous Hosni Moubarak, Mohamad Jibril, était de surcroît diplôme d’une université américaine, l’Université de Pittsburg (Etats Unis).

Fondateur de JTrack (J pour Jibril), une entreprise spécialisée dans le Média training, Jibril a pris en  main la préparation des dirigeants arabes et d’Asie à la maitrise du langage médiatique.

Du Maroc à Singapour, JTrack a ainsi formé la plupart des responsables politiques soutenus par les États-Unis et Israël pour en faire des personnalités médiatiquement respectables. Il favorisera ainsi la promotion de son ami à la direction d’Al Jazira, Waddah Khanfar, un ancien journaliste de Voice of America, membre de la confrérie Frères Musulmans, l’homme qui annoncera par simulation virtuelle la chute de Tripoli, via la construction dans les studios mêmes de la chaine à Doha des répliques de la Place verte et de Bab el-Aziziya où furent tournés de fausses images de l’entrée des «rebelles» pro-occidentaux dans Tripoli.

La combinaison idéale: Premier ministre du gouvernement rebelle libyen, floué, flouté, Mahmoud Jibril, l’homme lâché, se lâche, en lâchant ses torpilles. Ci-joint un condensé de son exercice de pyrotechnie:

A- La duplicité du Qatar et son jeu pour imposer Abdelhakim Belhadj comme chef révolutionnaire libyen.  

-«La Libye est devenue un danger pour elle et son environnement. Des menées sont lancées pour récupérer l’Egypte via la Libye. Les Etats Unis ont pratiqué une politique de duplicité en Libye. Leur objectif majeur était de propulser les Frères Musulmans au pouvoir en Egypte, en Libye et en Tunisie, afin de contenir le terrorisme. Un programme géré par ses deux sous-traitants régionaux, la Turquie et le Qatar.

-«La position en retrait de l’Egypte de Moubarak, qui a invoqué les risques de représailles contre ses compatriotes en Libye, de même que l’Algérie, lors des premiers soubresauts du printemps arabe, a favorisé la réussite du plan américain. Mais le général Abdel Fattah, ministre égyptien de la défense, le tombeur du président néo islamiste égyptien Mohamad Morsi, a porté un coup dur à ce plan».

-«Qatar a bien aidé le soulèvement anti Kadhafi, mais la principauté menait une politique de deux fers au feu. Le courant de l’islam politique avait ses faveurs et constituait son allié privilégié. Doha a voulu, dès le départ, introniser

l’Emir des groupements islamiques combattants libyens en Afghanistan (GIGL), Abdel Hakim Belhadj, comme le chef des révolutionnaires libyens (2).

-«L’Emir du Qatar, Hamad Ben Khalifa, a refusé le désarmement des milices et la récupération des armes, alors que la population comptait déjà dans ses mains 24.000 pièces d’armes. Les armes fournies par le Qatar, sur recommandation de la France, ont été transférées aux islamistes dès leur arrivée à l’aéroport de Benghazi, à notre insu, sur ordre d’un officier des services de renseignement du Qatar. Nous nous sommes tournés alors vers le Soudan pour nous procurer des armes.

-«Pour mener à bien son opération, le Qatar, en accord avec Mustapha Abdel Jalil, le Président du Conseil National Transitoire, étaient convenus que je devais être dessaisi de la compétence des ministères de l’intérieur et de la défense. C’est-à-dire du maintien de l’ordre et du contrôle des armes. Ce à quoi je me suis refusé». Ancien ministre de la justice de Kadhafi et à ce titre l’homme qui a ratifié la condamnation à mort des infirmières bulgares, Mustapha Abdel Jalil avait auparavant «fait acte d’allégeance au Qatar en donnant à savoir qu’il nourrissait des sympathies pour les Frères Musulmans».

-«A ma grande surprise, j’ai appris qu’Abdel Hakim Belhadj a été présenté aux chefs d’état-major de l’Otan lors d’une réunion des chefs militaires de la coalition à Doha, en Août 2011, où il a fait un briefing sur la situation militaire en Libye, en prélude à l’offensive contre Tripoli.

-«Le quartier général des opérations a été alors transféré de l’Ile de Djerba en Tunisie, (déjà sous l’autorité du parti islamiste An Nahda de Rached Ghannouchi, ami du Qatar) vers Zintane, dans le Djebel Nefoussa, dans le secteur occidental de la Libye.

-«Finalement l’assaut contre Tripoli a été retardé de plusieurs semaines, en raison du fait que le Qatar avait invoqué l’opposition de l’Otan à une telle opération par son l’impossibilité à mener à bien dans un tel délai la destruction des défenses majeures de la capitale.

-«A notre arrivée à Tripoli, nous nous sommes aperçus que 24 des 28 cibles névralgiques destinées à paralyser les défenses de la Capitale avaient déjà été détruites. Mais que le Qatar avait invoqué le prétexte de l’opposition de l’Otan pour retarder la conquête de Tripoli et permettre à Belhadj  de s’en emparer en premier.

