11/04/2012

[Solidarité avec CUBA socialiste, révolutionnaire, et les peuples d' Amérique latine !] ALERTE O TAN N° 45 - janvier à mars 2012 l8

 
 
 
Sent: Saturday, April 07, 2012 11:35 AM
Subject: ALERTE OTAN N° 45 - janvier à mars 2012
Alerte Otan !
Bulletin trimestriel du Comité de surveillance Otan,
Numéro 45, janvier à mars 2012
Secrétariat : rue des Cultivateurs, 62 ; 1040 Bruxelles
Adresse électronique : info@csotan.org
tél & fax : 02 511 63 10
compte :
068-2447491-14 au nom de CSOTAN
Site internet : www.csotan.org/


Sommaire
Edito
Dossier Syrie :
Conférence du CSO
Ne faites pas de la Syrie un 2ème Irak
Grand Moyen-Orient, OTAN, menaces américaines et pressions turques
Russie-Syrie, les enjeux
Protection sociale de la population syrienne
Le débat politique intérieur en Syrie,
un point de vue ignoré par nos médias
L'art de la guerre :
Iran, la bataille des gazoducs
Libye, un an après : mémoire courte
Sardaigne, poubelle de l'Otan : les langues commencent à se délier
Remodeler l'armée belge au service des guerres de l'Otan
800 activistes ferment l'Otan
Appel à l'action contre le prochain sommet de l'Otan à Chicago
 


 
Le CSO anime également une mailing list par laquelle vous pouvez notamment recevoir régulièrement des infos centrées sur l'Otan, et où vous pouvez aussi diffuser vos avis et réflexions. Pour vous inscrire à cette liste, il suffit d'envoyer un e-mail vide à l'adresse alerte_otan-subscribe@yahoogroupes.fr
 


EDITORIAL
 
Syrie, étincelle d'un conflit mondial ?
 
Cette édition d'Alerte OTAN ! est largement consacrée aux événements en cours en Syrie. Non seulement parce que ce pays fait la une des médias depuis plusieurs mois, mais surtout parce que plusieurs pays occidentaux et arabes y commettent de graves ingérences. Selon les grands médias, le régime de Bachar El Assad massacre sauvagement sa population en réprimant des manifestations pacifiques, en organisant des attentats terroristes, en pilonnant des villes entières. En se basant sur les informations diffusées par radios et télévisions, la totalité des quelque 8.000 morts déjà comptabilisés auraient toutes été occasionnées par l'armée, les services secrets, la police et les milices du régime en place. Pourtant, nos médias admettent maintenant l'existence d'au moins un groupe armé, composé notamment de déserteurs de l'armée officielle. Mais, curieusement, celui-ci ne porterait la responsabilité d'aucune des victimes du conflit. En grattant un peu, on se rend compte que les bilans quotidiens de morts n'ont pratiquement qu'une source, une organisation basée à Londres, disant agir au nom des droits de l'homme et soutenant ouvertement l'opposition. Bien que cette organisation se soit récemment scindée en deux factions rivales s'accusant mutuellement d'être au service de Bachar al Assad, nul ne s'interroge sur la véracité et le sérieux de leurs informations, reprises même par l'ONU et la Ligue Arabe.
D'autre part, aurait-on déjà oublié la guerre sanglante menée contre un autre pays arabe, la Libye, par l'OTAN pendant 7 mois en 2011 ? Cette guerre a fait au moins 50.000 morts, en majorité des « kadhafistes » de l'aveu des anciens rebelles, et n'est pas tout à fait terminée, puisque presque tous les jours des groupes armés s'affrontent. La Libye, il y a encore un an le pays, de très loin, le plus développé d'Afrique, est devenu une sorte d'enfer sur terre. Une des principales villes du pays, Syrte, a connu un niveau de destruction bien plus élevé que ce que vient de subir Homs, du moins à en juger sur base des images disponibles. Encore aujourd'hui, cinq mois après l'assassinat de Kadhafi, les ministres et chefs d'Etat des pays qui ont installé un semblant de nouveau régime à Tripoli ,n'osent pas y passer une seule nuit.
Avec le recul, en nous rappelant les réactions « à chaud » de larges portions de la gauche belge et européenne lorsque les bombardements occidentaux « pour protéger les civils » ont commencé, nous nous rendons compte combien les pouvoirs politiques et les médias ont trompé l'opinion publique. Les libérateurs démocrates chantés par Bernard Henri Lévy et Sarkozy se sont avérés être des fanatiques, seulement d'accord entre eux pour torturer les fidèles de l'ancien régime et prêts à s'entretuer pour le contrôle d'un checkpoint, d'un quartier, d'une ville, d'une province ou de quelque avantage en nature.
Cette fois-ci, dans le cas syrien, l'OTAN ne semble pas préparer une intervention militaire directe. Le veto de la Russie et de la Chine à l'ONU est pour beaucoup dans les changements de la donne. Mais nous nous souvenons que l'Alliance Atlantique avait au départ présenté en public la même position avec la Libye. Cela n'empêche nullement le déploiement sur le sol syrien d'une panoplie d'instructeurs, de mercenaires, de djihadistes, d'agents secrets par des pays comme la France, les Etats-Unis, la Turquie, la Libye et le Qatar – liste probablement loin d'être exhaustive. Tout cela nous rappelle les préparatifs de « la contra » au Nicaragua dans les années 80. Les conséquences internationales des événements de Syrie risquent d'être beaucoup plus explosives que le renversement du régime libyen.
Nous ne doutons pas que l'immense majorité de la population de Syrie, veut une solution pacifique du conflit en cours. Le CSO prône le retrait inconditionnel des groupes armés soutenus par plusieurs puissances de l'OTAN et du monde arabe. Il n'est pas acceptable de laisser s'établir un double pouvoir en Syrie, qui aurait comme conséquence la reconnaissance officielle de cette opposition comparable à la « contra », par la « communauté internationale ».
Pour le moment, le gouvernement belge se montre plus circonspect qu'au moment des préparatifs de guerre contre la Libye. Mais le double jeu continue, aussi bien en Belgique qu'à l'Otan. Les ministres Reynders et De Crem , tout comme Rasmussen secrétaire général de l'Otan, disent en public qu'il est « prématuré » de parler d'une intervention militaire contre le gouvernement de Assad, mais ils considèrent aussi, avec Verhofstadt, qu'il faut apporter un soutien matériel et technique aux organisations en Syrie qui luttent contre le régime, en ce, inclus des moyens de communication satellitaires et des armes.
Nous nous opposons à toute forme d'ingérence étrangère, même et surtout « humanitaire » qui est inexorablement suivie par des bombardements, par une intervention militaire, Nous nous opposons à tout déploiement de troupes ou de personnel militaire, à toute livraisons d'armes ou de matériel militaire. Enfin, le CSO dénonce les sanctions de l'Union européenne, affectant la population syrienne.
Le CSO vient d'organiser, le 9 mars, une conférence à Bruxelles. Vous pouvez lire dans les pages suivantes les éclairages sur les « dessous » de la crise syrienne que les intervenants ont bien voulu nous transmettre.


