04/08/2011

[alerte_otan] Syrie - Mensonges et manipulations

 
----- Original Message -----
 
Sent: Wednesday, August 03, 2011 9:33 PM
Subject: [alerte_otan] Syrie - Mensonges et manipulations
 
 

«[La source] qui revient et revient, systématiquement, depuis des mois, dans tous les médias, dans tous les communiqués concernant la Syrie, dans tous les quotidiens et sur toutes les chaînes de radio et de télévision. Celle qui est devenue, peu à peu, quasiment la seule source sur les événements qui touchent la Syrie. C’est l’Observatoire syrien des droits de l’homme (l’OSDH). [...] Il ne m’a pas fallu bien longtemps pour découvrir que, derrière cette étiquette aux apparences honorables, comme peuvent l’être des associations telles qu’Amnesty International ou la Ligue des droits de l’homme, se cache une organisation politique, basée à Londres, dont le président, Rami Abdel Ramane, opposant de longue date au régime baathiste, est très connu en Syrie où l’on sait les rapports étroits qu’il entretient avec les Frères musulmans»

Pour confirmer à quel point ce curieux 'Observatoire syrien des droits de l’homme' est la source quasi-exclusive de nos "informations", cf ci-dessous les massacres du jour sur 20minutes.fr & consorts

++++++

Syrie - Mensonges et manipulations (Pierre Piccinin)
Le conseil de sécurité parvient à un accord pour condamner la Syrie (Nouvel Obs, ...)
Rami Abdel Rahmane s’efforce de prouver son existence – et son objectivité (Info Syrie)

++++++

Syrie - Mensonges et manipulations
Pierre Piccinin


Hama - 500.000 manifestants, selon l'AFP [1]
©  photo Pierre PICCININ- HAMA (15 juillet 2011)

Centre de Recherche sur la Mondialisation, 1er août 2011

Durant ce mois de juillet 2011, je me suis rendu en Syrie, dans le but d’y vérifier une hypothèse relative aux origines de la contestation. 

J’ai pu circuler en toute liberté et indépendance dans tout le pays, de Deraa à Damas et de Damas à Alep, en croisant tout le Djebel druze, au sud, en passant par Homs, Hama, Maarat-an-Nouman, Jisr-al-Shugur, en longeant la frontière turque et en inspectant les points de passage vers la Turquie, par lesquels, comme on sait, les réfugiés ont quitté la Syrie, puis de Alep à Deir-ez-Zor, tout à l’est du pays, en traversant le désert syrien suivant plusieurs itinéraires… 

J’ai ainsi pu vérifier que, d’une part, le mouvement issu de la société civile aspirant à la démocratisation du régime s’essouffle et que, d’autre part, il existe d’autres mouvances d’opposition, parfois violentes et dont les objectifs ne sont pas identiques à ceux des démocrates pacifiques.

C’est notamment le cas de la fraction islamiste de la communauté sunnite, organisée autour des Frères musulmans, qui ambitionnent l’instauration d’une république islamique en Syrie, ce qui terrifie les Chrétiens et la plupart des autres minorités, dès lors favorables au statu quo actuel et au parti Baath, garant de la laïcité de l’État.

Mais, outre cette vérification dans le cadre de mes recherches sur le Printemps arabe, j’ai aussi été confronté, de facto, à une constatation qui m’a stupéfait, alors que je m’attendais à trouver un pays en révolution : l’image de la Syrie qui est proposée dans les médias occidentaux, image d’un pays en plein chaos régulièrement ébranlé par des manifestations gigantesques rassemblant plusieurs centaines de milliers de personnes, ne correspond en aucun cas à la réalité observable sur le terrain.

En effet, déjà minoritaire à l’origine, la contestation démocratique des débuts s’est progressivement étiolée, notamment du fait de la répression exercée par le gouvernement, et se limite aujourd’hui à quelques quartiers périphériques des grandes villes, où se rassemblent épisodiquement quelques centaines de personnes seulement, quelques milliers parfois, le plus souvent le vendredi, à la sortie des mosquées, non sans une certaine influence islamiste, très présente dans ces quartiers défavorisés. Ces manifestations n’ont que peu de conséquence sur le régime.

