30/04/2011

2011: L'histoire du 1er mai et de l' Internationale

Cliquer pour voir mes dossiers et actualités au quotidien:

http://histoire.skynetblogs.be

http://courcelles.skynetblogs.be

1er MAI : toute son histoire

Le XIXe siècle voit la naissance de la classe ouvrière. La prolétarisation du travail se développe au fur et à mesure que le machinisme industriel vient remplacer les anciennes formes de production. Les employeurs sont les maîtres absolus des entreprises et les conditions de travail sont misérables. Les journées de travail comportent souvent 15 à 16 heures par jour sans repos hebdomadaire et encore moins annuel. Des enfants de 6 ans travaillent souvent dans les usines et les mines, des femmes sont employées au fond de la mine et à des travaux pénibles et insalubres. Les ouvriers n'ont pas le droit de s'organiser.

Le "droit de coalition" est seulement reconnu en 1824 en Grande-Bretagne, en 1864 en France (mais il faudra attendre 1884 pour le syndicalisme), en 1869 en Allemagne. Dans la seconde moitié du XIXe siècle et jusqu'à la première guerre mondiale, la population industrielle continue de croître constamment. Entre 1895 et 1914, le nombre d'ouvriers passe de 5 à 7 millions aux États-Unis, de 8 à 12.500.000 en Grande-Bretagne, de 3 à 4.500.000 en Russie. En France, la population ouvrière était en 1866 de 5.575.000 hommes et 3.385.000 femmes.

La révolte des "Canuts":

Le 21 novembre 1831 a lieu la première révolte des "Canuts" de Lyon qui occupent la ville au cri de "Vivre libre en travaillant ou mourir en combattant !". La monarchie française envoie 20.000 hommes de troupe et 150 canons pour réprimer "l'émeute". C'est à cette époque que le ministre français Casimir Périer déclarait: "Il faut que les ouvriers sachent bien qu'il n'y a pas de remède pour eux que la patience et la résignation !".

Le 14 février 1834, nouvelle insurrection des "Canuts". Ils occupent les hauteurs de Lyon et feront face pendant 6 jours à 12.000 soldats.

Le manifeste de Marx et Engels:

En 1840 d'importantes grèves corporatives se déroulent en France. Le 22 février 1848, manifestation monstre à Paris et chute de la monarchie. Mise en place d'un gouvernement provisoire avec des démocrates et quelques socialistes. Le 23 juin 1848, insurrection des quartiers populaires de la capitale contre une seconde République dominée par la bourgeoisie. La répression sera terrible : des dizaines de milliers de travailleurs hommes, femmes, enfants, vieillards, massacrés, 25.000 arrestations, 15.000 déportés et emprisonnés.

Mais, 1848, c'est aussi l'année de la publication du "Manifeste communiste" de Karl Marx. En 1864, est créée la Première Internationale Ouvrière et dans les pays industriels, malgré des difficultés énormes, le syndicalisme commence à s'organiser.

La Commune:

Le 19 mars 1871, à la suite de la guerre franco-allemande de 1870, une révolte populaire éclate à Paris. La Commune de Paris est créée. Elle sera écrasée quelques semaines plus tard par l'alliance des bourgeoisies française et allemande avec Thiers et Bismarck. 25.000 travailleurs parisiens seront massacrés par les forces de répression, les cadavres seront brûlés, 38.500 arrestations seront opérées, 13.700 seront condamnés à des peines allant jusqu'à 90 années de prison, 3.000 mourront dans les pontons, la prison, le bagne et l'exil.

Durant les années 1873-1895 les crises continuent à provoquer des grèves violentes. En 1873, en Angleterre et surtout en 1899 à Londres où les dockers arrêtent tout travail. En Allemagne, grèves et manifestations des travailleurs de la Ruhr. En France, où le sang coule à Decazeville en 1886. En 1886 également, en Belgique révoltes populaires et fusillades à Roux et publication du "Catéchisme du Peuple" d'Alfred Defuisseaux, etc...

A partir de 1848, les dirigeants ouvriers axent leurs revendications sur la journée de 8 heures, comprise dans une perspective d'éducation ouvrière : 8 heures de travail, 8 heures de repos, 8 heures d'éducation. En 1886, le Congrès National du Travail, aux États-Unis, marque sa volonté d'obtenir ce résultat.