Dossier Syrie
 
Le 9 mars, le CSO a organisé à la salle Amazone (Saint-Josse, Bruxelles) la
Conférence – débat : La Syrie, étincelle d'un conflit mondial ?
Autour des thèmes de discussion : La guerre en Syrie se résume-t-elle à un conflit entre un « gouvernement répressif » et une « opposition désarmée » ? Quelle est la nature de cette opposition ? Quelle est la qualité de notre information ? Les voisins de la Syrie, en particulier la Turquie, se comportent-ils en simples spectateurs de cette tragédie ? Comment interpréter le soutien affiché de la Russie au gouvernement syrien ? En s'opposant à l'internationalisation du conflit, la Russie protège-t-elle un allié ou songe-t-elle à sa propre survie ?
Avec :
Bahar Kimyongür, écrivain, dernier ouvrage : « Syriana , La conquête continue »
Ludo De Brabander : écrivain, dernier ouvrage, avec Georges Spriet : « Als de NAVO de passie preekt »
Jean-Marie Chauvier, journaliste, spécialiste des pays de l'Est de l'Europe
Georges Berghezan, CSO, en tant que modérateur
Les textes qui suivent développent les idées exposées durant la conférence par les intervenants.
 
NE FAITES PAS DE LA SYRIE UN DEUXIEME IRAK
 
A la mi-février, Guy Verhofstadt a fait un plaidoyer pour « une intervention humanitaire » en Syrie. Il y soutenait la nécessité d'un soutien financier et matériel à l'opposition, y inclus éventuellement des armes. Le chef du groupe libéral au Parlement Européen, a parlé, sur un ton dramatique, du « moment –Benghazi de la Syrie ».
Pour rappel : Verhofstadt était un des plus fervents défenseurs d'une intervention militaire en Libye, pour « sauver la révolution démocratique ». Au bout d'un an, on ne peut pas dire que cela va mieux dans ce pays, mais nous n'entendons plus rien sur ce sujet de la part de notre ex-Premier ministre. La Libye a disparu des actualités. L'opération de l'OTAN « pour protéger les populations » s'est pourtant soldée par la mort de 50.000 personnes et des destructions énormes dans plusieurs villes. Si nous en croyons les organisations humanitaires, le bilan pour la Libye est comparable à un scénario irakien. Des milices armées incontrôlables font la loi. Les tortures et les meurtres sont monnaie courante. Des conflits ethniques et religieux éclatent et menacent de s'étendre. Les politiciens comme Verhofstadt qui avaient un irrésistible besoin d'agir, n'entendent même plus les avertissements des experts. Ils risquent de créer exactement ce qu'ils prétendaient vouloir éviter : une catastrophe humanitaire.
La plupart des gens ne doutent pas que le régime syrien ne respecte pas les droits humains, et riposte brutalement aux manifestations et aux mouvements armés. Mais la proposition de Verhofstadt d'armer l'opposition, revient à mettre de l'huile sur le feu. En fait, le conflit à Homs, la ville où se joue actuellement un drame humanitaire, est le résultat d'un combat entre l'armée (gouvernementale) et l'opposition armée. Si, comme en Libye, on arme cette opposition et on lui offre un soutien aérien, on crée une lourde hypothèque sur l'avenir du pays. Intervenir militairement dans le paysage politique et ethnico-religieux complexe de la Syrie, revient à entretenir un conflit sans fin entre des armées irrégulières. Les organisations pacifiques démocratiques, qui existent bel et bien au sein de l'opposition syrienne , sont complètement mises hors-jeu et ignorées par les medias occidentaux. C'est un scenario dans lequel, les forces politiques qui exigent des réformes démocratiques, seront prises en otage et méprisées.
Beaucoup de personnes disent ne pas pouvoir rester sans rien faire quand des méfaits flagrants ont lieu contre les droits de l'homme. On les comprend. Mais le problème est qu'une intervention devient immédiatement une intervention militaire. L'arsenal diplomatiques de la communauté internationale se réduit donc, soit à ne rien faire, soit à bombarder à outrance. Les politiciens sont prompts à verser des larmes de crocodile.
Mais la cynique réalité géostratégique est également suspendue au-dessus de la tête de la population syrienne. Le Qatar et l'Arabie Saoudite jouent à nouveau le même sale rôle qu'en Libye. Leur but est le renversement du régime syrien. Tout comme la Turquie, ils veulent que le pouvoir tombe entre les mains de leurs alliés, les Frères Musulmans, sunnites dits « modérés ». Ce n'est un secret pour personne que le Qatar, et sans doute également la Turquie, livrent des armes à cette opposition. Nous savons aussi que les monarchies conservatrices des Etats du Golfe, qui répriment violemment toute tentative démocratique dans leur pays, essaient de contenir l'influence des Chiites d'Iran dans la région. Il faut aussi prendre en compte la recherche d'un parcours alternatif pour les pipelines. Actuellement, 40% du pétrole des Etats arabes passe par le Détroit d'Ormuz où des tensions sont fortes avec l'Iran. L'idée circule de construire un méga-pipeline pour transporter le pétrole par la terre. Le trajet le plus simple serait de passer par la côte syrienne et par.. la ville de Homs, qui deviendrait un point central. Sur la côte syrienne, à Tartous, les Russes ont une base militaire navale depuis des années. Sans tous ces éléments, le conflit en Syrie serait certainement passé inaperçu aux yeux occidentaux.
 
