20/10/2011

LE PROJET AMERICAIN DE GRAND MOYEN-ORIENT BAT DE L'AILE

From: Hess Madeleine




Sent: Wednesday, October 19, 2011 9:07 PM

 

Subject: LE PROJET AMERICIAN DE GRAND MOYEN-ORIENT BAT DE
L'AILE


LE PLAN AMÉRICAIN DE « GRAND MOYEN-ORIENT » BAT DE L’AILE

 
La Nouvelle République : Un bref regard sur les cas égyptien et 

tunisien.

En Tunisie et en Égypte, l’armée aux ordres des
États-uniens a délogé les deux tyrans bien connus et pris le pouvoir
directement, ce que certains continuent d’appeler la plus grande «révolution»
de tous les temps
. Révolution que vous appelez duperie, d’ailleurs.
D’une part, pourquoi, et d’autre part, cela signifierait-il qu’elles
ont été télécommandées par les États-Unis ? Si oui, à quels desseins ?


Robert Bibeau : Il faut toujours adopter un point de
vue évolutif et dialectique lorsqu’on analyse un événement historique. Par
exemple, le soulèvement égyptien, pas plus que le soulèvement tunisien, n’ont
été le fait d’agents secrets qui auraient voulu renverser l’ordre établi au
sein de ces deux dictatures. Des dictateurs se créent de nombreux ennemis, à
commencer par leur propre peuple qu’ils pressurent et martyrisent, et de ce
fait, les dictateurs s’entourent de moyens de répression important, ce qui les
fait d’autant plus détestés de leurs commettants. Puis un jour, face à autant
d’injustice que leur politique dictatoriale engendre, une étincelle jaillit et
met le feu à toute la plaine. Le processus de soulèvement populaire est
toujours aussi mystérieux et imprévisible. Il a eu lieu, ce processus, dans
les deux cas qui nous préoccupent. Mais, dès que ce soulèvement a lieu, vous
avez aussitôt des milliers, sinon des millions de gens qui embarquent dans le
train de la Révolte qui n’est pas encore une Révolution. Rassembler
des millions de révoltés pacifiques qui crient à tue-tête sur des centaines de
places publiques entre Tunis  et Le Caire ne crée pas un
mouvement révolutionnaire.
Surtout si parmi ces insurgés, ce qui est
inévitable, se dissimulent des milliers d’agents secrets et de
mercenaires à la solde du pouvoir
en place. On ne peut parler de
soulèvement révolutionnaire que si les insurgés remettent en question le
pouvoir d’État et tentent de s’emparer de tout le pouvoir d’État pour fonder
un nouvel ordre social
. Si les insurgés demandent que le dictateur soit
limogé et qu’on leur offre qu’une junte militaire qui les oppriment prennent
les rênes du pouvoir et dirigent la nation comme du temps de Moubarak, mais
sans Moubarak, alors vous avez changé votre bonnet blanc pour un blanc
bonnet, ce n’est pas une révolution.

Robert Bibeau :
C’est au cours du mouvement populaire lui-même que Mme Hillary Clinton,
secrétaire d’État des États-Unis, ayant bien pris soin de vérifier auprès de
ses ambassades au Caire et à Tunis que la situation avait été reprise en main
par les armées égyptienne et tunisienne
, a soudainement proclamé que le
«Printemps arabe» visait à obtenir des élections dites «démocratiques»,
entendez par là des élections organisées par les riches et les
potentats locaux pour faire élire avec beaucoup de moyens financiers un
représentant de la classe dominante
. Bref, la révolte arabe
se résumait, selon elle, à une lutte pour l’obtention d’un
coupon de vote avec la mise en concurrence de centaines de partis marginaux,
dont aucun n’a de chances de l’emporter, mais qui auront l’immense privilège
de pouvoir s’afficher et placarder dans les rues pendant la mascarade
électorale. Un ou deux de leurs leaders se retrouveront députés grassement
payés. Seul, le candidat des riches avec ses moyens énormes et le
soutien des médias bourgeois aura une chance de l’emporter dans ce type
d’élections bien connu aux États-Unis, où il y a des élections quasi
permanentes et une misère totalement  permanente.