Le Congrès de CHICAGO (1884):

Une loi de 1868, relative aux seuls travaux dirigés par l' État américain n'est pas appliquée. Aussi, en 1881, la Fédération américaine du Travail (A.F.L.) décide de passer à l'action. Le Congrès de Chicago de 1884 décide qu'à partir du 1er Mai (date du renouvèlement des baux) de l'année 1886, ou bien les patrons accepteront la journée de 8 heures ou bien les ouvriers feront grève...

En 1886, plus de 5.000 grèves eurent lieu (avec un massacre sanglant de travailleurs à Chicago) et si le résultat ne fut pas obtenu partout aux États-Unis, du moins, la percée était-elle faite. C'est l'origine des Manifestations du Ier Mai.

En 1889, le Congrès socialiste international décide que dans tous les pays, représentés, on interrompra le travail le 1er Mai 1890. Première manifestation commune d'unité d'action internationale des travailleurs. En France, celle-ci se déroula dans un calme impressionnant et eut un effet immédiat : suppression du livret ouvrier, limitation à 10 heures de la journée de travail pour les femmes et les adolescentes, loi sur les accidents de travail, projet de loi sur les retraites ouvrières.

La fusillade de FOURMIES:

Le 1er mai 1891, est marquée par la fusillade de Fourmies (Nord). La troupe fait feu sur un cortège pacifique de jeunes gens et de jeunes filles désarmés qui voulaient fêter le 1er Mai. Plus d'une douzaine de morts. De nombreux 1ers Mai seront marqués par des violences contre les travailleurs dans un certain nombre de pays du monde.

En 1919, en France, la journée de 8 heures ayant été accordée par la loi du 23 avril 1919, le 1er Mai est l'objet de manifestations monstres dans le pays. A Paris, les manifestants se heurtent à la police et deux ouvriers sont tués.

Libérer les travailleurs:

Bien que le 1er Mai ait souvent perdu son caractère de grève, dans la mesure où ce jour est devenu un jour férié et payé, les organisations ouvrières ont toujours voulu lui maintenir son caractère de manifestation pour la libération des travailleurs.

Dans les pays socialistes, ce jour donne lieu à de gigantesques manifestations populaires et des parades de l'armée populaire. Toutefois, en Russie, le nouveau tsar Yeltsine, marionnette du capitalisme international et de l'Occident, a transformé officiellement la journée en "Fête du muguet". Ce qui n'empêche évidemment pas les organisations ouvrières et communistes de poursuivre manifestations et mobilisations contre le nouveau régime.

ici, téléchargez l'Internationale


"Il sera organisé une grande manifestation internationale à date fixe, de manière que, dans tous les pays et dans toutes les villes, les travailleurs mettent, le même jour, les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement la journée de travail à huit heures et d' appliquer les autres résolutions du Congrès international de Paris.".

"Attendu qu' une semblable manifestation a déjà été décidée pour le 1er mai 1890 par l' American Federation of Labor, dans son congrès de décembre 1988, tenu à Saint-Louis, cette date est adoptée pour la manifestation internationale".

"Les travailleurs des diverses nations auront à accomplir cette manifestation dans les conditions qui leur sont imposées par la situation spéciale de leur pays.".C' est en ces termes que, dans une résolution adoptée à l' unanimité, le Congrès international ouvrier socialiste, réunissant 391 délégués et représentants de 22 pays, qui se tenait à Paris du 1 au 21 juillet 1889, décida d' organiser les premières manifestations du 1er mai. Parmi toutes les revendications, c' est celle de la journée de huit heures qui allait dynamiser l' idée l' idée du 1er Mai en force matérielle. Ce que l' on a appelé les "Trois Huit" - huit heures de travail, huit heures de loisirs, huit heures de sommeil - était une revendication essentielle du mouvement ouvrier de l' époque. Cette exigence de la réduction du temps de travail est d' ailleurs toujours inscrite parmi les revendications fondamentales des travailleurs qui aujourd'hui, veulent la semaine des 36 heures.