Ludo De Brabander
Extrait du Bulletin d'Information de VREDE, mars 2012
 
GRAND MOYEN-ORIENT, OTAN, MENACES AMERICAINES ET PRESSIONS TURQUES
 
Malgré les troubles et les difficultés économiques quotidiennes, le peuple syrien, dans sa majorité, semble toujours aussi décidé à ne pas céder aux chants des sirènes outre-Atlantique. Le 12 octobre 2011, soit plus de 7 mois après le début des pre-miers rassemblements contre le régime, près d'un million de personnes ont encore manifesté à Damas en soutien à Bachar Al Assad. « La mobilisation de mercredi a dépassé de loin celle de l'opposition qui manifeste presque chaque jour » reconnaît, contrarié, un correspondant de l'Associated Press. Ce pied de nez fondamental n'est pas sans agacer Paris, Londres, Tel-Aviv et Washington. Désormais, bien que l'appui de l'OTAN à la rébellion anti-kadhafiste ait coûté la vie à plus de 50.000 per-sonnes, et provoqué l'exode de milliers de Libyens et d'émigrés africains, une intervention militaire étrangère sous-traitée à des indigènes comme les collabos du CNT semble définitivement gagner les faveurs des stratèges américains pour la Syrie. En effet, Jeffrey Feltman, secrétaire d'Etat adjoint chargé du Proche-Orient a appelé l'opposition syrienne à se réunir à Istan-bul pour discuter les modalités de création d'un Conseil National de Transition syrien. Cette réunion a eu lieu le 15 septembre à l'endroit prévu mais la presse occidentale s'est bien gardée d'afficher le parrainage américain de la réunion d'Istanbul, fai-sant des Etats-Unis un lointain observateur qui salue l'initiative a posteriori.
Même s'il ne s'agit pour l'instant que de causeries on connaît suffisamment la manière à laquelle procèdent les Etats-Unis et leurs alliés européens pour liquider leurs ennemis : résolutions de l'ONU taillées sur mesure, sanctions économiques, reconnaissance d'une opposition politique aux ordres, armement de son bras militaire etc . Kadhafi renversé, le tour est venu à Bachar de quitter la chasse gardée de l'Oncle Sam. Et qui est donc le garde-chasse de sa chasse gardée ? C'est le premier ministre turc et grand parrain des réunions d'opposants syriens Recep Erdogan en personne. (..)
Le journaliste turc Mehmet Ali Güler a relevé de février 2004 au mois d'août 2010 pas moins de 32 aveux du premier ministre à propos de la mission assumée par la Turquie dans le nouveau projet américain de domination des pays arabo-musulmans. Basé sur le principe de la création d'un arc sunnite chapeauté par la Turquie, cette stratégie vise à neutraliser les turbulences chiites d'Iran, d'Irak, du Liban et de leur allié syrien. Justement, d'après une source diplomatique européenne qui a requis l'anonymat, durant l'été 2011, le Premier ministre Erdogan aurait proposé que Bachar El Assad offrît quatre grands ministères aux Frères Musulmans en échange d'un engagement turc à mettre un terme aux troubles qui secouent la Syrie. C'est le rejet de cette proposition par Damas qui aurait précipité la rupture entre les deux pays. Bachar El Assad n'a donc pas tort de se méfier du rôle, d'abord ambigu et aujourd'hui clairement hostile joué par la Turquie à son égard.
Plus proche de nous, la déclaration du patron de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, n'est pas des plus rassurantes : « en Syrie, comme en Libye et partout en Afrique du Nord et au Moyen Orient, il faut développer la liberté et la démocratie ». Là encore, curieusement, l'Afrique du Nord et le Moyen Orient sont cités conjointement comme si le manque de liberté et de démocratie n'existait que dans ces deux régions. Comme si finalement, ces deux subcontinents ne faisaient qu'un. Comme si, dans leurs QG, Rasmussen et les néoconservateurs américains consultaient la même carte d'état-major. Comme s'ils voyaient le monde de la même fenêtre. Le rêve de « Syriana » bientôt à portée de main ? On n'en est plus à une guerre près avec l'OTAN. Rien d'étonnant après tout, puisque c'est sa seule raison d'être.
 