Jamais le jeune qui s’est immolé en Tunisie, jamais les
manifestants enragés au Caire ou à Alexandrie n’avaient lancé ce
slogan pour des élections, sauf quelques partis petits bourgeois dont c’est la
spécialité, se vendre à la grande bourgeoisie nationale pour servir de
courroie électorale de transmission entre le pouvoir pseudo démocratique et le
peuple floué encore une fois.
Les révoltés réclamaient des
emplois, une baisse des prix des denrées de base, de l’eau, des services
sanitaires et éducatifs, des logements, la fin du couvre-feu , de l’état
d’urgence et des lois spéciales de répression, l’abaissement des taxes et de
la vie chère, un meilleur pouvoir d’achat.
Qu’ont-ils obtenu après
avoir démantelé leurs barricades place Tahrir ? Rien, absolument
aucune de leurs revendications n’a été satisfaite,
mais les médias
bourgeois à la solde ont répandu la rumeurs que la «Révolution» était
victorieuse et que l’Égypte après Moubarak et la Tunisie après Ben Ali ne
seraient plus jamais pareilles, qu’ils deviendraient des pays de
bonheur où couleraient pour toujours le lait et le miel avec le droit
«démocratique» de choisir son dictateur.


Rien n’avait été accompli pour le peuple tunisien et pour le peuple égyptien, rien des demandes et des exigences du 

peuple, des insoumis, des insurgés floués par les médias
bourgeois
, la presse
internationale, Hillary Clinton et toute la coterie des petits bourgeois
occidentaux qui, ces temps-ci, invitent toutes sortes de soi-disant
représentants des révoltés venir chanter les louanges de la
«révolution» arabe qui n’a rien donné.
Les puissances impérialistes
occidentales n’ont pas organisé les révoltes de Tunisie ou d’Égypte, mais
elles les ont récupérées
, et pour ce faire, elles ont laissé tomber leurs
thuriféraires Ben Ali et Moubarak. Mais attention, la révolte arabe n’est pas
terminée dans ces deux pays, et actuellement, le soulèvement se poursuit, les
jeunes ont attaqués l’ambassade israélienne au Caire. En ce moment,
les jeunes, les vrais révoltés pas les Twitters et les Internautes à papa, se
font tuer et arrêter, bastonner et emprisonner en Égypte et en Tunisie pour
défendre leurs vraies revendications et personne n’en parle à la télévision
occidentale.
Pourquoi
? style="FONT-FAMILY: fagonomedium">

La NR/
Passons à la
Libye
, si vous le
permettez. Dans l’un de vos articles, vous disiez que Kadhafi était un
«collaborateur compradore des puissances impérialistes venus piller les
ressources et le peuple de Libye. Une mésentente survint entre lui et les
maîtres du pillage, et entre les pilleurs eux-mêmes (l’Italie en déclin dans
son ancienne colonie et la France avide d’étendre sa zone d’influence et de
spoliation en Afrique du Nord)». Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste
cette mésentente et pourquoi ?


Robert Bibeau  : D’abord, disons que le soi-disant
«soulèvement populaire» en Libye n’a rien d’un soulèvement populaire.

Depuis quand un soulèvement spontané et populaire d’une population civile
ordinaire aligne-t-il des canons anti-blindés et des armes
anti-aériennes dès les premières secondes de combat ?
Vous avez un
canon mitrailleur vous dans votre garage ? En Libye, ce sont les tribus de
Cyrénaïque que des forces étrangères ont motivées à se soulever,
qu’elles ont armées, infiltrées et soutenues par des mercenaires
professionnels payés par les services secrets français notamment, puis par des
Jihadistes extradés d’Afghanistan et du Soudan qui ont lancé le mouvement
insurrectionnel, auquel se sont joints des bandits de grand chemin, des bandes
criminelles et probablement des gens ordinaires emportés par le
mouvement.
En Libye, c’est clairement une intervention étrangère
dirigée par la France qui au début croyait qu’elle viendrait à bout du
gouvernement Kadhafi très rapidement (trois jours, disait Sarkozy) avec l’aide
des mercenaires, des bandits, des jihadistes et des transfuges de l’armée
nationale libyenne.

Depuis que la France a perdu le contrôle
du «département d’outre-mer» algérien - rappelez-vous que c’est ainsi que les
impérialistes français identifiaient la terre arabe et berbère d’Algérie - ce
pays n’a plus de source «nationale» de pétrole. L’Italie, qui a toujours
considéré la Libye comme sa néo-colonie, partageait le contrôle de la Libye
avec la Grande-Bretagne, puissance de tutelle de l’Égypte et avec les
États-Unis. Sarkozy, voyant le piètre état du gouvernement Berlusconi,
empêtré dans ses scandales érotiques et une économie en faillite, a jugé le
moment favorable pour ravir la tutelle de la Libye à son ami et concurrent. Il
a demandé l’aide du Royaume-Uni afin de s’assurer que les mercenaires et
autres renégats pourraient infiltrer la Libye en passant par l’Égypte

notamment. Sarkozy a poussé l’ignominie jusqu'à exiger, via l’OTAN, que
l’Italie, qu’il s’apprêtait à dépouiller de sa néo-colonie, contribue et
participe à l’agression
en offrant ses bases navales et aériennes à sa
coalition de criminels de guerre à laquelle s’est joint le Canada dès le début
des opérations. Sarkozy a rapidement compris que l’Algérie n’était pas
favorable à cette agression militaire et qu’elle n’aiderait en rien au coup
fourré, c’est pourquoi il l’a menacée et il s’est tourné vers l’Égypte
collaboratrice et pas du tout révolutionnaire.

