01/03/2012

LML 28 fév: Non à l'intervention en Syrie! l8

 
 
Sent: Wednesday, February 29, 2012 12:10 AM
 
Subject: LML 28 fév: Non à l'intervention en Syrie!
 
Le Marxiste-Léniniste

Numéro 19 - 28 février 2012

Non à l'intervention en Syrie!



Rencontre des «Amis de la Syrie» avec pour objectif le changement de régime
Les Syriens se prononcent en faveur d'un nouveau projet de constitution
La résolution sur la Syrie est contraire aux principes de l'ONU
S'opposer à la politique de la canonnière
- Li Qingsi, China Daily


 


Non à l'intervention en Syrie!

Rencontre des « Amis de la Syrie » avec
pour objectif le changement de régime

Le 24 février a eu lieu à Tunis une rencontre dite des «Amis de la Syrie» à l'initiative de la Ligue des États arabes avec la participation de 70 représentants de pays et d'organisations, dont les États-Unis, le Canada et l'Union européenne.

Les agences de nouvelle font état d'un désaccord à la rencontre sur l'armement des groupes rebelles et généralement sur le changement de régime comme objectif. La secrétaire d'État des États-Unis Hilary Clinton a donné le ton dès le départ en disant que «l'opposition est de plus en plus capable» et qu' « elle finira tôt ou tard par trouver les moyens de se défendre et même d'entreprendre des mesures offensives ». Les Britanniques ont déjà des forces spéciales opérant à l'intérieur de la Syrie.

Le président tunisien Moncef Marzouki, dans son adresse d'ouverture, a dit que la Tunisie est contre le règlement de la crise syrienne par l'ingérence extérieure et s'est dit en faveur de l'envoi de forces de maintien de la paix arabes « pour arrêter la violence et protéger les civils ». Il a ajouté qu'il faudrait adopter le « modèle yéménite » pour aider la Syrie à commencer sa « transition démocratique », c'est-à-dire que le président syrien Bachar el-Assad démissionne et remette le pouvoir à son vice-président.

La conférence s'est ensuite poursuivie à huis clos.

Dans sa déclaration finale, la rencontre appelle à une « solution politique à la crise » tout en faisant ouvertement de l'agitation en faveur du retrait du gouvernement syrien. Les participants ont réitéré les condamnations du gouvernement syrien comme prétexte pour le changement de régime. Ils ont proposé d'accroître les sanctions contre le gouvernement syrien, notamment : interdiction de déplacement à l'étranger des membres du gouvernement, gel des avoirs du gouvernement, arrêt des achats d'hydrocarbures, rupture des liens diplomatiques et prévention des livraisons d'armes. Ils se sont dit inquiétés par la situation humanitaire et ont demandé que les « groupes humanitaires » aient immédiatement accès aux « citoyens touchés ». Le groupe a reconnu le « Conseil national syrien » en tant que « représentant légitime des Syriens désirant le changement démocratique ». Finalement, les participants se sont engagés « à contribuer significativement à la reconstruction de la Syrie dans le cadre d'une transition », signalant une ruée des grandes puissances et d'autres joueurs importants dans la région pour le contrôle dans l'éventualité d'un changement de régime.

Le ministre canadien des Affaires étrangères John Baird a annoncé que le Canada contribuera 1,5 million $ « pour apporter une aide humanitaire à la population syrienne ». Baird a demandé aux autres participants de cesser de vendre des armes au gouvernement syrien. Ce sont des propos qui ne manquent pas de cynisme à la lumière des récentes révélations à l'effet que, dans le cadre de la mission de l'OTAN en Libye, le Canada a aidé à la livraison d'armes aux forces de l'opposition en violation ouverte d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU. Baird a également demandé le changement de régime en Syrie : « Il est temps que le régime en place applique un cessez-le-feu immédiat, inconditionnel et permanent. Il est également temps pour M. Assad de partir, a dit le ministre. L'opposition doit élaborer une vision claire pour l'après-Assad. Le Canada est fermement convaincu que la protection des minorités religieuses doit être un élément important de ce plan. Il faut respecter les droits fondamentaux de chaque Syrien. Nous sommes prêts à aider le peuple syrien à bâtir une nouvelle Syrie libre et démocratique, qui respecte les droits de tous ses citoyens et qui vit en paix avec ses voisins. »

Le Liban, la Russie et la Chine n'ont pas participé

Le Liban, la Russie et la Chine étaient invités à la conférence mais ont refusé d'y participer.