Bahar Kymiongür
Extrait du livre « Syriana, la conquête continue », Ed. Investig'Action. Couleur livres
 
RUSSIE-SYRIE : LES ENJEUX
 
Quelques remarques préalables. Je ne suis pas ici pour défendre la politique du régime syrien ni le soutien russe à ce régime dictatorial, pas plus que pour apprécier les régimes rétrogrades et répressifs que soutient le « camp occidental ». Dans tous ces pays, les aspirations à la justice sociale et à la démocratie réelle animent de vastes soulèvements populaires, auxquels s'agrègent des intervenants extérieurs aux mobiles différents. Nous savons que ce qui se joue en Syrie n'est pas la lutte « entre démocratie et dictature » mais une guerre mondiale, remodelant les rapports de force dans tout un « arc de crise », qui va de l'Afrique du Nord à la Chine, en passant par l'Asie centrale et la Russie. Mon propos est d'éclairer la politique du Kremlin dans cette crise très complexe. D'emblée, je remarque l'abîme entre les informations disponibles et le discours convenu, répétitif et quasi-officiel des médias occidentaux. La presse russe tant décriée pour son inféodation au Kremlin – ce qui est exact pour les grands médias audiovisuels– est au moins plus variée. Nous sommes réduits ici à une vision binaire selon laquelle le régime syrien réprime atrocement un soulèvement populaire, ce qui est une part de la réalité. Les médias russes reprennent parfois cette version des faits mais en exposent d'autres, faisant état d'actions menées par des groupes armés qu'encadreraient des militaires français (dont certains seraient déguisés en journalistes) turcs, qataris, saoudiens et autres. Mais comment vérifier ? Les recoupements sont difficiles, et les sources internet infestées par les virus de la guerre psychologique menée par les divers acteurs. Mais que fait la Russie dans cette galère ? (..)
Syrie : « les six raisons du Kremlin »
Le grand commentateur Maxime Ioussine, dans le quotidien libéral des milieux d'affaires « Kommersant » explicitait en février les principales raisons du soutien russe à la Syrie : l'alliance, le commerce, la base navale de Tartus, la crainte des islamistes, le précédent libyen, les propres soucis intérieurs de Vladimir Poutine. « Les experts que nous avons interrogés, explique Ioussine, énumèrent les six principales raisons pour lesquelles le Kremlin, qui avait accepté de ne pas s'opposer à la résolution de l'ONU sur la Libye, se montre cette fois aussi obstiné, et semble prêt à faire du maintien de Bachar El-Assad un casus belli avec l'Occident. 1. La Syrie est l'un des alliés essentiels de la Russie dans le monde arabe. Si, à un moment critique, Moscou se détournait de Damas, ses autres partenaires auraient le sentiment que le Kremlin n'est pas fiable. 2. Damas est important pour Moscou sur le plan commercial. Le montant des contrats d'armement passés entre eux ces dernières années est évalué à 4 milliards de dollars. Durant la seule année 2010, la Syrie a acquis pour 700 millions de dollars d'armes russes. Récemment, Moscou a donné son accord à la vente de 36 Yak-130, appareils militaires d'entraînement, pour un total de 550 millions de dollars. Le volume global des investissements russes dans l'économie syrienne avoisine les 20 milliards : actuellement, la construction d'une raffinerie de gaz, réalisée par la compagnie Stroïtransgaz, est notamment en cours. Si les adversaires de Bachar El-Assad arrivaient au pouvoir, rien ne les empêcherait de mettre fin à la coopération avec Moscou. 3. La Russie s'inquiète du devenir de la base de ravitaillement et de maintenance de sa marine dans le port de Tartous [au nord de la Syrie]. A ce jour, ce site militaire est le seul dont la Russie dispose hors de l'ex-URSS. 4. La Russie redoute l'actuelle intransigeance de l'opposition syrienne, dont les chefs lorgnent du côté des monarchies du Golfe, de la Turquie, de l'Occident, mais aucunement vers Moscou. En outre, les islamistes, en premier lieu les Frères musulmans, ont une forte influence parmi les opposants, et leur arrivée au pouvoir dans une Syrie où vivent de nombreux chrétiens et chiites constituerait une division du pays suivant des lignes de faille religieuses et une menace d'éclatement. 5. Les responsables russes n'ont aucune confiance dans les promesses des Occidentaux lorsque ceux-ci certifient qu'une résolution de l'ONU ne doit pas être considérée comme une étape sur la voie d'une intervention militaire en Syrie. Moscou considère que les Etats-Unis et l'UE jouent sur les mots et rappelle le précédent libyen : l'Otan a commencé à bombarder les troupes de Kadhafi quelques jours seulement après l'adoption de la résolution 1973 par le Conseil de sécurité de l'ONU, en mars 2011. 6. Les spécialistes soulignent enfin le rôle que joue le calendrier politique intérieur russe. A un mois de l'élection présidentielle, on voit mal Vladimir Poutine choisissant de passer aux yeux de ses électeurs et de ses opposants pour un faible qui cède aux pressions de l'Occident et abandonne un allié de longue date. En Russie, on n'a toujours pas digéré la décision de s'abstenir lors du vote de la résolution 1973, et de faciliter ainsi le renversement de Kadhafi. Le Kremlin se refuse à voir Bachar El-Assad partager le sort du dictateur libyen, du moins jusqu'à l'élection du 4 mars. ».
L'article était publié avant les élections qui ont porté Poutine à la présidence, et en plein mouvement de contestation des fraudes aux législatives du 4 décembre 2011 et, en général, du régime poutinien que la dite « révolution blanche » (ou « orange ») espère faire tomber. « La Russie sans Poutine », tel est le cri de ralliement d'oppositions disparates, allant des libéraux aux communistes et à la gauche radicale, en passant par les néofascistes et les nationaux-bolcheviks. Or, cette contestation citoyenne, qui se réclame parfois de l'exemple arabe, est également « aidée » par les Etats-Unis, qui entretiennent sur tout le territoire de l'ex-URSS un réseau tentaculaire d'ONG financées par une kyrielle de « fondations ». (..)
Léonid Kalachnikov, premier vice-président du Comité des Affaires Extérieures de la Douma, estime que lors de la discussion au Conseil de sécurité (où la Chine et la Russie opposèrent leur veto à la résolution du 4 février 2012), il ne s'agissait pas de « soutenir le régime syrien » mais d'exiger que soient désengagés des combats en Syrie non seulement l'armée syrienne mais tous les groupes qui y guerroient avec des soutiens extérieurs. C'est le refus occidental d'accepter ce « désarmement général » qui aurait entraîné le veto russe sur la Syrie. Le refus, et l'évidence aux yeux de Moscou qu'une intervention militaire se prépare sous couvert de « couloirs humanitaires ».
Le tournant du 21 mars à l'ONU et la position du BRICS
La diplomatie (notamment russe) a marqué à la mi-mars quelques points par rapport au scénario interventionniste, qui s'avère risqué et difficilement praticable.
Le 21 mars, le Conseil de sécurité de l'Onu a adopté une déclaration "soutenant pleinement" les propositions de solution négociée par Kofi Annan. Sa mission a été soutenue par les membres du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).
Leur déclaration adoptée à Delhi le 28 mars dit notamment : "Nous sommes profondément inquiets par la situation actuelle en Syrie et appelons à mettre d'urgence fin à toute violence ainsi qu'aux violations des droits de l'homme dans ce pays (…). "Notre objectif consiste à favoriser le processus politique intérieur mené par les Syriens et nous saluons les efforts conjoints effectués en ce sens par les Nations unies et la Ligue arabe" Et d'en appeler "le gouvernement syrien et toutes les strates de la société à faire preuve de volonté politique afin d'entamer un processus indispensable pour l'instauration de la paix". (..)
Ce fragile recul des positions bellicistes semble conforter les choix obstinés du Kremlin, sans que l'on puisse préjuger de ce qui se passera sur le terrain. (..)
L'entrée en scène du BRICS trace cependant la perspective de ce monde « multipolaire » dont se réclame la diplomatie russe.
 