On connaît la suite :
la capture de la «faible» Libye ne s’est pas faite du tout selon les plans
prévus
. La résistance du peuple libyen a été bien supérieure à tout ce que
les services secrets français avaient prédit, et Sarkozy a dû se résoudre à
appeler l’OTAN et surtout le porte-avion Abraham Lincoln et les avions
américains à la rescousse afin de sauver la mise.
Le porte-avion qui
était en mer d’Oman a dû être rapatrié en vitesse pour prêter main-forte
aux  attaquants. La suite, c’est que Sarkozy et Cameron sont
allés parader en toute hâte, comme des voleurs, dans Tripoli ravagée. La
résistance n’est absolument pas vaincue ou éteinte et la France est enferrée
dans une rasque (bourbier) dont elle n’est pas près de se dégager. Que
Kadhafi ait été un méchant personnage ou un collaborateur récalcitrant des
puissances impérialistes n’a rien à voir dans cette agression.
Qu’on
le veuille ou non, Kadhafi était le dirigeant légal de la Libye, et son
remplacement ou sa succession était exclusivement l’affaire interne du peuple
libyen.  Les comploteurs étrangers manipulant l’ONU et lui
faisant renier sa propre charte n’étaient aucunement justifiés d’organiser le
bombardement et l’invasion de ce pays souverain.


La NR/ D’après-vous, quels sont les objectifs géopolitiques et
géostratégiques de cette guerre néo-coloniale en Libye ?


Robert Bibeau : Voilà une question des plus intéressantes. Les
agents petits-bourgeois infiltrés dans le mouvement de gauche, adorent les
conspirations. Ils lisent les communiqués et les messages secrets des
ambassades américaines à travers le monde et y trouvent confirmation à tous
leurs fantasmes. Cela leur permet de jouer les grands analystes
géostratégiques. Tous ces petits-bourgeois ne font pas confiance à leurs sens
et à la lecture de la réalité pour analyser le monde. Leurs seules grilles
d’analyse géopolitique mondiale, ce sont les communiqués émis par le
Pentagone. Nous y reviendrons lors de votre prochaine question.


Robert Bibeau : Pour l’instant, revenons à la Libye. Les
puissances impérialistes sont à la fois en collusion, en partenariat,
pour agresser et dépouiller les pays du monde, les néo-colonies d’Asie,
d’Amérique latine, d’Afrique bien évidemment et même des ex-pays de l’Est,
mais elles sont également en concurrence, ces puissances, afin d’accaparer le
plus de richesses possibles pour le bénéfice de leur grande bourgeoisie
nationale et transnationale.
Pendant ce temps, l’autre loup, leur
concurrent, rôde aux alentours, espérant faire main basse sur ces ressources
et sur ces marchés quand les hyènes américaines et ouest- européennes se
seront épuisées à tenter de se repartager les ressources de ces peuples qui
résistent.

La NR/  La Libye faisait partie du
lot que Washington avait mis sur la sellette des pays à «contrôler», comme
l’avait révélé le général US Wesley Clark en mars 2007. Quelle serait
la place de la France et de la Grande-Bretagne dans ce nouvel échiquier; alors
qu’a priori, Sarkozy tente de mener le bal ? Les États-Unis se
laisseraient-ils prendre de vitesse ?

Robert Bibeau : Par cette
question, j’ai peur que vous ne fassiez frémir de plaisir tous les
 analystes politiques de haut vol. Noam Chomsky et ses amis
adorent ce type de question. Voyez-vous, Washington, le Pentagone s’évertuent
à manigancer, à comploter, à élaborer des plans d’agression, des plans de
reconfiguration du Grand Moyen-Orient. Et vous noterez que très régulièrement
ces plans ultra-secrets sont largement diffusés dans la presse à scandale
entre les confessions de Jacqueline Kennedy, la conspiration du 11 septembre,
l’assassinat de JF Kennedy,  la mort de Lady Di et la
résurrection d’Elvis Presley.