B -La Turquie: Erdogan: «L’Etat n’a pas de religion».

Membre de l’Otan pays musulman sunnite non-arabe, la Turquie a été, avec le Qatar, le deuxième sous-traitant des occidentaux du printemps arabe.

L’avis de Mohamad Jibril:

-« La Turquie représente une forme d’état régi par le «libéralisme islamique». Un état quasi occidental dans sa version musulmane, de surcroît un allié de l’Otan. Son empressement à s’engager dans le processus répondait à son souci de s’aménager un pouvoir de négociation dans la perspective de son adhésion à l’Union européenne.

-«Le premier ministre turc Reccep Teyyeb Erdogan m’a souvent répété que «l’Etat n’a pas de religion. Mais si j’avais affirmé cela devant les Libyens, j’aurai été certainement poursuivi pour apostasie».

Références:

1 -Cf à ce propos l’ouvrage du journaliste Ghassane Charbel du quotidien saoudien «Al Hayat» consignés dans un livre «Sous la tente, les compagnons du colonel révèlent les secrets de son règne» Editions Ryad Rayess Londres UK, ainsi que les entretiens des anciens dirigeants libyens dans Al Qods Al Arabi  et  le site «Ar Rai al Yom» (L’opinion aujourd’hui» d’Abdel Bari Atwane, ancien directeur du quotidien transarabe de Londres Al Qods Al Arabi.

2 – Abdel Hakim Belhadj fera l’objet d’une tentative de ravalement cosmétique dans un ouvrage rédigé par une journaliste du Monde. http://mondafrique.com/lire/politique/2013/12/03/libye-co...  Un  des chefs djihadistes libyens, Cheikh Meftah Mabrouk Aissa Daoudi, a trouvé la mort dans un accident d’avion le 22 février 2014 alors que la Libye était engagée dans un processus éléctoral. http://mondafrique.com/lire/decryptages/2014/02/22/tunisi...

Pour information sur l’implication des islamistes libyens dans la rébellion anti Kadhafi, Cf. à ce propos «De l’Afghanistan à Benghazi: le voyage d’un ancien radical libyen http://magharebia.com/cocoon/awi/xhtml1/fr/features/awi/r... magharebia.com est le site web d’AFRICOM’S.  «Le portail est sponsorisé par le United States Africa Command, le commandement militaire responsable du soutien et du renforcement des efforts américains pour promouvoir la stabilité, la coopération et la prospérité dans cette région du globe», dixit le texte de présentation.

Libye An III post Kadhafi, Le projet « C . C» de la Rand Corporation


Publié Le: ven,11 avr 2014
Libye / News | Par René Naba

Libye An III post Kadhafi, Le projet « C . C» de la Rand Corporation

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Libye-Dossier spécial 2/4 : Libye An III post Kadhafi, Le projet « C . C» de la Rand Corporation – Par René Naba, 11.04.14

I- From Confrontation to Containement: Le projet de la Rand corporation

-«La stratégie américaine, depuis 2007, a visé à confier la gestion de l’Islam politique aux Frères Musulmans afin que la confrérie assume le rôle de chef de file du courant se réclamant de l’Islam modéré». Elle s’est inspirée d’un rapport de la Rand corporation, qui avait pour nom de code «C-C» pour «From Confrontation to Containement».

La Rand corporation est un Think Tank américain chargé d’élaborer des prospectives en vue de nourrir la réflexion stratégique américaine, en complément d’une structure jumelle, la Ford Foundation, dont la directrice régionale pour le Moyen-Orient, basée au Caire, n’était autre que l’universitaire franco syrienne Basma Kodmani, la première porte-parole de l’opposition syrienne off-shore, chargée de la promotion de L’ «Arab Reform Initiative», un projet financé par des capitaux mixtes notamment de la principauté d’Abou Dhabi.

-«Morsi au Pouvoir était pleinement conforme aux desideratas américains. Mais les Américains baignent dans la  contradiction. Ils ont certes protesté contre la destitution du de l’ancien président égyptien comme étant contraire à la légalité, mais n’ont soufflé mot lorsque en Libye, le vainqueur des élections législatives, la «Coalition des Forces nationales», a été privée du pouvoir par la force des armes».

-«Al Qaida, les takfiristes, les djihadistes ont été instrumentalisés par certains cercles occidentaux dans le but de les canaliser et de les diriger vers des lieux précis, non pour les affronter, mais pour les contenir. Le courant islamiste devrait veiller à éviter de servir de prétexte à une intervention militaire étrangère».

II – Le printemps arabe en rapport avec le conflit israélo palestinien: Le sud Sinaï, le Hong Kong des Arabes.

-«Le printemps arabe avait un rapport avec le règlement du conflit israélo arabe. Le projet prévoyait l’affectation d’une portion du désert du Sinaï à l’installation de Palestiniens de la diaspora dans le sud de la péninsule. Ce projet devait être complété par la création d’une zone franche à l’est de Suez et des investissements considérables pour en faire de cette zone de démarcation entre Israël  et l’Egypte Le Hong Kong des Arabes».