Le ministre libanais des Affaires étrangères Adnan Mansour a dit que la décision de ne pas participer était conforme à la décision « de dissocier le Liban des développements en Syrie », rapporte un correspondant de Press TV.

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères de la Russie affirme que la conférence de Tunis a « pour objectif de soutenir un côté contre l'autre dans un conflit armé » et que, par conséquent, « nous ne pouvons pas accepter l'invitation à participer à cette rencontre ».

Pour sa part, la Chine a dit que la fonction et l'objet de la conférence étaient ambigus.

(Agences)

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Les Syriens se prononcent en faveur 
d'un nouveau projet de constitution



Rassemblement de masse au square Saba Barhat à Damas le 26 février 2012, en appui au processus de réforme profonde
et à un référendum pour une nouvelle constitution pour la République Arabe Unie. (SANA)

Les Syriens ont voté le dimanche 26 février dans un référendum pour un nouveau projet de constitution. Le référendum avait lieu par décret présidentiel en réponse aux appels internationaux à des réformes. Selon les agences de presse, près de 89 % des participants au référendum ont voté en faveur d'une nouvelle constitution. Elles rapportent que le ministre de l'Intérieur de la Syrie a émis un communiqué dans lequel il annonce que sur les 14 580 000 électeurs, 8 376 000, soit environ 57 %, se sont prévalus de leur droit de vote. Le ministre annonce également que les forces d'opposition ont boycotté le référendum.

Malgré les réserves ou les critiques au sujet de certaines questions proposées au référendum, il y a eu un vote de masse en faveur des changements à la constitution qui va influer sur la vie politique, sociale et économique du pays, rapporte Prensa Latina. Il y a eu un rassemblement appelé par les organisations de masse et des jeunes au square Saba Bahrat où les gens de tous les âges portant des bannières et drapeaux syriens et des photos du président Bashar al-Assad ont exprimé leur appui au processus de réformes en profondeur et à l'unité nationale, ajoute Prensa Latina.

Un comité central du parti Ba'ath qui inclut le ministre syrien de l'Intérieur et ses deux sous-ministres ont administré le référendum. Afin d'atteindre les 14,6 millions d'électeurs, soit environ les deux tiers de la population totale, quelque 14 000 bureaux de scrutin ont été mis en place partout au pays, même dans les régions sujettes à la violence armée terroriste, ont dit les autorités du ministère de l'Intérieur. Le ministère a aussi prévu des boîtes de scrutin mobiles pour les zones éloignées et les régions désertiques de la Syrie pour que les membres des communautés nomades puissent aussi voter.

Les chaînes de la télévision syrienne ont montré les gens qui votent à Damas et dans les autres villes telles que Aleppo, Tartus, Hama, Daraa, Lattakia et même la ville de Homs déchirée par le conflit.

Les réformes proposées sont perçues par plusieurs comme un moyen de résoudre les problèmes que vit présentement la Syrie, rapportent les agences. Parmi les réformes, le projet de nouvelle constitution stipule que le pouvoir doit être pratiqué démocratiquement par le vote alors que la présente constitution établit que le parti arabe socialiste Ba'ath est le dirigeant de l'État. Le projet de constitution dit aussi que le président doit être directement élu par le peuple pour un maximum de deux mandats de sept ans.

La nouvelle constitution va aussi entraîner la création de nouveaux partis politiques, la séparation des pouvoirs de l'État et la décentralisation de l'administration locale, rapportent les agences.

L'article III a soulevé des critiques parce qu'il stipule que les candidats présidentiels doivent être musulmans dans un pays aussi habité par les chrétiens et les Druzes. Même les fidèles musulmans ont exprimé leur opposition à cette proposition qu'ils considèrent non démocratiques, écrit Prensa Latina.

Une jeune Syrienne a expliqué à Prensa Latina que même si la proposition constitutionnelle n'est pas parfaite et que certains de ses articles font l'objet de beaucoup de critiques, c'est une proposition qui met de l'avant une nouvelle vision de la Syrie. Elle a souligné le fait que le projet de constitution garantit les droits des femmes et leur émancipation dans une société égalitaire où elles peuvent s'impliquer dans la vie politique, sociale et économique sans aucune forme de discrimination, quelque chose qui est véritablement significatif dans les pays du monde arabe.

Malgré ces réformes, « le projet de constitution a été accueilli avec indifférence par l'opposition », rapporte Xinhua. Les grands médias monopolisés du monde ont à peine mentionné les résultats du référendum.