A côté de ce mouvement démocratique, la contestation se traduit aussi dans l’action de bandes armées, principalement à Homs, en une forme de guérilla urbaine, dont il est bien difficile de déterminer l’origine et les objectifs. Ces jeunes, cagoulés et violents, peu nombreux, ne constituent pas non plus une réelle menace pour le gouvernement.

Par contre, une contestation plus ample se poursuit à Hama, fief des Frères musulmans, la seule ville de Syrie, quasiment en état de siège, où ont encore lieu de grandes manifestations.

Hama avait été le centre d’une violente révolte, en 1982, qui avait été écrasée par Hafez al-Assad, le père de l’actuel président, Bashar al-Assad. Le bilan de la répression avait été estimé entre dix et quarante mille morts.

Lorsque la contestation a commencé, en février dernier, les Frères ont relancé leur mouvement à Hama et le régime, craignant une insurrection similaire à celle de 1982, a directement ouvert le feu contre un mouvement qui, cette fois, s’est révélé, à ce stade, non-violent (à Hama du moins).

Les habitants de Hama ont dès lors fortifié les entrées de la ville, dont l’armée s’est aujourd’hui retirée et qu’elle a encerclée de blindés prêts à intervenir en cas de débordement. Le gouvernement, de toute évidence, a choisi d’éviter le bain de sang, par crainte des réactions de la communauté internationale, et, la contestation s’essoufflant partout ailleurs, en dépit de tentatives d'incursion régulières, semble avoir opté pour le pourrissement.


©  photo Pierre PICCININ- HAMA (15 juillet 2011)

Le vendredi 15 juillet, je suis entré dans Hama, sans être arrêté aux barrages routiers. Dans la ville, déserte, c’est le chaos : voitures et autocars calcinés, gravats, rues fermées par des barricades de fortunes, immondices qui ne sont plus enlevés… L’ordre y est maintenu par des groupes de jeunes en moto qui sillonnent les boulevards.

Très vite, j’ai été entouré par ces jeunes, inquiets de me voir prendre des photographies. Quand j’ai montré mon passeport belge, la situation s’est détendue : « Belgîcaa !, Belgîcaa ! » ; seul observateur étranger sur place ce jour-là (le régime refuse l’entrée dans le pays aux journalistes), j’ai été encadré par ces jeunes qui m’ont fait toute une fête ; j’ai pu me déplacer parmi les manifestants, puis accéder à un haut immeuble, d’où j’ai pris une série de clichés d’ensemble.

Sur la place Asidi, au bas de la grande avenue al-Alhamein, la prière terminée, des milliers de personnes sont sorties des mosquées et ont déboulé de tous les quartiers de la ville. Au cri de « Allah akbar ! », elles ont invectivé le régime. « Voulez-vous de Bashar ? » ; « Non ! ». Un long cortège a ensuite fait le tour de la place, déployant un drapeau syrien de plusieurs dizaines de mètres. L’armée n’est pas intervenue ; il n’y a pas eu de violence. J’ai ensuite eu l’occasion de m’entretenir avec ces jeunes, qui m’ont demandé de témoigner de leur mouvement.

Le soir même, rentré dans ma chambre d’hôtel, quelle ne fut pas ma surprise de lire la dépêche de l’AFP, qui annonçait un million de manifestants à travers la Syrie, ce 15 juillet, considéré comme la journée ayant connu la plus forte mobilisation depuis le début de la contestation, dont 500.000 à Hama.

A Hama, ils n’étaient, en réalité, pas 10.000.