La Syrie: Le régime syrien sera préféré aux djihadistes du fait du désarmement de son arsenal chimique. «Le désarmement chimique de la Syrie donne désormais à ce pays une importance plus grande aux yeux des américains et des occidentaux que les djihadistes. Assad désarmé est un atout considérable pour la sécurité d’Israël, dont le maintien sera préféré à la présence d’un inconnu extrémiste. Le règlement en Syrie interviendra selon le schéma yéménite. Le maintien des structures du régime sans Assad. Un de ses proches lui succédera et Assad ne sera pas poursuivi par la justice pénale internationale.

La faiblesse des démocrates arabe: «Le printemps arabe a tué le printemps arabe. Nous lui avons fait supporter plus qu’il n’en pouvait. La paternité du terme revient d’ailleurs au journaliste américain Thomas Friedman du New York Times par comparaison avec le phénomène qui s’est produit en Europe centrale» dans la décennie 1990.

-«La Libye contenait en germes les indices d’une malformation. La Syrie en a démontré l’ampleur. En Libye la violence était contenue dans tous les aspects de la phase de transformation. En Syrie, la violence a atteint un degré catastrophique. Le drame du Monde arabe réside dans la faiblesse des démocrates.

-«Si la Libye fait face à un problème de gestion des richesses, la Tunisie et l’Egypte connaissent un problème de création de richesse. Les investissements ont chuté de 90 pour cent durant cette séquence, dont 30 pour des recettes touristiques tant pour l’Egypte que pour la Tunisie, alors que l’Algérie demeure une énigme de par son attentisme lors du printemps arabe. C’est l’attaque d’Inn amenas, début 2013, qui conduira Alger à autoriser le survol de son territoire par l’aviation  française lors de l’opération Serval au Mali.

«Les objectifs américains dans la zone ont été pleinement atteints. La sécurité d’Israël et du pétrole n’ont jamais été aussi grands. L’Irak et la Syrie ont été détruits. L’Egypte a besoin d’un véritable plan Marshall pour son redressement afin de retrouver son rôle pilote dans le Monde arabe. Tout cela a déblayé la voie à l’émergence de l’Iran et de la Turquie en tant que puissances régionales avec les rivalités que cela implique.

III – Le rôle de Nicolas Sarkozy: Le soulèvement de tripoli, le 14 juillet.

«La France a été le premier pays au Monde à reconnaitre le Conseil National de transition de Libye, avant même les pays arabes et cela a placé dans l’embarras bon nombre de pays».

-«La rapidité avec laquelle Nicolas Sarkozy a procédé à notre reconnaissance m’a surpris. Sans doute a-t-il voulu compenser son comportement tardif vis-à-vis de la Tunisie, le partenaire historique de la France, et de l’Egypte. La tension était d’autre part vive entre Sarkozy et Kadhafi. Son positionnement courageux à notre égard devait dans son esprit améliorer les sondages en sa faveur alors que sa popularité était au plus bas. L’affaire des infirmières bulgares, les rumeurs sur le financement de sa campagne électorale… tout cela a donné naissance à une forme de détestation mutuelle entre Sarkozy et Kadhafi».

-«Nicolas Sarkozy a été très clair dans son «engagement à fournir toutes sortes d’aide, ce qui impliquait l’aide militaire». Il s’est impliqué en Libye «pour des raisons politiques et personnelles», sans doute pour apporter la preuve qu’il avait repris la main après le double fiasco français en Tunisie (Ben Ali) et en Egypte (Moubarak) et gommer toute trace de financement éventuel de sa campagne présidentielle de 2007.

«Nicolas Sarkozy a suggéré que le soulèvement de Tripoli ait lieu le 14 juillet, de manière à le faire coïncider avec la date de la fête nationale française, tout en menant, dans le même temps, des tractations en coulisses sur le sort de Kadhafi.

((NDLR: En fait, dans la perspective de sa réélection, Barack Obama a multiplié les coups de main audacieux. Quatre mois après l’assassinat d’Oussama Ben Laden au Pakistan le 2 Mai 2011, la chute de Tripoli a été programmée, dans l’ordre symbolique, en septembre 2011, correspondant à deux dates chargées de signification historique, le 1 er septembre 1969, date du coup d’état anti monarchique de Kadhafi, et, le 11 septembre 2001, le raid d’Al Qaida contre les symboles de l’hyperpuissance américaine.))

Parallèlement à sa requête, «Sarkozy m’a demandé d’examiner attentivement une proposition de Bachir Saleh, le secrétaire particulier de Kadhafi, dont les termes consistaient à obtenir la démission de Kadhafi et son placement en résidence surveillée sous protection française, en contrepartie du fait que, Moi, Mohamad Jibril, dirige le gouvernement pendant une période transitoire de quatre ans, au terme de laquelle Seif Al Islam Kadhafi, le fils puiné du Guide, pourra se présenter aux élections présidentielles».