Je n’ai que faire de ces plans secrets
de contrôle de tel pays et de telle zone géostratégique. Je répète que
les puissances impérialistes regroupées dans l’OTAN sont à la fois en
collusion et en rivalité pour spolier les ressources naturelles, les
ressources énergétiques, la plus- value et les marchés de par le
monde.
Les États-Unis, première puissance économique et militaire du
monde depuis quelques dizaines d’années, sont aujourd’hui en très grande
difficulté financière et ne sont déjà plus la première puissance industrielle
du monde. Leurs alliés ouest-européens se débattent avec les crises grecque,
espagnole, portugaise, irlandaise, italienne, et tous ces gens sont dépendants
de l’achat de leurs bons du trésor national par leur concurrent et terrible
ennemi chinois. C’est dans ce contexte économique (l’économie servant d’assise
à la puissance militaire) que vous devez analyser les événements politiques et
militaires dans le monde. Je n’ai aucunement besoin de lire les rapports
secrets du Pentagone pour voir que les États-Unis d’Amérique ont été mis en
échec partout dans le monde
.

Robert Bibeau : En 2006, leur
misérable troufion sioniste s’est fait battre par le Hezbollah arabe dans le
Sud Liban, l’Irak n’explose pas actuellement simplement parce que l’Iran
maintient le couvercle sur la marmite et contrôle effectivement l’Irak, le
Pakistan se réaligne en direction de la Chine suite à l’assassinat extra
judiciaire de Ben Laden dans une datcha pakistanaise, les américains ont perdu
un de leurs alliés fidèles, la Turquie ne cherche même plus à joindre l’Union
Européenne et ne décolère pas contre Israël depuis l’attaque du bateau turque
pour libérer Gaza, les dernières troupes américaines seront bientôt expulsées
d’Afghanistan. Personne ne parvient à contrôler la Somalie ni le Yémen, la
Syrie sortira grandie de cette agression étrangère sur son sol, en Égypte et
en Tunisie, les vraies révoltes sont en marche, au point que le troufion
israélien songe à réoccuper le Sinaï pour éloigner sa frontière des menaces
des révoltés égyptiens en colère. En Libye, rien n’est terminé et la France
s’installe dans un bourbier qu’elle va regretter. L’Iran poursuit sa politique
indépendante soutenue par la Chine et la Russie. L’Algérie et le Maroc se
tiennent aussi loin qu’ils le peuvent de toutes ces agitations par peur des
contagions qui ne manqueront pas de survenir.

Robert Bibeau :
Monsieur, soyons sérieux, où il est le Grand Moyen-Orient réaménagé par les
plans secrets de George W. Bush et son digne successeur Barak Obama

?

La NR/ En Libye, nous assistons aux crimes de guerre de
l’Otan. Pourquoi les Nations unies, et tous ceux qui ont voté la résolution
1973, ne réagissent-ils pas au détournement de ladite résolution de son «but»
initial? Sommes-nous en train d’assister à une légalisation du crime d’État ?


Robert Bibeau : Le problème n’est pas le «détournement» de la
soi-disant Résolution inique. Vous avez totalement raison, la résolution de
l’ONU était totalement illégale en vertu de la charte onusienne et illégitime
en vertu de la situation sur le terrain libyen, un pays qui subissait une
agression menée par des para-militaires étrangers et des royalistes nationaux
totalement discrédités. Certains pays qui ont laissé passer cette résolution
inique, je songe à la Chine et à la Russie, le regrettent, et c’est ce qui me
fait penser qu’ils ne laisseront jamais passer semblable résolution
frauduleuse à propos de la Syrie. Mais à plus long terme, ce qu’il faut bien
comprendre, c’est que les organisations internationales comme l’ONU ne sont
pas des organisations libres et indépendantes. Ce sont des organismes
d’accréditation des activités de subversion internationales des puissances
impérialistes qui les manipulent et leur font sanctionner tous leurs méfaits ;
c’était ainsi dans le passé et il en sera de même dans l’avenir. La crise
libyenne n’a pas été un tournant dans ces pratiques néo-coloniales à
l’ONU, l’instrument diplomatique des États-Unis.


La NR/ Certains pensent que l’un des objectifs de
cette guerre serait «de s’assurer le contrôle de la région et protéger
Tel-Aviv, notamment contre les pays hostiles à Israël dont les trois
principaux sont l’Iran, la Syrie et la Libye. » D’après-vous, Israël aurait-il
une implication dans ces «révoltes» ?