Jean-Marie Chauvier
texte clôturé le 30 mars 2012
La version intégrale de ce texte se trouve sur www.csotan.org. Il est également diffusé sur la mailing list animée par le CSO.


L'art de la guerre
 
Iran, la bataille des gazoducs
 
Sur la scène de Washington, sous les projecteurs des media mondiaux, Barack Obama a déclamé : « En tant que président et commandant en chef, je préfère la paix à la guerre ». Mais, a-t-il ajouté, « la sécurité d'Israël est sacro-sainte » et, pour empêcher que l'Iran ne se dote d'une arme nucléaire, « je n'hésiterai pas à employer la force, y compris tous les éléments de la puissance américaine » (étasunienne, NdT). Armes nucléaires comprises donc. Paroles dignes d'un Prix Nobel de la paix. Ça, c'est le scénario. Pour savoir ce qu'il en est vraiment, il convient d'aller dans les coulisses. A la tête de la croisade anti-iranienne on trouve Israël, l'unique pays de la région qui possède des armes nucléaires et, à la différence de l'Iran, refuse le Traité de non-prolifération. Et on trouve les Etats-Unis, la plus grande puissance militaire, dont les intérêts politiques, économiques et stratégiques ne permettent pas que puisse s'affirmer au Moyen-Orient un Etat qui échappe à son influence. Ce n'est pas un hasard si les sanctions promulguées par le président Obama en novembre dernier interdisent la fourniture de produits et de technologies qui « accroissent la capacité de l'Iran à développer ses propres ressources pétrolifères ». A l'embargo ont adhéré l'Union européenne, acquéreur de 20% du pétrole iranien (dont 10% environ importé par l'Italie), et le Japon, acquéreur d'un pourcentage analogue, qui a encore plus besoin de pétrole après le désastre nucléaire de Fukushima. Un succès pour la secrétaire d'état Hillary Clinton, qui a convaincu les alliés de bloquer les importations énergétiques venant d'Iran contre leurs propres intérêts mêmes.  L'embargo cependant ne fonctionne pas. Défiant l'interdiction de Washington,  Islamabad a confirmé le 1er mars qu'il terminera la construction du gazoduc Iran-Pakistan. Long de plus de 2mille Kms, il a déjà été réalisé presque entièrement dans son tronçon iranien et sera terminé dans celui pakistanais d'ici 2014. Il pourrait ensuite être étendu de 600 Kms jusqu'en Inde. La Russie a exprimé son intérêt à participer au projet, dont le coût est de 1,2 milliards de dollars. Parallèlement, la Chine, qui importe 20% du pétrole iranien, a signé en février un accord avec Téhéran, qui prévoit d'augmenter ses fournitures à un demi-million de barils par jour en 2012. Et le Pakistan aussi accroîtra ses importations de pétrole iranien. Furieuse, Hillary Clinton a intensifié la pression sur Islamabad, utilisant la carotte et le bâton : d'un côté menace de sanctions, de l'autre offre d'un milliard de dollars pour les exigences énergétiques du Pakistan. En échange, celui-ci devrait renoncer au gazoduc avec l'Iran et miser uniquement sur le gazoduc Turkmenistan-Afghanistan-Pakistan-Inde, soutenu par Washington. Son coût est estimé à 8 milliards de dollars, plus du double que prévu initialement. A Washington, c'est cependant la motivation stratégique qui prévaut. Les gisements turkmènes de gaz naturel sont en grande partie contrôlés par le groupe israélien Merhav, dirigé par Yosef Maiman, agent du Mossad, un des hommes les plus influents d'Israël. Mais la réalisation du gazoduc, qui en Afghanistan passera par les provinces de Herat (où sont les troupes italiennes) et de Kandahar, est en retard. En l'état actuel, c'est celui Iran-Pakistan qui a l'avantage. A moins que les cartes ne soient redistribuées par une guerre contre l'Iran. Même si le président Obama « préfère la paix ».  (6 mars 2012)
 