Bachir Saleh passe pour avoir été le principal témoin du financement de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy de 2007. Réfugié en France, il a précipitamment quitté le pays à la défaite de Nicolas Sarkozy, en 2012, trouvant refuge en Afrique du sud.

Mahmoud Jibril ne s’est pas étendu sur les raisons personnelles de l’engagement pro libyen du président français, motivations que le lecteur pourra découvrir en cliquant sur ce lien:

http://www.renenaba.com/libye-le-zele-de-la-france-en-sus...

Sur les malheurs du peuple libyen, Nicolas Sarkozy a en effet scellé sa réconciliation avec le plagiaire Bernard Henry Lévy, purgeant un contentieux souterrain para matrimonial, dont la descendance du roman-enquêteur en porte les stigmates brunis, à la faveur d’un indécent ballet diplomatique, instrumentalisant l’opposition libyenne sur fond de gesticulation médiatique. Carla Bruni, épouse du président Nicolas Sarkozy, avait été auparavant, la compagne du philosophe Jean Paul Enthoven, ami de BHL. Lors d’un séjour de vacances à Marrakech, dans la propriété de BHL, Carla est tombée amoureuse du propre fils de son compagnon, Raphaël Enthoven, à l’époque marié avec la propre fille de Bernard Henry Lévy, Justine Lévy, qui narrera ses déboires conjugaux dans un ouvrage intitulé «Rien de grave». (Editions Stock 2004).

Carla Bruni et Raphael Enthoven ont eu un enfant, Aurélien, Bernard Henry Lévy, quant à lui, avait soutenu Ségolène Royal, la rivale socialiste de Nicolas Sarkozy, lors des dernières élections présidentielles françaises, en 2007. En donnant le beau rôle à BHL dans l’affaire libyenne, au détriment du ministre des affaires étrangères Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, a purgé ce contentieux sur les débris de la Libye.

Mohamad Jibril assure avoir vu la dépouille de Kadhafi tué de deux balles, l’une au front, l’autre à la poitrine. Il a démissionné de son poste le 23 octobre 2011, trois jours après le décès de l’ancien guide, en rétablissant son curseur personnel dans le sens nationaliste coïncidant avec le dégagement de Mohamad Morsi, premier président néo islamiste de l’histoire arabe démocratiquement élu par le général Abdel Fattah Sissi, ministre de la défense.

Près de 260 manifestations ont été dénombrés en 2013 en Libye contre le gouvernement et le Parlement. Plus grave, le 10 octobre 2013, le Premier ministre en personne a été enlevé dans un hôtel en plein centre de Tripoli, alors qu’un chef de milice, Ibrahim Jadhran, proclamait, en novembre 2013, un gouvernement autonome de la Cyrénaïque. Parallèlement, Fethallah Al Gaziri, nouveau Chef des renseignements a été assassiné à Derna, en décembre 2013; Hassan Al-Droui, vice-ministre de l’Industrie à Syrte, a, lui, été assassiné début janvier, l’Hôpital central de Tripoli saccagé, le 20 janvier 2014;  Enfin un ingénieur français a été assassiné le 2 mars à Benghazi et deux nouveaux députés de la nouvelle assemblée, blessés par balles, le même jour.

Face à un tel chaos, Mohamed Jibril a lancé le 28 décembre 2013 une «Initiative de sauvetage national» et le chef nominal de l’opposition pro atlantiste, Mustapha Abdeljalil, a préconisé la constitution d’un «Groupe national pour le dialogue», dans un contexte exacerbé par les rivalités factionnelles marquées par trois coups d’éclat: le 7 janvier 2014 la quasi démission d’Ali Zaidan de son poste de Premier ministre, le 7 janvier 2014, suivie une semaine plus tard, 14 janvier, de l’irruption des hommes armés au Parlement pour demander son départ, et le retrait du gouvernement, une semaine plus tard, le 21 janvier, des ministres du Parti de la justice et de la construction.

 

Libye An III post Kadhafi, Les confessions de son chef de protocole

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Libye Dossier spécial 3 /4 : An III post Kadhafi, Les confessions de son chef de protocole: Kadhafi avait une maman de confession juive – Par René Naba, 17.04.14

Edith Bongo, fille de Denis Sassou Nguessou (Congo) et épouse d’Omar Bongo (Gabon), objet des assiduités de Kadhafi.