Hassan Abdel Azim, le coordonnateur général de l'Organisme de coordination nationale syrienne pour un changement démocratique, a dit que le groupe composé de 15 partis d'opposition boycottait le référendum pour une nouvelle constitution et ne participera pas aux prochaines élections.

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La résolution sur la Syrie est 
contraire aux principes de l'ONU

Le 16 février, l'Assemblée générale des Nations unies a voté une résolution non contraignante mise de l'avant par l'Égypte au nom de la Ligue arabe sur « la situation qui prévaut dans la République arabe syrienne ». La résolution a été adoptée par un vote de 137 en faveur, 12 contre et 17 abstentions.

Cette résolution est visiblement une manœuvre de la part des grandes puissances, avec à leur tête les impérialistes étasuniens, la France, la Grande-Bretagne et la Turquie, pour inciter un changement de régime en Syrie sans égard aux conséquences. Les grandes puissances ont travaillé fort pour faire adopter cette résolution depuis le 4 février, lorsqu'une résolution similaire au Conseil de sécurité avait été bloquée par la Russie et la Chine. Cette démarche démontre jusqu'à quel point l'ONU s'aventure dans des eaux périlleuses à vouloir justifier des objectifs destructeurs. Dès qu'une résolution est refusée au Conseil de sécurité, elle est aussitôt déposée à l'Assemblée générale. Si elle est à nouveau bloquée, alors une coalition de partenaires pour une même cause est mise sur pied pour tenter de justifier les crimes contre la paix.

La résolution sur la Syrie est cousue de contradictions et d'ambiguïtés permettant toutes les interprétations que les impérialistes veulent bien lui prêter, après quoi ceux-ci peuvent prétendre avoir un mandat des Nations unies. Cette résolution ressemble en tous points à la résolution 1973 du Conseil de sécurité autorisant une zone d'exclusion aérienne en Libye, une résolution tellement vaste que les impérialistes pouvaient l'invoquer pour tenter de légitimer les crimes qu'ils ont perpétrés dans ce pays. La résolution sur la Syrie débute en invoquant la Charte des Nations unies alors que cette même Charte interdit formellement toute ingérence d'un pays ou d'un groupe de pays dans les affaires internes d'un autre :

« [L'Assemblée générale] réaffirme « son attachement inébranlable à la souveraineté, à l'indépendance, à l'unité et à l'intégralité territoriale de la République arabe syrienne et insiste sur la nécessité de résoudre la crise politique actuelle en République arabe syrienne par des moyens pacifiques », dit la résolution.

Elle énumère ensuite les « violations généralisées et systématiques des droits de l'homme et des libertés fondamentales par les autorités syriennes », faisant abstraction de la campagne internationale par les impérialistes étasuniens et leurs alliés visant à déstabiliser la Syrie. La résolution en appelle au gouvernement syrien de mettre fin à ces violations des droits et de « protéger sa population ».

La résolution, sous prétexte de protéger le peuple syrien contre son propre gouvernement, tente alors de justifier une vaste intervention dans les affaires internes de la Syrie par la Ligue des États arabes (Ligue arabe), y compris une « transition » politique — lire un changement de régime — orchestrée sous les auspices de la Ligue.

La résolution en appelle aussi aux autorités syriennes de « permettre aux institutions appropriées représentant la Ligue des États arabes ainsi qu'aux médias arabes et internationaux d'entrer et de circuler librement dans toutes les régions de la République arabe syrienne afin de constater ce qui se passe sur le terrain et de surveiller les incidents qui s'y déroulent. »

La résolution elle-même reconnaît qu'il existe des groupes armés qui opèrent en Syrie lorsqu'elle déclare : « [L'Assemblée générale] condamne toutes les violences, d'où qu'elles viennent, et demande aux partis en République arabe syrienne, y compris les groupes armés, de mettre fin à toute violence et aux représailles sur-le-champ, et d'obéir à l'initiative de la Ligue des États arabes. » Cependant, tout en exigeant du gouvernement syrien qu'il protège ses citoyens, elle demande aussi que « toutes forces armées et militaires syriennes se retirent des villes et des villages et qu'ils intègrent leurs casernes respectives ».

Cette exigence, ainsi que la condition d'un « accès libre et sans entraves » pour toutes « institutions appropriées représentant la Ligue des États arabes », pourraient très bien être le prélude à une invasion militaire sous couvert d'une soi-disant force de maintien de la paix mise sur pied par la Ligue des États arabe. On dit que la Ligue prône déjà l'intervention d'une telle force.