Robert Bibeau : Israël
n’est qu’une des puissances impérialistes qui s’activent en terre arabe.
L’ensemble de la politique impérialiste ouest-européenne et états-unienne
n’est pas déterminée par et pour Israël, contrairement à ce que laissent
entendre les courants conspirationnistes et les lobbyistes israéliens. Quand
tout allait bien pour les puissances impérialistes occidentales, quand elles
dominaient le monde en collaboration avec le social-impérialisme (???)
soviétique et maintenant qu’elles le dominent en concurrence avec la Chine,
depuis l’effondrement du bloc révisionniste (???) en 1991, l’État sioniste
(Israël) avait un rôle particulier à jouer dans cette partie du monde. Israël
était la base avancée de l’impérialisme occidental au Levant, la base
militaire états-unienne et l’éperon planté dans le flanc du monde arabe.
Maintenant que tout va mal pour les puissances occidentales au point où on se
questionne aux États-Unis s’ils pourront payer leurs fonctionnaires à chaque
mois d’août de chaque année, au point où elles se demandent à Bruxelles si
elles n’expulseront pas certains pays de l’alliance européenne contre nature,
quand tout va mal au point qu’un groupe paramilitaire comme le Hezbollah a
défait par deux fois la quatrième armée «la plus puissante du monde», au point
où les États-Unis mettent fin à leur programme spatial et au projet de
fabrication de l’avion de chasse F-35 faute d’argent, Israël perd de plus en
plus de son importance stratégique et symbolique
.

Les américains
et les occidentaux peuvent blanchir leur argent mafieux ailleurs qu’en Israël,
vous savez. Quand Israël aura perdu toute importance géostratégique, il ne
vous restera plus à vous peuples arabes à terminer le travail et à retourner
tous ces immigrants ashkénazes là d’où ils viennent en Europe et en Amérique.
Non, la guerre en Libye n’a rien à voir avec la faillite du projet sioniste en
terre palestinienne. Non, Israël et ses quelques kilomètres carrés n’est pas
l’épicentre de la politique universelle intergalactique. Retournez les
«conspirationnistes et les lobbyistes» à leur téléréalité.

La
NR
/ Comment appréhendez-vous l’après-Kadhafi ? Ne va-t-on pas assister à
un nouvel Irak avec notamment une division du pays et une guerre fratricide
entre différentes tribus?

Robert Bibeau : La guerre fratricide
entre différentes tribus libyennes – initiées et impulsées par quelques
puissances occidentales dont la France a déjà eu lieu se poursuit en ce
moment. Mais voyez-vous, quand les tribus dissidentes de Cyrénaïque
réaliseront qu’elles ont servi de chair à canon et de justification pour
saccager leur pays tout entier et que rien des richesses nationales ne leur
est retourné, qu’elles ont troqué un exploiteur italien contre un exploiteur
français et britannique, alors vous verrez le vent tourner définitivement. Je
ne donnerai pas cher de la peau des mercenaires du CNT et des royalistes
détestés (qui ont été renversés il y a des années) à ce moment-là. D’ici
là, comptez les semaines avant que cela se produise. Et les quelques avions
canadiens, français, britanniques et du Qatar renégats ne seront plus d’aucune
utilité
.

La NR/ Vous êtes de ceux qui ont soutenu l’idée
qu’il y aura un État palestinien souverain ? Comment voyez-vous la
réalisation d’un tel objectif, nonobstant l’état actuel de la tragédie
palestinienne ?

Robert Bibeau : Les individus et les
gouvernements qui aiment la Palestine doivent s’opposer farouchement à la
résolution de trahison nationale, pilotée par la bande de traîtres de
l’Autorité palestinienne à l’ONU. Le peuple palestinien ne résiste pas et ne
verse pas son sang depuis soixante-quatre ans (Résolution 181 illégale et
illégitime de l’ONU en 1947) pour récupérer 20% de sa terre nationale sans Al
Qods et sans retour des réfugiés, sans libération des 11 000 prisonniers
politiques, sans démolition du mur de la honte israélien en Cisjordanie, etc.
Cette résolution de trahison nationale ne vise qu’à officialiser avec le
soi-disant accord palestinien l’arnaque perpétrée en 1947 à l’ONU. Un héros de
la résistance arabe disait récemment à Beyrouth, au Liban : «Le peuple
palestinien et les peuples arabes n’ont jamais mandaté quiconque pour renoncer
à 80% de la terre palestinienne et arabe à Al Qods et au droit de retour de
tous les réfugiés palestiniens de la diaspora
.».

Robert
Bibeau
: Le drame palestinien se résoudra un jour, et à la satisfaction du
peuple palestinien. Quand les puissances impérialistes décadentes seront en
bouleversement interne complet avec des révolutions populaires sur les bras,
la crise économique s’approfondissant sous les coups de boutoir de leurs
concurrents de l’alliance de Shanghai (Russie, Iran, Syrie, États de
l’ancienne Union soviétique, possiblement l’Inde) sous la gouverne de la
nouvelle puissance impérialiste chinoise, la destinée d’une bande de paumés
emmurée et encerclée au milieu de plus de quatre cents millions d’Arabes qui
en auront assez de leur arrogance et de leurs crimes contre l’humanité, ces
misérables réchappés national-socialistes-sionistes vomissant leur racisme
sont à la veille de ravaler leur crachat grossier
. Noam Chomsky, qui aime
bien ces sionistes, les a récemment avertis : à vouloir tout prendre de la
terre palestinienne (refus de la résolution Abbas à l’ONU), «vous sionistes
risquez de tout perdre». Comme ces paroles sont prophétiques, monsieur Chomsky
!