A – La maman de Kadhafi

Paris –La maman de Kadhafi est de confession juive. L’information circulait depuis longtemps sous forme de rumeurs. Elle est devenue réalité, confirmée par son ancien chef de protocole et deux membres de l’entourage du colonel ont payé de leur vie la connaissance de cette vérité.
Noury Al Mismari, chef du protocole de la Jamahiriya (1982-1990 puis de 1997-2010), a été un des premiers hauts fonctionnaires à faire défection. Sa tête a été mise à prix par Kadhafi pour «50 millions de dollars». Et Kadhafi promettait de le noyer dans une «piscine remplie de kérosène en flamme». Lui aussi s‘est confié au journal Al Hayat en ces termes:
-«Oui, la maman de Kadhafi était juive. Ammar Daou, à l’époque ambassadeur de Libye en Italie, a été tué par les services libyens par ce qu’il avait voulu alerter Kadhafi sur l’existence de documents circulant en Italie faisant état de ce fait. Dans une opération de diversion dont il était familier, Kadhafi avait accusé l’opposition libyenne, «les chiens enragés à la solde de l’étranger» d’être à l‘origine de cet assassinat. De même Saleh Al Farouah, un membre du groupe des officiers libres de Libye, -l’équipe de douze membres à l’origine du coup d’état qui a renversé la monarchie, le 1 er septembre 1969-, a connu le même sort. Il a été tué en Roumanie et son assassinat a été maquillé en accident de chasse. Son élimination a eu lieu en 1980, sous la mandature de Nicolas Ceausescu».

B – La mystérieuse disparition de l’Imam Moussa Sadr

L’Imman Moussa Sadr, chef spirituel de la communauté chiite libanaise avait été invité en Libye le 27 aout 1978 à l’occasion des festivités commémorant l’anniversaire du coup d’état anti monarchique. Pour des raisons encore inconnues, le dignitaire religieux a mystérieusement disparu ainsi que ses deux compagnons. Kadhafi cherchera à brouiller les pistes en cherchant à accréditer l’idée qu’il avait perdu sa trace alors que l’Imam se trouvait en transit à l’aéroport de Rome.
Mismari raconte:
«Abdallah Senoussi, beau-frère de Kadhafi, connaît le fin mot de cette histoire. Je ne sais pas s’il a participé à l’assassinat du dirigeant chiite, mais il était au courant. Un jour, tout à trac, Senoussi, alors jeune officier au service de renseignements de la marine, m’appelle au téléphone pour s’enquérir de savoir si l’Italie exigeait un visa pour les passagers s’y rendant. Je réponds par l’affirmative. Aussitôt dit, aussitôt fait. Il m’envoie trois passeports, dont l’un au nom de l’Imam Moussa Sadr, me priant d’obtenir des visas de l’ambassade d’Italie à Tripoli».
-«En fait, ils ont fait voyager en Italie trois personnes des services de renseignements libyens en remplacement des trois libanais, dont l’un dénommé Moussa, originaire de Sibrata, ayant la même carrure que l’Imam. Je suis formel, l’Italie n’est en rien responsable de la disparition de l’Imam. Kadhafi a eu recours à un subterfuge pour brouiller les pistes et dégager sa responsabilité».
La disparition de l’Iman Sadr a considérablement affecté les relations entre la Libye et le Liban d’une part, la Libye et l’Iran, d’autre part et demeure un des points de friction entre la Libye et ces deux pays.
-«Le cadavre découvert après la chute de Kadhafi dans un entrepôt frigorifique n’était pas celui de l’Imam Moussa Sadr, mais celui de Mansour Keyha, ancien ministre libyen des Affaires étrangères», enlevé par les sbires de Kadhafi au Caire dans la décennie 1990,

C – L’homme fantasque, un amoureux des gazelles, au propre comme au figuré.

L’homme était fantasque, connu pour son caractère atrabilaire, ses foucades et ses facéties. Ses fils avaient défrayé la chronique des gazettes occidentales de leurs frasques. Noury Al Mismari révèle un personnage plus sombre encore.
Les Gazelles: L’homme les aimait au propre comme au figuré. Il lui arrivait de faire «égorger des gazelles pour se laver les mains de leur sang chaud à qui il attribuait des vertus régénératives».
«Une matrone était préposée à la fourniture de la chair fraiche. De Libye, d’Afrique et d’ailleurs. Personne n’avait droit de se mêler. Réserve spéciale du Guide. Ce qui n’allait pas sans risque parfois… «Une Nigériane, (Docteur en médecine), conviée à une audience sous la tente, a été violée et mordue par Kadhafi. Elle a eu droit à un dédommagement de 100.000 dollars. L’épouse iranienne d’un homme d’affaires suisse ayant connu le même sort, l’affaire a failli dégénérer en incident diplomatique, mais le scandale a été étouffé par un arrangement donnant un traitement préférentiel au mari dans ses projets investissements en Libye».