En fait depuis la révolution industrielle, le monde du travail connaît une exploitation éhontée. Des journées de 12, 14 et même 16 heures, voilà ce que la soif de profits des patrons impose toujours comme régime de travail. La situation est telle que dans certaines entreprises, les ouvriers sont obligés de dormir à côte de leurs machines, car ils n'ont même plus le temps de rentrer chez eux. Les femmes connaissent des journées aussi longues et aussi pénibles que leurs compagnons. Les enfants ne sont pas épargnés. Et l' on en voit travailler dans la métallurgie, les verreries, les charbonnages, à cinq ou six ans. Dans un tel contexte, inutile de songer à l'instruction. Et les maladies professionnelles et autres sont monnaie courante.

Pourtant, il n' en a pas toujours été ainsi. Au cours des XIVe et XVe siècles, la durée de travail en vigueur chez les artisans tisserands anglais est de huit heures. Dans l' ensemble, le temps de travail des femmes, et des enfants est insignifiant. Et certains utopistes évoquent les journées de sept, six et même quatre heures de travail. Un diplomate français du XVIIe siècle, Denis Veiras d' Ales, préconisait même dans son roman social "L' histoire de Severambes", de fixer la journée des Trois Huit dans la Constitution.

Mais vint la révolution industrielle, la concentration capitaliste, et la volonté du patronat de pousser les travailleurs à oeuvrer jusqu'à l' extrême limite de leurs forces. Dans ce but de profit maximum, femmes et enfants prirent le chemin des fabriques pour y gagner un salaire de misère.

Une longue bataille:

Très tôt, la bataille est engagée contre les capitalistes pour arracher une réduction du temps de travail. En 1825, les fileurs de Nottingham sont les premiers à déclencher une grève pour les huit heures. En France, la célèbre révolte des canuts de Lyon en 1831 marque la vraie naissance des luttes ouvrières dans ce pays. Et 1832 vit les charpentiers de Pecq prendre l' offensive pour les Trois Huit. Dans le même temps, les industriels anglais se plaignent auprès de leur gouvernement: "Si on nous empêche de faire travailler les enfants de n' importe quel âge dix heures par jour, nous cessons de fabriquer". En 1841, en France, une loi fixe à huit ans l' âge minimum d' entrée au travail...

En cours de route, des objectifs politiques, tels que le suffrage universel par exemple, se mêlent aux revendications économiques, liant étroitement ces deux aspects de l' émancipation ouvrière. Avec des succès importants. Ainsi, les premiers à obtenir la journée des huit heures de travail furent les maçons de Melbourne en Australie. C' était le 21 avril 1856. Il ne suffisait pas de revendiquer pour obtenir. Les grèves, si elles étaient l' arme revendicative par excellence, étaient le plus souvent ensanglantées par la répression des "forces de l'ordre" des classes possédantes.

La résistance individuelle était vouée à l' échelle. Seul le regroupement des travailleurs pour la défense d' un même objectif pouvait apporter des résultats. Ainsi se créent les premières associations de travailleurs. Ainsi voient le jour les premiers syndicats. Ainsi naissent les premiers partis ouvriers. Ainsi se constitue l' Association internationale des travailleurs (1864-1872), éducatrice de la plupart des fondateurs du mouvement socialiste international. Et dont l' une des idées maîtresses était la journée de huit heures de travail.

Pendus pour l' exemple:

"A partir du 1er mai 1886, la journée normale de travail sera fixée à huit heures pour toutes les organisations ouvrières". Dès 1884, cette revendication apparaît dans toute la propagande organisée par les syndicats groupés au sein de la Fédération américaine du travail. Le printemps 1886 fleurit dans une dure période de grèves: plus de 5.000 au total. Arrêts de travail en masse,manifestations imposantes, meetings monstres, dans tout le pays, marquent la volonté des travailleurs américains de voir se matérialiser les "3 X 8".

A Chicago, ils sont 40.000 grévistes. Parce que le personnel a déclenché une grève en février, la direction de l' entreprise agricole Mac Cormick, a décidé le licenciement général. Le 3 mai, les travailleurs manifestent devant l' entreprise qui continue de tourner avec tous les vauriens, briseurs de grève et hommes de main que la direction a pu rassembler. La police est là, armée jusqu' aux dents. Elle tire. Six morts et une cinquantaine de blessés. En signe de protestation, quinze mille travailleurs se rassemblent pacifiquement à Haymarket, la place du Marché au foin. La garde nationale charge sauvagement. Une bombe lancée on ne sait d' où, éclate au milieu des policiers, en tuant sept et en blessant soixante. Les policiers ouvrent le feu, faisant de très nombreuses victimes, parmi les manifestants qui essayent de fuir.