Libye un an après : mémoire courte
 
Un des effets des armes de distraction de masse est d'effacer la mémoire de faits même récents, en en faisant perdre la trace. Ainsi est passé sous silence le fait qu'il y a un an, le 19 mars, commençait le bombardement aéronaval de la Libye, formellement « pour protéger les civils ». En sept mois l'aviation Usa/OTAN effectuait 30mille missions dont 10mille d'attaque, en utilisant plus de 40mille bombes et missiles. En outre étaient infiltrées en Libye des forces spéciales, dont des milliers de commandos qataris facilement camouflables. Et on finançait et armait les secteurs tribaux hostiles au gouvernement de Tripoli ainsi que des groupes islamistes, qualifiés de terroristes quelques mois auparavant seulement. L'opération dans sa totalité, a précisé l'ambassadeur étasunien auprès de l'OTAN, a été dirigée par les Etats-Unis : par l'intermédiaire d'abord du Commandement Africa, puis par l'intermédiaire de l'OTAN sous commandement Usa. On a ainsi démoli l'état libyen et assassiné Kadhafi lui-même, en attribuant l'entreprise à une « révolution inspiratrice » - comme l'a définie le secrétaire à la défense Panetta- que les Usa sont fiers d'avoir soutenue, en créant « une alliance sans égale contre la tyrannie et pour la liberté ». On en voit maintenant les résultats. L'état unitaire se désagrège. La Cyrénaïque -où se trouvent les deux tiers du pétrole libyen- s'est autoproclamée de fait indépendante et, à sa tête, a été mis Ahmed al-Zubair al Senoussi. Choix emblématique : c'est l'arrière-petit-fils du roi Idris qui, mis sur le trône par la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, leur concéda dans les années '50 et '60, bases militaires et gisements pétrolifères. Privilèges effacés quand le roi Idris fût déposé en 1969. L'arrière-petit-fils ne manquera pas de les leur rendre. Le Fezzan aussi, où se trouvent d'autres importants gisements, veut être indépendant. Il ne resterait à la Tripolitaine que les gisements qui sont devant les côtes de la capitale. C'est ainsi que les grandes compagnies pétrolières, à qui la Libye de Kadhafi ne concédait que d'étroites marges de gain, pourront obtenir des conditions optimales de la part des chefs locaux, en faisant jouer l'opposition de l'un contre l'autre. Le leader du CNT Abdel Jalil parle de « conspiration » et menace de faire « usage de la force », mais ce n'est pas un champion de l'indépendance libyenne : il est convaincu que la période du colonialisme italien fût pour la Libye « une ère de développement ». En attendant le Conseil de sécurité de l'ONU prolonge d'une autre année sa « mission d'appui en Libye », en se félicitant des « développements positifs » qui « améliorent les perspectives d'un avenir démocratique, pacifique et prospère ». Il ne peut toutefois pas éviter d'exprimer sa  « préoccupation» pour « les continuelles détentions illégales, tortures et exécutions extrajudiciaires ». Œuvre des milices armées, alimentées par la politique du « diviser pour régner » du nouvel empire. Milices armées utilisées pour allumer d'autres foyers de guerre dans d'autres pays, comme le montre le fait qu'à Tripoli se trouve un camp d'entraînement des « rebelles syriens ».
En Libye les premières victimes sont les immigrés de l'Afrique subsaharienne qui, persécutés, sont obligés de s'enfuir. Rien qu'au Niger, 200-250mille sont rentrés, en perdant ainsi la source de revenus qui entretenait des millions de personnes. Nombre d'entre eux, poussés par le désespoir, tentent la traversée de la Méditerranée vers l'Europe. Ceux qui y perdent la vie, comme les cinq derniers naufragés ensevelis à Lampedusa, sont eux aussi des victimes de la guerre qui a commencé il y a un an. Dont, désormais, on a perdu la mémoire.  (20 mars 2012)
 
Manlio Dinucci
 
Ces 2 articles de Manlio Dinucci ont été traduits par Maria-Ange Patrizio et sont publiés avec l'autorisation de l'auteur.


Sardaigne, poubelle de l'OTAN : les langues commencent à se délier
 
A la suite de la mobilisation persistante de nombreux mouvements associatifs italiens et d'autres pays d'Europe, et grâce à l'intervention courageuse de magistrats italiens, le « Cas de la Sardaigne, Poubelle de l'Otan et du complexe militaro-industriel »  commence à être connu d'un plus grand public. Récemment, une audition s'est tenue au Parlerment européen, dont on peut lire le compte-rendu sur notre site www.csotan.org . Cette lutte doit se généraliser à tous les sites utilisés par l'OTAN pour ses préparatifs de guerre et faire partie intégrante des revendications des mouvements de la paix en Belgique .
 
Nous publions ci-après le communiqué du MCP à ce sujet.
 
OTAN hors de Sardaigne !
 