D – Mme Edith Bongo Obianda, objet de harcèlement de Kadhafi

-«Il humiliait les hommes en s’attaquant à leurs femmes. Mais son besoin incompressible de séduire pouvait lui jouer de sales tours. Ce fut le cas avec l’épouse de M. Omar Bongo. Le président du Gabon entra dans une telle colère à l’écoute d’une conversation téléphonique de Kadhafi avec son épouse, de surcroit fille du président congolais Denis Sassou Nguesso, qu’il a fallu envoyer en toute urgence Bachir Saleh, le secrétaire particulier de Kadhafi, pour calmer le jeu».
-«Agacée par les assiduités dont Kadhafi la gratifiaient, Mme Bongo n’a rien trouvé de mieux que d’enregistrer la conversation et de la soumettre à son époux». Une méthode radicale.
Édith Lucie Bongo Ondimba, décédée le 14 mars 2009 à Rabat à l’âge de 45 ans, était à la fois fille et épouse de chef d’État. Très proche de son père Denis Sassou Nguesso (Congo) et mariée depuis 1990 à Omar Bongo Ondimba, dont elle avait deux enfants, ce médecin pédiatre était très investi dans l’humanitaire mais aussi la politique. Mais Kadhafi n’en avait cure.

E – Kadhafi et les dirigeants de la planète

Saddam Hussein: «Kadhafi avait proposé l’asile politique à Saddam Hussein. Il a suivi le procès de l’Irakien dans son intégralité, rivé devant son poste de télévision, comme s’il voulait conjurer le mauvais sort». Il était «méprisant avec les dirigeants de la planète, dont il interpellait la plupart par le terme paternaliste de «Mon fils». «Ce qui a eu le don d’agacer notamment Bachar Al Assad.
Kofi Annan, à l’époque secrétaire général des Nations Unies, chargé de la mise en application de l’embargo contre la Libye, a été salué par Kadhafi «portant des gants blancs pour ne pas avoir de contacts physiques avec lui».
Tony Blair a eu droit, lui, à «la semelle du Guide». Recevant l’ancien premier ministre britannique qui avait obtenu un contrat hautement rémunérateur de consultant auprès du gouvernement libyen, Kadhafi le reçoit «en croisant ses jambes de manière à diriger la semelle de sa chaussure en direction de son hôte».
En revanche, «à ma grande surprise, Silvio Berlusconi, le premier ministre italien, a fait le baise main à Kadhafi», sans doute en raison des mirifiques contrats qu’il espérait de la Libye, un pays anciennement colonisé par l’Italie.

 

Libye, An III post Kadhafi, Epilogue: Les lauréats du printemps arabe



epilogue

Libye-Dossier spécial 4/4 : Libye, An III post Kadhafi, Epilogue: Les lauréats du printemps arabe – Par René Naba, 25.04.14

Sans surprise pour ceux qui ont suivi ce récit, Rached Ghannouchi, Waddah Khanfar, Waël Al-Ghoneim, Bernard Henry Lévy et Nicolas Sarkozy ont été distingués en 2011 par la revue «Foreign Policy» parmi les «personnalités les plus influentes de 2011».

Des lauréats qui ne manquent pas d’allure: Rached Ghannouchi, le chef du parti islamiste tunisien An Nahda, longtemps la bête noire des Occidentaux, Waddah Khanfar, l’ancien directeur islamiste de la chaine Al Jazira, et interlocuteur des services de renseignements américains ainsi que Waël Al-Ghoneim, responsable pour l’Egypte du moteur de recherche américain Google, amplificateur du soulèvement populaire égyptien place Tahrir.

Parmi les «100 plus grands intellectuels» honorés cette année-là, figuraient une brochette de belliciste à tout crin: Dick Cheney, ancien vice-président de George Bush jr, un des artisans de l’invasion de l’Irak, de même que Condoleezza Rice, secrétaire d’Etat de George Bush, le sénateur John Mac Cain, le président français Nicolas Sarkozy, le couple Bill et Hilary Clinton, le ministre de la défense de Bush jr et de Barack Obama, Robert Gates, le premier ministre turc Recep Teyyeb Erdogan et l’incontournable Bernard Henri Lévy.

Et sur le plan arabe, outre les trois personnalités précitées, ont figuré l’ancien Directeur de l’agence atomique de Vienne Mohamed Baradéï et le politologue palestinien Moustapha Barghouti, que nous aurions souhaité être distingué par un autre aréopage que Freedom House ou Global Voice Project.

Avec mention spéciale pour Ghannouchi «l’un des plus grands intellectuels de l’année 2011». Rached Ghannouchi, il est vrai, avait mis à profit son séjour aux Etats Unis pour rendre visite au «Washington Institute for Near East Policy», très influent think tank fondé en 1985 par M. Martin Indyk, auparavant chargé de recherche à l’American Israel Public Affairs Committee ou AIPAC, le lobby israélien le plus puissant et le plus influent aux Etats-Unis. Le chef islamiste, longtemps couvé médiatiquement par la Chaine Al Jazira, a pris soin de rassurer le lobby pro-israélien quant à l’article que lui-même avait proposé d’inclure dans la constitution tunisienne concernant le refus du gouvernement de collaborer avec Israël.