La NR/ Quels moyens de lutte, d’après vous, pour atteindre un
tel but, sachant qu’Israël est soutenu par les puissances occidentales alors
que le soutien arabe à cette cause ne se limite qu’à des déclarations, comme
on l’a vu dans la plupart des cas ?

Robert Bibeau : Je viens de
l’expliquer, et Gilad Atzmon (2), jazzman réputé et anti-sioniste conséquent,
l’a bien expliqué dans un texte récent. Le jour où les impérialistes ont cessé
d’appuyer les Afrikaners impérialistes s’en fut fait du pouvoir d’apartheid en
Afrique du Sud. Dans ce cas, l’impérialisme occidental, alors triomphant,
passa le témoin à une bande de collaborateurs fiables, noirs et blancs, sous
la gouverne de l’icône de la lutte anti-apartheid, Nelson Mandela.

Je
ne suis pas assuré que cette fois les impérialistes prendront la peine de
trouver une icône anti-apartheid palestinienne crédible et sereine. Je crois
plutôt que les centaines de milliers d’Israéliens sionistes riches possédant
le double passeport s’enfuiront et abandonneront la chair à canon israélienne,
les ashkénazes pauvres et les sépharades pauvres sur le terrain. J’ai
absolument confiance que le grand peuple palestinien victorieux traitera avec
la plus grande clémence son bourreau d’hier et trouvera avec ceux qui restent
un terrain d’entente juste et équitable, comme il en fut pendant des siècles
sur cette terre de passage avant l’intrusion du sionisme
meurtrier.

La NR/  Pour vous, la première
injustice commise à l’encontre des Palestiniens fut le 29 novembre 1947, avec
le vote de la résolution 181 pour le partage de la Palestine. Résolution que
vous qualifiez d’illégitime. Pourquoi ? Quelle aurait été la procédure à tenir
par la SDN face à la situation ?

Robert Bibeau : La Société de
nations (SDN) ou l’ONU n’avait aucun droit d’intervenir en Palestine sous
mandat britannique. Le territoire de la Palestine, découpage arbitraire conclu
entre la France et la Grande-Bretagne au lendemain de la première guerre
mondiale, avait été fixé unilatéralement par les puissances impérialistes. Une
fois ce découpage réalisé, il appartenait aux peuples résidant sur ces
territoires de décider de leurs sorts respectifs à l’occasion de ce grand
mouvement de décolonisation amorcé suite à la fin de la Seconde guerre
mondiale. Jamais aucun référendum n’a été tenu dans ce territoire sous
protectorat britannique, et vous savez pourquoi
?

Parce que à
l’évidence, la nation palestinienne en cours de constitution sur ce
territoire de la Palestine du mandat Britannique aurait rejeté toute décision
inique, injuste, illégitime et illégale de partage de sa terre ancestrale pour
en céder une parcelle, si petite soit-elle, à une coterie religieuse venue
d’Europe où les occidentaux de diverses origines leur avait fait un bien
mauvais sort. L’ONU n’avait pas à réparer un tort contre une minorité
religieuse persécutée en Europe
en créant un préjudice encore plus grand
contre un peuple qui n’avait rien, absolument rien à voir avec ces
persécutions religieuses. La question juive est une question de persécution
religieuse et en aucun cas une question nationale. Dieu – Yahweh n’est pas un
agent immobilier et il n’a jamais garanti l’usufruit d’une terre ou d’une
propriété à quelque peuple que ce soit. Les radotages de la Thorah n’ont pas à
être considérés par la communauté internationale ou par l’ONU.

La
NR/
Vous êtes l’un des rares analystes qui croient que cette demande
d’adhésion risque de piéger les Palestiniens eux-mêmes, puisque dans ce cas,
ils doivent «renoncer à 80% de la terre de la Palestine de 1947, renoncer à Al
Qods (Jérusalem) et renoncer définitivement au droit de retour sur leur terre
pour les millions de réfugiés de 1948, 1967 et 1973». Vu le rapport de force
actuel, dans quelle mesure cela serait-il réalisable ?

Robert
Bibeau
  L’un des grands problèmes de notre temps agité, excité,
rapide et frustré, c’est l’égocentrisme, l’égoïsme et le narcissisme. Mêmes
les analystes politiques se comportent comme si un événement historique
 (un conflit entre un peuple autochtone et une communauté
religieuse expatriée et exfiltrée) devait se régler du temps de leur vivant.
L’histoire de l’humanité n’est pas soumise aux contraintes de notre
narcissisme petit-bourgeois. L’histoire arabe au Levant date de siècles et de
siècles et le rapport de force actuel entre la quatrième armée du monde
défaite dans tous ses conflits depuis l’an 2000 et le peuple palestinien
emprisonné, massacré et spolié depuis 1947 n’est qu’un court instant dans
l’historicité arabe.