Hama et Deir ez-Zor - 1,2 million de manifestants, selon Le Monde [2]

Cette « information » est d’autant plus absurde que la ville de Hama ne compte que 370.000 habitants (environ 500.000 si l'on comptabilise les villages du gouvernorat, tous sous contrôle de l'armée). D’autres dépêches ont suivi, tout aussi absurdes : 450.000, puis 650.000 manifestants à Deir ez-Zor, une ville de 240.000 habitants. Je m’y suis rendu ; la ville est l’une des plus calmes du pays. 

Certes, les chiffres sont toujours différents, d’une source à l’autre ; ils varient parfois très sensiblement ; et les estimations ne sont pas toujours aisées.

Mais, dans ce cas-ci, il ne s’agit plus d’estimations difficiles ou de variantes ; dans ce cas, il s’agit « d’intox », de désinformation, de propagande. 500.000 manifestants peuvent ébranler le régime ; 10.000 n’ont que peu de conséquence.

Et toutes les « informations » qui sont diffusées sur la Syrie depuis des mois sont du même ordre; le nombre des manifestants, la mobilisation en faveur de l'opposition, le détail des victimes de la répression, des morts, tout est exagéré, tout vient du même tonneau.

Comment ces 10.000 manifestants ont-ils pu ainsi miraculeusement se multiplier en 500.000 dans les dépêches de l’AFP ?

La source de l’AFP ?

Celle qui revient et revient, systématiquement, depuis des mois, dans tous les médias, dans tous les communiqués concernant la Syrie, dans tous les quotidiens et sur toutes les chaînes de radio et de télévision. Celle qui est devenue, peu à peu, quasiment la seule source sur les événements qui touchent la Syrie. C’est l’Observatoire syrien des droits de l’homme (l’OSDH).

Je me suis immédiatement intéressé à cet OSDH. Il ne m’a pas fallu bien longtemps pour découvrir que, derrière cette étiquette aux apparences honorables, comme peuvent l’être des associations telles qu’Amnesty International ou la Ligue des droits de l’homme, se cache une organisation politique, basée à Londres, dont le président, Rami Abdel Ramane, opposant de longue date au régime baathiste, est très connu en Syrie où l’on sait les rapports étroits qu’il entretient avec les Frères musulmans, dont il serait lui-même membre.

C’est cette même organisation, l’OSDH, qui multiplie les vidéos sur Youtube, montrant, soi-disant, des « dizaines de milliers de manifestants », dans toutes les grandes ville de Syrie, alors que, si l’on examine ces vidéos, on ne peut compter que quelques dizaines de personnes, filmées en plans rapprochés, qui, certes, donnent une impression de masse, mais ne trompent pas l’œil un tant soit peu critique. 

Ainsi, depuis plusieurs mois, c’est une « réalité imaginaire » que les médias diffusent à propos de la Syrie, une réalité revue et corrigée par une source unique sur laquelle personne, semble-t-il, n’a jugé utile de s’interroger.

Cette image d’une Syrie en pleine révolution et d’un parti Baath au bord du gouffre ne correspond en aucun cas à la réalité du terrain, où le pouvoir contrôle la situation et où la contestation s’est considérablement réduite.

Mais, au-delà de cette désinformation relative au cas syrien, il y a plus grave : de manière générale, les leçons de Timisoara, de la Guerre du Golfe ou des événements de Yougoslavie n’ont toujours pas porté. Et les médias, même les plus fiables, continuent de se laisser prendre au piège des dépêches hâtives, sans prendre davantage le temps d’en vérifier ni le contenu, ni l’origine, au risque de servir à leurs lecteurs une « réalité virtuelle », de leur construire un monde de conte de fées...

[1] Syrie : un million de manifestants contre le régime, 28 morts (Agence France-Presse, 15 juillet 2011).

[2] Syrie : 1,2 million de manifestants à Hama et Deir Ezzor, Le Monde, 22 juillet 2011.

Lien(s) utile(s) : Centre de Recherche sur la Mondialisation.

 +++++++

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110803.O...