En trente ans d’exil, cet ancien nassérien modulera sa pensée politique en fonction de la conjoncture, épousant l’ensemble du spectre idéologique arabe au gré de la fortune politique des dirigeants, optant tour à tour, pour le nassérisme égyptien, devenant par la suite adepte de l’ayatollah Ruhollah Khomeiny (Iran), puis de Hassan Al Tourabi (Soudan), pour jeter ensuite son dévolu sur le turc Reccep Tayeb Erdogan, avant de se stabiliser sur le Qatar, soit sept mutations, une moyenne d’une mutation tous les quatre ans. Du grand art qui justifie a posteriori le constat du journaliste égyptien Mohamad Tohi3ma «Les Frères Musulmans, des maitres dans l’art du camouflage et du contorsionnement mercuriel», article paru dans le journal libanais «Al Akhbar» en date du 1er octobre 2011 reprenant une tribune de Mohamad Tohima, directeur du quotidien égyptien «Al Hourriya». Du grand art. En attendant la prochaine culbute. La prochaine chute?

Pour aller plus loin sur la stratégie de Rached Ghannouchi visant à masquer la faillite du pouvoir islamiste en Tunisie:http://mondafrique.com/lire/politique/2014/03/02/tunisie-guerre-de-religion-au-sein-du-mouvement-islamiste-ennadha
Quant au 2eme lauréat, Waddah Khanfar, son parcours résume à lui seul la confusion mentale arabe et la duplicité du Qatar. Ancien journaliste de la chaine gouvernementale américaine «Voice of America», ce palestinien natif de Djénine, en Cisjordanie occupée, était parent par alliance de l’ancien premier ministre jordanien Wasfi Tall, surnommé le «boucher d’Amman» pour sa répression des Palestiniens lors du septembre noir jordanien (1970), dont il a épouse la nièce. Cet Islamiste notoire était aussi un interlocuteur des services de renseignements de l’US Army. Une opacité typique du comportement du Qatar.

Deux reproches ont pesé sur sa gestion de huit ans à la tête d’Al Jazira (2003-2011): sa volonté d’imposer un code vestimentaire ultra strict aux présentatrices de la chaine, en conformité avec l’orthodoxie musulmane la plus rigoureuse, ce qui a entrainé la démission de cinq journalistes femmes, ainsi que sa publication des documents confidentiels sur les pourparlers israélo palestiniens «The Palestine Paper», discréditant les négociateurs palestiniens; ce qui a conduit le chef des négociateurs palestiniens, Saeb Oureikate, à réclamer sa démission, de même que l’Arabie saoudite effrayée par la crainte que la large couverture des soulèvements arabes par la chaîne du Qatar n’ait des répercussions sur la stabilité des pétro monarchies.
Propulsé à la direction de la chaîne Al Jazira par son ami libyen, Mohammad Jibril. Il sera remercié de la chaîne, en 2011, au terme de l’épisode libyen, mais gratifié de la distinction américaine. Maigre consolation. L’homme a quitté la scène publique, avec de substantielles indemnités, sans bruits, emportant avec lui ses secrets et sa part d’ombre, les raisons de sa gloire et de sa disgrâce.

Quant au 3 me larron BHL

Sur la centaine de pages des documents consultés, sauf erreur ou omission, pas une seule fois le nom du roman enquêteur, Bernard Henry Lévy, n’a été mentionné. Ah les mortifications de l’ego.
Echevelé, livide au milieu des tempêtes, le touriste de guerre a poursuivi sa quête incompressible du Graal, sautillant de Benghazi à la Syrie au secours de la liberté défendant le Monde Arabe, brandissant ses méfaits qu’il confondait avec des trophées, réussissant le tour de force d’instaurer la Chariah en Libye, provoquant la talibanisation de la zone sahélienne par l’implosion de la Libye.

Point n’est pourtant besoin de boussole. Un arabe ou un musulman, voire tout citoyen du monde un tant soit peu patriote, doit se ranger impérativement dans le camp adverse à celui de Bernard Henry Lévy, le fer de lance médiatique de la stratégie israélo-atlantiste dans la sphère arabo-musulmane. Songeons à la guerre antisoviétique d’Afghanistan (1980-1989) et à la mystification des «combattants de la liberté» magnifiés par BHL, qui aura opéré le plus grand détournement du combat arabe de la Palestine vers Kaboul avec les désastreuses conséquences qui en découlent encore de nos jours, au niveau de son excroissance djihadique et de ses dérives erratiques.

Cf; BHL ou comment se rendre ridicule

http://www.marianne.net/elie-pense/BHL-ou-comment-se-rend...
Ci-joint son dernier exploit: Harangué les foules de Kiev, sous cadrage des vétérans de l’armée israélienne. http://www.jta.org/2014/02/28/news-opinion/world/in-kiev-an-israeli-militia-commander-fights-in-the-streets-and-saves-lives

Selon le site israélien alyaexpress-news.com, ce groupe de 35 combattants armés et cagoulés de la place Maidan, était dirigé par 4 anciens officiers de l’Armée israéliennes. Ces anciens officiers ont dès le début des événements rejoint le mouvement aux côtés du parti de la Liberté (Svoboda), bien que celui-ci ait la réputation d’être violemment antisémite. La présence d’unités israéliennes avait été signalée dans des événements similaires en Géorgie, aussi bien lors de la «révolution des roses» (2003) que lors de la guerre contre l’Ossétie du Sud (2008), où, en parfait synchronisme, BHL avait harangué les foules depuis son hôtel de Tbilissi, à plusieurs kms du champ de bataille.