Robert Bibeau : Voyez-vous monsieur, un
jour, les forces mauresques ont occupé l’Espagne chrétienne et cette
occupation a duré 800 ans avant que le dernier calife de Grenade
l’éblouissante ne soit chassé de la terre espagnole qu’il occupait. Qui aurait
dit huit cent ans auparavant qu’un jour Ferdinand d’Aragon et Isabelle de
Castille expulseraient le dernier sultan mauresque de la terre ibérique, puis
que l’Inquisition chasserait ensuite tous les juifs pratiquants de la terre
chrétienne d’Espagne ? La Palestine dans dix, quarante ou cent ans redeviendra
terre des palestiniens car les palestiniens résistent et ne veulent pas
disparaître, et tant que ce peuple ne voudra pas disparaître, il ne
disparaîtra pas.

La NR/  Vous êtes de ceux qui
soutiennent le boycott comme moyen de pression sur Israël. En France,
des activistes de la campagne BDS ont été jugés pour actes antisémites, alors
qu’actuellement, on amorce une nouvelle campagne, celle de l’islamophobie.
N’assiste-t-on pas à la judaïsation de la société française ?


Robert Bibeau : La judaïsation de la société française est un
mythe. Le peuple français est parmi les peuples les plus athées de la terre.
Ils ne sont pas du tout en train de se convertir au judaïsme. De plus, le
peuple français dans sa grande majorité désapprouve les sévices que les
israéliens sionistes font subir aux palestiniens. Mais le peuple français
vit sous la dictature des riches qui lui imposent leur politique de soutien à
leurs amis impérialistes israéliens
avec lesquels ils font du commerce, du
blanchiment d’argent, de la recherche sur les armes de destruction massive,
armes que les israéliens testent ensuite sur le peuple palestinien
(rappelez-vous les bombes au phosphore blanc et les armes à sous munitions
avec résidus d’uranium appauvri lors du massacre de Gaza en 2008-2009) etc.


Robert Bibeau : Quand vous demandez, comme vous le faites, si
je veux faire pression sur Israël, c’est qu’au départ, vous me coincez dans
un dilemme que je refuse absolument. Votre question présuppose que l’État
sioniste – la main sanglante de l’impérialisme au Proche-Orient – est
incontournable
, éternel, imbattable, qu’Israël est là pour rester et
dominer et que donc la résistance palestinienne doit implorer les
thuriféraires des impérialistes américains de céder un peu de terrain, un peu
de droits, que la résistance doit «faire pression» sur la «grande puissance
impérialiste» israélienne pour lui arracher quelques concessions. Tout cela
est faux. C’est une façon de laisser croire, comme le fait Mahmoud Abbas, que
la résistance veut 20% de la terre palestinienne. C’est faux, la vraie
résistance arabe veut 100% de la terre palestinienne pour les
palestiniens
. La puissance impérialiste israélienne doit être
totalement éradiquée du Proche-Orient, détruite dans ses fondements comme
quelque chose de mauvais dont on ne peut récupérer ne serait-ce qu’une
parcelle.

Aucun compromis n’est possible avec cette puissance
impérialiste ; tant qu’elle survivra, elle fera ce pourquoi elle a été
créée, c’est-à-dire occupée, spoliée, tuée, dominée, exploitée
. La
contradiction fondamentale entre le peuple palestinien et le sionisme, qui est
l’idéologie de l’impérialisme israélien, est de nature antagoniste. Ou bien la
nation palestinienne opprimée disparaît ou l’impérialisme et l’État
impérialiste israélien disparaissent. Les deux entités ne peuvent survivre sur
le même sol national palestinien.

Robert Bibeau : Alors, non,
je ne soutiens pas le boycott comme moyen de pression sur Israël, pas
du tout. On ne peut faire «pression» sur un État pour qu’il se fasse hara-kiri
et disparaisse. Je soutiens le boycott strictement comme moyen
d’interpeller et de sensibiliser la population des pays occidentaux
sur
l’agression sioniste contre le peuple palestinien, sur la cause palestinienne,
sur les souffrances et la résistance du peuple palestinien, etc. Le BDS est
une vaste campagne de propagande pour la juste cause palestinienne
.
Voyez-vous, chaque fois que nous tenons une ligne de piquetage pour le Boycott
– BDS, nous devons apporter de l’information, des tracts pour dire aux gens ce
que nous faisons là. Chaque fois que l’on présente une résolution pour qu’une
assemblée syndicale adopte une mesure de rétorsion ou de boycott ou de retrait
des investissements, nous devons expliquer, justifier notre proposition et de
la sorte, nous sensibilisons notre auditoire à cette injustice qu’est
l’accaparement de la terre palestinienne par des religieux hystériques à la
solde d’impérialistes véreux et mafieux, rien de plus.