Plus de 35 000 hectares de terres sont soumises à servitude militaire. La mer est interdite à la navigation, à la pêche et aux activités de plaisance…. une étendue maritime de plus de 20 mille kilomètres carrés, une zone a peu près égale à l'ensemble du territoire sarde. Sur l'île on a entreposé des missiles dans les polygones pour les exercices (Perdasdefogu- Capo Teulada et Capo Frasca). Des terrains d'aviation militaires (le plus vaste est celui de Decimomannu) servent essentiellement à des exercices d'entraînement de pilotes en vue de nouvelles guerres. C'est de la Sardaigne que sont partis les avions pour aller bombarder l'Irak et la Lybie. C'est à Decimommno que s'entraînent les pilotes israéliens. Des dépôts de carburant sont installés dans le cœur de Cagliari et sont alimentés par un pipeline qui traverse la ville. Partout se trouvent de nombreuses casernes militaires (Armée de terre, Force aérienne et Marine). Ces équipements et infrastructures sont mis à disposition des forces armées italiennes de l'OTAN, et de certaines autres armées étrangères
Quelques chiffres: le polygone de salto di -Quirra Perdasdefogu (dans l'Est de la Sardaigne) comporte 12.700 hectares. Avec celui de Teulada (7.200 hectares) il s'agit des s deux premiers polygones italiens, par extension et fréquence des tests. Le polygone de Capo Frasca, côte ouest en compte plus de 1.400. Il faut ajouter à ces nuisances, les nombreux radars militaires (environ 15). Le site de La Maddalena, abandonné par l'OTAN après des nombreuses années d'activité (sous-marins et bateaux nucléaires,) se trouve dans des conditions environnementales irrécupérables, certaines zones aquatiques sont radioactives et les fonds marins jonchés des débris d'origine militaire. La récupération écologique de la zone semble irréalisable.
·         Nous demandons :
·         la fermeture immédiate de ces terrains militaires
·         le dédommagement des victimes,
·         la remise en état de l'environnement,
·         l'inculpation des firmes d'armement, étrangères et italiennes, qui ont procédé à ces essais meurtriers,
·         le départ immédiat de Sardaigne des troupes étrangères dont l'OTAN.
 
Mouvement Chrétien Pour la Paix, mcp.belgium@skynet.be


Remodeler l'armée belge au service des guerres de l'OTAN
 
Les remous actuels au sein de l'armée belge, qui ont abouti à la démission du général en chef M. Delcour, ne sont pas simplement dus à des questions de nominations ou à des disputes communautaires. C'est toute la fonction des militaires dans le cadre de la structure de l'OTAN qui est en cause. Le Nouveau Concept Stratégique adopté à Lisbonne en 2008 préconise une transformation profonde des armées de tous les pays de l'Otan. Le but étant de construire une force de frappe sophistiquée et centralisée sous le commandement Otan, capable de porter la guerre dans tous les coins du monde. Comme le déclarait le ministre de la Défense De Crem, dans une interview au Soir :  « déployer sur le terrain environ un millier d'hommes en permanence… c'est cela qui est important…Par ailleurs, il n'est pas exclu qu'on fasse appel à la Belgique pour une autre opération optionnelle genre Libye… ». Le reste des forces terrestres (dont le général Delcour était le chef) peut être dégraissé d'un grand nombre de militaires pour faire des économies et concentrer le budget de la Défense sur le développement des « poches d'excellence » .
Il faut aussi, pour répondre aux exigences de l'OTAN, rendre plus efficaces les forces aériennes et navales et supprimer les doubles emplois : de là, la quasi fusion de la marine belge et des forces navales néerlandaises, la coopération renforcée de l'aviation belge et allemande, les « achats groupés » des avions qui devront remplacer les F-16 avec le Danemark et les Pays-Bas. Etc..
Tout cela signifie l'abandon de la souveraineté de la Belgique sur sa politique de défense. Et cet abandon ne se fait pas au bénéfice d'une mythique Union Européenne indépendante, mais bien de l'OTAN. On se rappelle que, dans le cadre d'une opération de surveillance Otan, les navires belges se sont retrouvés au large du Vénézuéla, en soutien à la marine hollandaise qui s'estimait « agressée » par des propos revendicatifs du président Hugo Chavez sur des îles « appartenant à la Hollande» ! Les F-16 de l'armée belge ont participé à des opérations de combat en Afghanistan aux côtés des pilotes allemands, en dépit des fameuses « règles d'engagement » de nos ministres de la Défense censées interdire ce genre d'activité. Sans parler de tout ce que nous ignorons encore, à cause du « Secret Défense » imposé aux parlementaires trop curieux.
Le prochain Sommet de l'Otan qui se tiendra à Chicago le 20 mai, sera certainement consacré en grande partie à cette « harmonisation » des armées des pays de l'Otan, ainsi qu'aux moyens à mettre à œuvre en Afghanistan pour que le retrait annoncé de certaines troupes soit compensé par une renforcement du « partenariat » de l'Otan avec l'Afghanistan. Il s'occupera également du déploiement du bouclier anti-missiles, (pour lequel la Belgique avait déjà payé un tribut à Lisbonne), et de sa stratégie nucléaire, et de pointer ce que l'Otan appelle « les nouvelles menaces » et que De Crem appelle « une autre opération optionnelle, genre Libye ». Le débat parlementaire, annoncé pour le 9 mai prochain, soit quelques jours à peine avant ce sommet, devrait porter sur toutes ces questions et s'élargir à un débat public avec tout le mouvement de la paix.
 
Claudine Pôlet


Communiqué de presse de Vredesactie - Action pour la Paix, 1er avril 2012
 
800 activistes de toute l'Europe ferment le Quartier général de l'Otan à Evere
 
Aux environs de 14 heures cet après-midi, 800 activistes pacifistes, venus de plus de 10 pays d'Europe, se sont rassemblés autour du Quartier général de l'Otan à Evere. 500 d'entre eux ont tenté de façon non violente de pénétrer sur les terrains de l'Otan. Une vingtaine sont entrés dans le domaine militaire. La zone de l'Otan a été fermée par des rubans rouges et blancs. 483 personnes ont été arrêtées administrativement. 300 supporters des équipes d'intervention manifestaient à l'entrée principale. Quand la paix est en jeu, une intervention non-violente est toujours nécessaire. Une alliance militaire telle que l'Otan - un petit club de pays qui mène la guerre dans le monde entier, possède des armes atomiques et se dit prêt à les utiliser en première frappe-, est un danger pour la paix mondiale!