Manque à l’appel un lauréat: Hamad du Qatar: The Air and Field Marshal de Libye
Sur ce lien le chainon manquant: http://www.renenaba.com/lhomme-de-lannee-2011/

 

En trois ans, deux des principaux libérateurs de la Libye, Les Etats Unis et la France, ont été la cible d’attentats de représailles, et, sur fond de sanglants règlement de compte entre factions rivales, de pillages du gigantesque arsenal libyen, le Sahel a muté en zone de non droit absolu, fragilisant considérablement le pré carré africain de la France, alors que, parallèlement, les maîtres d’œuvre de la contre révolution arabe sombraient dans la guerre intestine, menaçant de paralysie le Conseil de coopération du Golfe, la seule instance de coopération régionale arabe encore en activité.

Fait sans précédent dans les annales pétro-monarchiques, l’Arabie saoudite a en effet placé vendredi 7 mars, les Frères Musulmans, une organisation qu’elle a longtemps couvé sur les listes des «organisations terroristes»; une décision qui traduit le degré de virulence de l’épreuve de force engagée entre l’Arabie saoudite et le Qatar à propos de la confrérie.
Dans ce qui apparait comme une grande opération de blanchissement de ses turpitudes et de dédouanement à son soutien à la nébuleuse du djihadisme erratique depuis son apparition dans la décennie 1980 lors de la guerre anti soviétique d’Afghanistan, l’Arabie a associé à cette liste l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), le Front Al-Nusra, les rebelles chiites zaïdites dits Houthis du Yémen et naturellement……. le Hezbollah Libanais.

En pointe dans le combat tant contre la Libye que contre la Syrie, ce syndicat des pétromonarchies du Golfe, sous haute protection militaire occidentale, parait devoir réduire sa voilure, non seulement en raison de la guerre entre les frères ennemis du wahhabisme, mais aussi du fait du souci du 6eme membre, le Sultanat d’Oman, de se maintenir à l’écart de ce conflit fratricide, cherchant auprès de l’Iran un contrepoids à la prééminence du duo saoudo qatariote au sein de cette organisation.
Répudier la servilité à l’égard des Etats-Unis, bannir le dogmatisme régressif sous couvert de rigueur exégétique, concilier Islam et diversité, en un mot conjuguer Islam et modernité …Tel était le formidable défi que les Frères Musulmans se devaient de relever à leur accession au pouvoir et non de mener une politique revancharde contreproductive, qui a conduit directement en prison leur chef de file égyptien et débouché sur la désintégration morale du Hamas, unique mouvement de libération national de l’Islam sunnite, dans un retour retentissant à la case départ.

La satisfaction légitime de la chute d’un dictateur ne saurait occulter le gâchis stratégique provoqué par l’effondrement d’un pays à la jonction du Machreq et du Maghreb et son placement sous la coupe de l’OTAN, le plus implacable adversaire des aspirations nationales du Monde arabe.
Acte stratégique majeur comparable par son ampleur à l’invasion américaine de l’Irak, en 2003, le changement de régime politique en Libye, sous les coups de butoirs des occidentaux, était destiné au premier chef à neutraliser les effets positifs du «printemps arabe» en ce qu’il devait accréditer l’idée que l’alliance atlantique constituait le gendarme absolu des revendications démocratiques des peuples arabes.
Aucune intervention occidentale à l’encontre du Monde arabe, même la plus louable, n’est jamais totalement innocente, tant perdurent les effets corrosifs des actions passées et vivace le souvenir de leurs méfaits. Et l’intervention en Libye n’échappe pas à la règle en ce qu’elle ne cible qu’un régime républicain, à l’exclusion de toute monarchie, les exonérant de leurs turpitudes et de l’impérieuse nécessité de changement.

L’histoire retiendra que la révolution libyenne aura été «la première révolution assistée par ordinateur» et le meurtre libératoire de l’ancien bourreau l’objet d’une assistance à distance. La fin de Kadhafi est la fin d’une longue lévitation politique en même temps que d’une illusion lyrique.
Les Libyens vont devoir purger le cauchemar qui a peuplé leur subconscient et leur inconscient et apporter la démonstration qu’ils ne constituent pas un peuple d’assistés permanents.
Le combat contre la dictature ne saurait être sélectif. La démocratie du Tomahawk a affranchi le djihadisme erratique et projeté dans l’arène la foultitude des paumés de l’islam takfiriste. Le sommeil de la raison a engendré des monstres.

 

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3-Ci-joint la totalité des liens des témoignages des personnalités libyennes sur lesquels se fonde ce dossier.

21:02 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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