Le peuple
palestinien ne sera jamais libéré par le boycott et par le BDS. À la fin, s’il
est payant pour les grands et les petits capitalistes d’investir dans l’entité
israélienne, l’intérêt capitaliste prévaudra si bien que vous aurez rapidement
atteint la limite de l’efficacité de ce mouvement BDS.


D’ailleurs, le peuple d’Afrique du Sud n’a pas été libéré par
le boycott, c’est la petite bourgeoisie opportuniste et réformiste qui fait
circuler ce mythe. L’impérialisme international comprenant sa branche
canadienne avec Brian Mulroney, ex-Premier ministre réactionnaire, est arrivé
à la conclusion un certain jour qu’il était préférable de démanteler la
colonie de peuplement traditionnelle du Cap et de donner à la bourgeoisie
noire locale le rôle de jouer, comme dans toutes les autres néo-colonies
d’Afrique, au portefaix de l’impérialisme auprès du prolétariat national sud
africain. La chose a été plus longue et plus pénible en Afrique du Sud
qu’ailleurs en Afrique, à cause de l’importante minorité blanche raciste,
voilà tout.

Robert Bibeau : La contradiction qui persiste au
sein du camp impérialiste en ce moment à propos de la question palestinienne
est celle entre une faction (l’Europe occidentale par exemple) qui pense qu’il
est temps d’accorder un bantoustan au peuple palestinien et de laisser la
bourgeoisie compradore palestinienne (l’Autorité palestinienne sans autorité
et l’OLP) jouer son rôle fantoche d’entremetteur local pour la gestion et
l’exploitation du prolétariat palestinien. L’autre faction plus intransigeante
(sioniste israélien et USA) pense que ce temps n’est pas encore venu et que
d’autres spoliations sont encore possibles, une faction sioniste complètement
hystérique pense même que le génocide total du peuple palestinien est
envisageable et réalisable, ce qui résoudrait définitivement la question
palestinienne, ne pensez-vous pas ? style="FONT-FAMILY: fagonomedium">

Voyez-vous, la plupart des
groupes occidentaux de «soutien au peuple palestinien» voudraient enfermer
leurs adhérents dans ce dilemme : «Quelle faction impérialiste
supportez-vous?» les «conciliants gentils» qui veulent en finir et redonner
«rapidement» 20% de leurs terres aux palestiniens (ceux-là ne comprennent pas
qu’Israël refuse ce deal plus qu’avantageux pour lui), ou la faction
«négociatrice» des supporteurs du peuple palestinien qui envisage une
négociation éventuelle pour rétrocéder quelque chose comme 10 ou 12% des
terres palestiniennes à leurs ayant droits. Les deux groupes sont des suppôts
de la théorie de faire «pression» sur Israël. Je ne fais partie ni de l’une ni
de l’autre de ces factions de «soutien au peuple palestinien». style="FONT-FAMILY: fagonomedium">

J’ai écouté le peuple
palestinien et les peuples arabes, et ce qu’ils veulent, c’est toute la terre
spoliée, tout l’espace colonisé depuis 1947, avant la résolution de l’ONU.
Alors, en bon militant d’une organisation de soutien, j’adhère aux
revendications du peuple que je soutiens
. Je ne me donne pas le droit de
dicter au peuple palestinien ce que doit être sa lutte et ce qui lui revient
de droit ou non, ou s’il devrait s’imposer des restrictions dans ses
revendications. Ils ont droit à toute la terre et ils veulent toute la terre.
Je veux toute la terre palestinienne pour les Palestiniens. Comme les choses
sont simples quand on ne s’évertue pas à les rendre compliquées 
(4).
_______ Robert 

Bibeau Un
expert canadien en politique internationale ayant occupé plusieurs
responsabilités : enseignant en histoire, géographie et économie,
coordonnateur membre de la web-éducation en matière de programme informatique
éducatif avec différents ministères, membre d’une douzaine de jurys nationaux
et internationaux dans le secteur du multimédia, auteur et conférencier
recherché, journaliste QUI PUBLIE SUR une dizaine de magazines Web
 

 

21:18 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Commentaires

Salut et de nombreux de remerciement pour ce magnifique site internet, il est extremement agréable à visiter et les textes sont super instructifs. Je suis tout comme vous entrain de mettre en ligne un site mais pas sur skynet blog car celà est utile de dire ce que l'on pense et de donner sont avis.

Écrit par : Guide Barcelone | 09/01/2012

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