Aussi, la résolution appuie ouvertement les tentatives de la Ligue des États arabes de se débarrasser du gouvernement syrien en faveur de « groupes d'opposition ».

« [L'Assemblée générale] demande que soit engagé « un processus politique inclusif qui soit dirigé par les Syriens et qui se déroule dans un climat exempt de violence, de peur, d'intimidation et d'extrémisme afin de répondre concrètement aux aspirations et aux préoccupations légitimes du peuple, sans en influencer le résultat...[et soutient sans réserve] la décision prise par la Ligue des États arabes le 22 janvier 2012 visant à faciliter une transition politique dirigée par les Syriens vers un système politique démocratique et pluraliste, dans lequel les citoyens sont égaux sans égard à leurs affiliations ou ethnicités ou croyances, par le biais, entre autres, d'un dialogue politique sérieux entre le gouvernement de la République arabe syrienne et l'éventail politique de l'opposition syrienne, sous les auspices de la Ligue des États arabes et selon les échéanciers de la Ligue. »


L'ambassadeur syrien à l'ONU, Bachar Jaafari, durant son
intervention au débat de l'Assemblée générale de l'ONU
le 16 février 2012.
 (Xinhua)

Au cours du débat à l'Assemblée générale, l'ambassadeur syrien à l'ONU, Bachar Jaafari, a remis en cause les objectifs de la résolution. Il a dit que son gouvernement était très actif à répondre le plus vite possible aux demandes de réforme. Il a fait valoir qu'une nouvelle constitution était soumise à un référendum dès le 26 février, en tant que partie intégrante de ces réformes. Un dialogue général a été proposé à tous ceux qui désirent maintenir la stabilité de la Syrie et mettre fin à la violence, a-t-il dit.

Cependant, il a mis en relief que les pays membres de l'ONU doivent cesser d'encourager les groupes violents en Syrie, déclarant qu'aucun État ne pourrait tolérer la présence de terroristes armés sur son territoire. « Cessez de jeter l'huile sur le feu, » a-t-il prévenu. « De telles actions n'apporteront que désastres non seulement pour la Syrie, mais pour toutes les relations internationales », a-t-il conclu.

Après le vote, Jaafari a dit que la résolution « ne pourrait mener qu'à une exacerbation de la crise et à plus de violence dans la région dans son ensemble ». Il a ajouté que les Nations unies s'exposaient à être manipulées par « certains pays membres », permettant à ceux-ci de donner libre cours à des « groupes terroristes armés » en Syrie.

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S'opposer à la politique de la canonnière

Après que la Russie et la Chine eurent mis leur veto à la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU le 4 février, l'Assemblée générale des Nations unies a approuvé une résolution condamnant la violence en Syrie. Bien que non contraignante, elle va accroître encore d'avantage la pression sur le gouvernement syrien, et ouvre la porte à une intervention extérieure dans le futur.

Les conflits sectaires, les facteurs géopolitiques et surtout la politique du «diviser pour mieux régner» menée par l'Occident ont permis l'émergence d'intenses contradictions au sein du monde arabe, et les affrontements internes en Syrie ont fourni une excuse à l'Occident pour s'immiscer.

La crise actuelle en Syrie n'a pas simplement pour objet la protection des Droits de l'homme ainsi que le prétendent les Occidentaux. Ils veulent renverser le gouvernement actuel et le remplacer par un autre qui soit pro-occidental. La Syrie est considérée comme un problème pour la stratégie moyen-orientale de l'Occident du fait de ses liens étroits avec l'Iran et le Liban, tous deux hostiles aux États-Unis.

Afin de jouer un rôle au Proche-Orient, la Ligue arabe est prête à soutenir la stratégie occidentale dans la région. À n'en pas douter, après avoir résolu le problème syrien d'une façon non pacifique, la cible suivante serait l'Iran.

Le veto chinois ne signifie pas que Beijing se range aux cotés du gouvernement syrien, ou qu'il est aveugle aux affrontements sanglants, mais qu'il ne veut pas que la Syrie suive le même chemin désastreux que la Libye, qui a abouti à une situation de guerre civile généralisée.

En tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, la Chine a la responsabilité et l'obligation de défendre la Charte des Nations unies, source du droit et code de conduite international, et donc doit rejeter toute résolution qui viole cette charte et ses principes.