No to NATO
 
APPEL A DES JOURNEES INTERNATIONALES D'ACTION CONTRE LE PROCHAIN SOMMET DE L'OTAN A CHICAGO !
 
Du 19 au 21 mai 2012, le G8 et l'OTAN tiendront des réunions au sommet à Chicago, USA.
L'OTAN va y renforcer sa nouvelle doctrine nucléaire, confirmer sa stratégie future dans la guerre en Afghanistan, planifier de nouvelles guerres, comme une intervention possible en Syrie et/ou en Iran, renforcer son pouvoir militaire global pour le 21e siècle. Le sommet de l'OTAN va mettre en danger la sécurité réelle des populations dans le monde entier.
Un très grand nombre d'organisations états-uniennes et internationales ont lancé des appels à participer à des événements éducatifs, des conférences, des actions de désobéissance civile et de protestation publique à Chicago en Mai. Le point culminant en sera le Contre-Sommet international de l'OTAN les 18 et 19 mai et une manifestation pacifique le 19 mai.
Nous appelons à mener des actions de solidarité dans le monde entier, contre le système de guerre de l'OTAN entre le 14 et le 20 mai prochain
Alors que l'humanité doit faire face aux grands défis du 21e siècle, tels que les inégalités croissantes et les menaces à l'environnement, l'OTAN accroît les inégalités d'accès aux ressources et aux richesses de la planète et détruit l'environnement. Avec ses opérations militaires dans des régions très éloignées des frontières de ses pays membres, l'OTAN  sape les Nations Unies. « Si tu veux la paix, prépare la guerre » : telle est la recette otanienne pour mener des guerres sans fin, et non pour apporter la sécurité humaine.
Le Nouveau Concept Stratégique, adopté à Lisbonne en 2010, constitue l'arrière-plan des actions militaires mondiales de l'OTAN, au profit du « premier monde ». La guerre en Libye fut la première application de cette stratégie. Elle a coûté la vie de 50.000 Libyens. La guerre que mène l'OTAN en Afghanistan depuis dix ans, y compris l'instauration du gouvernement corrompu de Karzai et les arrangements avec les seigneurs de guerre fondamentalistes, ont ruiné ce pays , afin d'assurer des avantages économiques et stratégiques aux Etats-Unis et autres nations de l'OTAN.
Maintenant, l'OTAN préconise « l'afghanisation » de la guerre, et entraîne le pays toujours plus profondément vers la guerre civile.  L'OTAN prétend qu'elle défend les droits humains et protège la société civile. Tout cela sonne faux quand on voit la profonde corruption du gouvernement de Karzai, les exactions permanentes des soldats contre la population afghane. L'OTAN suit la voie néocoloniale très fréquentée qui mine la réelle sécurité des Européens et des Nord-Américains, aussi bien que celle des Afghans et des autres nations d'Asie Centrale.
L'OTAN persiste à s'arroger le droit de commencer unilatéralement un conflit nucléaire, contre tout ce que l'Alliance considère comme « une menace ». Les plans nucléaires de l'OTAN, en ce inclus la modernisations des armes nucléaires états-uniennes et des infrastructures nucléaires des autres Etats membres, mine le TNP (Traité de Non-Prolifération Nucléaire) et son Article VI consacré au désarmement nucléaire. Le « partage du nucléaire » (Nato's Nuclear Sharing) qui transforme des pays comme l'Allemagne  les Pays-Bas ou la Belgique en puissances nucléaires de fait, est aussi une violation du TNP et donc du droit international.
En établissant des partenariats dans le monde entier avec des pays non-membres , au travers du « programme de partenariat pour la paix », ainsi qu'avec des institutions gouvernementales (comme l'Union Européenne), l'OTAN provoque une militarisation croissante de la culture politique. Au moyen de son programme de bouclier anti-missiles, de ses nombreuses bases militaires étrangères et de ses interventions agressives, l'OTAN produit des dépenses militaires massives, s'élevant à 75% des dépenses militaires mondiales. Cet argent fait désespérément défaut pour des programmes sociaux, économiques et écologiques dans tous les pays.
Nous appelons à des journées internationales d'action contre le système de guerre de l'OTAN !
Nous appelons à des actions dans le monde entier pour la solidarité, la démilitarisation, l'abolition des armes nucléaires, la résolution non violente des conflits, pour placer les besoins des populations au-dessus de la course au profit, pour la justice, et pour relever équitablement les défis environnementaux. Nous invitons les groupes et les militants politiques à mener des actions contre la guerre. Employez les réseaux sociaux pour informer vos amis et vos collègues sur le véritable agenda de l'OTAN et sur les alternatives possibles. Envoyez des lettres à vos représentants politiques et vos gouvernements et aux responsables de vos journaux. Organisez et participez à des conférences, des séminaires, des événements publics, des actions directes non-violentes, telles que le « NATO GAME OVER » le 1er avril à Bruxelles, des actions de désobéissance civile et des manifestations non violentes. 22 février 2012.                 
Le  Comité International de Coordination NO TO WAR – NO TO NATO*
* Le Réseau No To War – No To Nato comprend plus de 300 organisations et groupes d'horizons politiques très divers. Voir le site : www.no-to-nato.org
 
 

18:10 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Les commentaires sont fermés.