La réaction profit de cet évènement pour faire la chasse "aux meneurs révolutionnaires". Albert Parsons, un militant qui avait échappé aux recherches vient se constituer prisonnier en pleine audience. Afin de "monter aussi, si c' est nécessaire sur l' échafaud, pour les droits du travail, la cause de la liberté, et l' amélioration du sort des opprimés". Des huit militants ouvriers arrêtés, trois auront la vie sauve grâce à la protestation populaire. Leur peine sera commuée en détention perpétuelle. Un autre se suicidera en prison. Les quatre autres -Parsons, Engels, Fischer et Spies- sont pendus le 11 novembre 1887. Spies, au moment de mourir, aura cette phrase terrible et prophétique: "Salut temps où notre silence sera plus puissant que nos voix que l' on étrangle dans la mort". Les "martyrs de Chicago" entraient dans l' Histoire où la classe ouvrière allait faire briller pour toujours leur souvenir, inséparable de ses "1er mai". Six ans plus tard, en 1893, ils seront réhabillités . Les lanceurs de la bombe, ce n' était pas eux...

Internationaliser le 1er mai:

La même année 1886, les ouvriers wallons (Belgique) révoltés contre les misères atroces engendrées par le chômage expérimentent pour la première fois, spontanément, la pratique de la grève générale. Une action noyée dans le sang des fusillés de ROUX, de CARNIERES, de MONCEAU, de SERAING... La même années, le jeune Parti ouvrier belge faisait son entrée sur la scène politique.

Dès cette année 1886, l' idée de reconstituer une internationale ouvrière et d' internationaliser le 1er mai est dans l' air. Ce qui fut chose faite à Paris en 1889. En fait, il y eut deux congrès ouvriers dans la capitale française. L'on retrouvent les marxistes. L' autre constituée par les éléments anti-marxistes, appelés les "possibilistes". Les socialistes belges ne purent se décider quant à savoir à quel congrès il fallait aller. Si bien que le congrès de Jolimont du POB, tenu les 21 et 22 avril 1889, décida, en désespoir de cause, que la délégation belge se partagerait entre les deux assemblées. Notons qu' une majorité (39 voix contre 33 et 18 abstentions) s' était dégagée lors d' un vote pour aller au seul congrès des "possibilistes". De toute façon, les socialistes belges n' eurent pas un comportement des plus perspicaces. César De Paepe et Jean Volders, qui assistaient au congrès "marxiste", s' abstinrent dans le vote des résolutions (celles qui portaient sur les points de l' ordre du jour, c' est - à - dire la manifestation du 1er mai, mais aussi, et entre autres, "l' abolition des armées permanentes et l' armement général du peuple". Non pas, dit Volders qu' ils fussent en désaccord sur le fond, mais parce qu' ils ne voulaient pas les reprendre à leur compte "comme dogmes et sans discussion".

On ne s' étonnera donc pas que les vues qu' ils exprimèrent ensuite sur les congrès de Paris aient été pessimistes. Les socialistes belges, sur le moment, ne comprirent ni la portée politique du congrès auquel ils avaient participé, ni l' importance capitale de la résolution relative au 1er mai. Celle-ci ne fut d' ailleurs même pas reproduite dans les comptes-rendus du "Peuple", qui agissait ainsi exactement comme la presse bourgeoise. Et, le 11 août, Jean Volders cru bon de publier dans le "Peuple" un article affirmant que l' enthousiasme des ouvriers n' était pas de mise et qu' il ne fallait pas encourager leurs "illusions".