Si la Chine se rend compte qu'une résolution est à même de menacer la souveraineté d'un État et va à l'encontre de la justice et qu'elle ne fait rien, il s'agirait là d'une faute grave.

La réponse furieuse de l'Occident aux vetos russe et chinois montre que ceux-ci ont dévoilé le véritable objectif des Occidentaux — essayer de dominer le Moyen-Orient et monopoliser l'Organisation des Nations unies — qu'ils avaient pris soin de masquer derrière leurs nobles revendications de défense des droits de l'homme en Syrie.

Le monde a été témoin de trop d'invasions d'États souverains et de trop de meurtres de civils innocents au nom de l'ingérence humanitaire. Les interventions militaires depuis la fin de la Guerre froide montrent que l'Occident, pendant qu'il brandit l'étendard de la protection des droits de l'homme, ne fait en réalité que rechercher ses propres intérêts stratégiques globaux et régionaux.

Que cela soit les pays envahis après les attaques terroristes du 11 septembre 2001, ou encore certains pays musulmans qui ont subi des «révolutions colorées» l'an passé, le fait est que, à l'inverse de la protection des droits de l'homme, ces invasions et ces «révolutions» ont entraîné la détérioration de la stabilité intérieure et de la situation humanitaire.

L'expérience montre que, depuis la Guerre froide, quelles que puissent être les divergences qui existent entre eux, les pays occidentaux se serreront les coudes quand ils sont en conflit avec un pays non occidental. Même à l'ère de la globalisation, il existe toujours une ligne de démarcation claire entre l'Occident et le reste du monde.

Pour des raisons à la fois historiques et pratiques, l'équilibre du pouvoir entre l'Ouest, particulièrement les États-Unis, et le monde non occidental, est inégal. De la même façon qu'un pouvoir absolu sans surveillance ou restriction a pour conséquence la corruption au sein d'un État, un pouvoir sans contrepoids dans la communauté internationale deviendra lui aussi impérieux et sans pitié, devenant de ce fait une menace pour la stabilité du monde entier.

Après la Guerre froide, les États-Unis ont réussi à « avoir une emprise ferme sur l'ONU pour opprimer la communauté internationale » pendant que les pays petits ou moyens n'osaient pas exprimer leur mécontentement.

La réaction hystérique des États-Unis au veto chinois montre qu'ils n'ont pas compris l'évolution de la Chine. À un moment où la politique de la canonnière est remise au goût du jour, une approche modeste et auto-disciplinée de la diplomatie semble peut-être un peu démodée.

Si la Chine et les États-Unis peuvent coexister pacifiquement, il s'agirait d'un accomplissement sans précédent. Mais l'histoire des relations sino-étasuniennes montre qu'une telle coopération ne peut être atteinte par le compromis ou la simple requête, et qu'il ne faut espérer aucune relation gagnant-gagnant par le simple truchement de nos bonnes volontés. La lutte sans rupture des relations ne doit pas être la base de l'attitude chinoise envers les États-Unis, car seulement quand nous serons prêts à payer le prix de la rupture, alors nous serons à même de lutter sans nous déchirer.

Quelle que soit la difficulté de la situation à l'extérieur, la Chine ne va pas arrêter son développement. Pas avant que les diplomates ne cessent de faire appel à notre bon cœur. Ni tant qu'il sera facile de fouler aux pieds les sentiments de 1,3 milliard de Chinois, et pas avant que la Chine ne soit en capacité de défendre la Charte et les normes des Nations unies ainsi que la paix et la justice dans le monde par des actes et non plus des mots.

En tant que membre permanent du Conseil de Sécurité, la Chine se doit d'assumer la grande responsabilité de préserver la paix mondiale. Afin de préserver l'unité, la Chine a été contrainte à faire usage de son veto.

Parce qu'elle est membre de la communauté internationale, la Chine est consciente qu'elle ne peut réaliser ses propres intérêts sans coopération avec le monde extérieur. Mais la Chine sera également attentive à ces pays occidentaux qui vont trop loin. Ayant par le passé été envahie par les puissances occidentale, la Chine comprend la souffrance qui en résulte. Ainsi la Chine qui s'éveille ne reproduira pas les mêmes erreurs, parce que le peuple chinois croit que ce que vous ne vous voulez pas que l'on vous fasse, il ne faut pas le faire subir aux autres.

(Réseau Voltaire)

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21:18 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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