Nouvel Obs, 3/08/2011, 17:30

[...] Des centaines de chars de l'armée syrienne entouraient mercredi plusieurs villes du pays touchées par la contestation. "Il y a une centaine de chars et transports de troupes sur la route qui conduit au centre de Hama (centre) et environ deux cents près de Deir Ezzor (est)", a déclaré à l'AFP Rami Abdel Rahmane, président de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG installée en Grande-Bretagne.

Il a précisé que toutes les communications téléphoniques et l'internet avaient été coupés dans Hama et sa région, où l'armée a lancé une vaste offensive dimanche, tuant une centaine de manifestants. Plusieurs quartiers de cette ville rebelle, située à 210 km au nord de Damas, étaient la cible de bombardements. "D'après ce qu'on entend, c'est une véritable guerre", a dit un militant sous couvert de l'anonymat.[...]

http://www.20minutes.fr/article/765572/syrie-conseil-secu...
20minutes.fr 03/08/2011 à 06h43

Le Conseil de sécurité de l'ONU a échoué mardi pour le deuxième jour consécutif à s'accorder sur une position commune sur la répression en Syrie, qui a fait au moins trois nouvelles victimes dans la journée, après plus de 160 morts depuis dimanche.

Des diplomates ont indiqué que des progrès avaient été effectués mardi au Conseil, mais que des divisions persistaient entre ses 15 membres. Les diplomates doivent consulter leurs capitales respectives et reprendre les discussions mercredi. Evoquant les violences meurtrières, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon a estimé que le président Bachar al-Assad avait «perdu toute humanité». [et Ban Ki-Moon n'a plus de lucidité ou d'honnêteté à perdre]

Mardi à Hama (centre), deux frères ont été tués par une roquette tirée sur leur voiture et un autre civil est mort après avoir été visé par un tireur embusqué, a affirmé le président de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, Rami Abdel Rahmane. L'armée et les forces de sécurité ont lancé dimanche une vaste offensive dans cette ville rebelle à 210 km au nord de Damas, tuant cent personnes dimanche et quatre lundi.

[...] Lundi, au moins 25 personnes avaient été tuées dans tout le pays, dont 10 après la prière des Tarawih, selon un nouveau bilan communiqué par Rami Abdel Rahmane. Les autorités redoutent cette prière du soir pendant le ramadan, qui multiplie les occasions de rassemblements. Face à cette répression sanglante, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est de nouveau réuni mardi, au lendemain d'une première réunion qui s'était achevée sans résultat concret.

[...]Depuis le début de la contestation le 15 mars, plus de 1.600 civils ont été tués, selon l'OSDH. Près de 3.000 personnes sont portées disparues et quelque 12.000 ont été emprisonnées en quatre mois et demi de révolte, d'après les ONG. Malgré la répression, les militants ont affirmé sur leur page Facebook [tient donc] leur volonté de manifester «tous les soirs après les (prières du) Tarawih, pour riposter» au régime.

Mardi soir, des manifestations ont ainsi eu lieu à Homs (centre) et dans plusieurs villages aux alentours, en dépit d'un «déploiement massif de chars» sur la route entre Homs et la localité voisine de Ruston. Il y a eu aussi des rassemblements sur la côte méditerranéenne, à Lattaquié et dans la région de Banias, selon Rami Abdel Rahmane.

++++++

Rami Abdel Rahmane s’efforce de prouver son existence – et son objectivité

Par Guy Delorme,

__._,_.___
Activités récentes:
    Pour vous désabonner de cette liste de diffusion, envoyez un email à :
    alerte_otan-unsubscribe@yahoogroupes.fr

    Pour retrouver les messages précédemment envoyés : http://fr.groups.yahoo.com/group/alerte_otan/messages

    Cette liste est gérée par des membres du Comité de Surveillance OTAN. Les opinions éventuellement exprimées n'engagent que les auteurs des messages, et non le CSO.

    .

    __,_._,___

    15:54 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

    Les commentaires sont fermés.