Si les dirigeants socialistes belges ne comprirent pas le sens de l' évènement, Frédéric Engels, dans une lettre à Paul Lafargue (texte en exergue), devait le définir en ces termes: "La résolution du 1er mai a été la meilleure qu' ait formulée notre congrès. Elle prouve notre puissance dans le monde entier. Elle ressuscite bien mieux l' Internationale que toutes les tentatives de reconstitution et montre une fois de plus lequel des deux congrès était représentatif". Effectivement, le congrès de Paris, d' où sortit la IIe Internationale, ne fut pas un évènement fortuit. Donner une forme élaborée à leur élan internationaliste, était au centre des préoccupations des organisations ouvrières dans les pays industrialisés. Et cela d' autant plus que se faisait de plus en plus sentir la nécessité de trouver une réponse commune aux problèmes identiques que le développement cahotique du capitalisme posait aux travailleurs des divers pays. En témoignent les sources diverses des propositions. Ainsi, celle de manifester le même jour pour les huit heures vient des syndicats français. En 1888, alors que la Fédération américaine du travail prenait sa décision de manifester dans tout le pays le 1er mai, la Fédération nationale des syndicats de France avait organisé des manifestations pour la journée des Huit heures et envoyé des délégations à la Chambre des Députés. Action très remarquée et chargée dans les conditions du temps, d' une haute significations politiques. La date du 1er mai fut avancée par les Américains. Quant au dernier paragraphe de la résolution, il fut ajouté à la demande des chefs de la social-démocratie allemande qui avaient à tenir compte des lois anti-socialistes en vigueur dans leur pays.

1890, le premier 1er mai:

Même si elle se gausse de ses ouvriers qui veulent manifester le 1er mai 1890 dans le monde entier, la bourgeoisie est inquiète. Ainsi, les patrons allemands créent une ligue de défense prévoyant le renvoi des travailleurs absents des ateliers le 1er mai et l' engagement de chaque patron de ne pas engager un ouvrier licencié par un collègue. Dans le cas où le nombre de grévistes dépasserait les deux tiers, il était prévu que le patron pratiquerait le lock-out, et fermerait son entreprise pendant trois semaines. A Paris, devenu un camp retranché, les banques transfèrent à la Banque de France transformée en citadelle les fonds de caisse. A Rome, les bourgeois les plus riches quittent précipitamment la ville. Ces faits démontrent à suffisance la peur des nantis face à la montée revendicative du monde du travail.

En Belgique, l' extraordinaire animation que la lutte ouvrière a prise depuis 1886 ouvre largement les esprits à l' idée du 1er mai et au mot d' ordre qui y est lié: "Pour les huit heures; contre le chômage". Aussi, malgré leurs réticences, les dirigeants du POB sont rapidement amenés à corriger leurs vues initiales. Le 6 avril 1890, le VIe congrès du parti décide que "tous les groupes ouvriers et fédérations régionales fêteraient le 1er mai en conservant liberté complète quant à l' organisation de cette fête, soit en chômant, soit en manifestant, soit en tenant des meetings".

La journée fut activement préparée. Et les résultats furent à la mesure des efforts consentis. D' après le "Peuple", il y eut le 1er mai 1890 quelque 150.000 chômeurs dans les principales industries du Centre, du Borinage et de Liège. On dénombra environ 30.000 manifestants à Bruxelles, 9 à 10.000 à Gand. De grands cortèges sillonnèrent les rues de Charleroi, Liège, Anvers et de beaucoup d' autres localités. Les mineurs, eux, avaient débrayé en bloc.

Le manifeste déité par le Conseil général du POB était axé entièrement sur les revendications des huit heures. Il se terminait comme suit: "Vous vous trouverez aujourd' hui en masse au rendez-vous que les laborieux de toutes les nations se sont donné, vous y reviendrez encore l' an prochain et, désormais, le 1er mai sera la date qui, dans le calendrier de tous les peuples, indiquera la grande fête du travail".

Dans une vingtaine de pays, les organisations ouvrières avaient appelé à la mobilisation, insistant sur le caractère digne et non violent qu' elles voulaient donner à cette journée. Ainsi, l' appel du jeune Parti ouvrier hongrois se terminait par ces mots: "Avec la journée des huit heures, l' ouvrier cesse d' être un simple instrument de travail pour commencer à devenir un homme. Une pareille raison vaut la lutte".

Dans beaucoup d' endroits, les "forces de l' ordre" s' abstinrent de toute intervention. Il n' y a aucun désordre en Belgique, ni en Suisse, ni à Vienne, où le gouvernement se décide à la dernière minute à autoriser le rassemblement et où un cortège géant de 300.000 personnes traverse le Prater. Il y a des meetings à Lisbonne, à Bucarest, au Mexique, à New York, et même dans l' île de Cuba encore colonie espagnole. A Londres, la manifestation du dimanche 4 mai rassemble 300.000 à 500.000 personnes, ce qui ne s' était jamais vu.

Des heurts violents, il n' y en eut finalement que dans peu d' endroits. Il n' y aura aucun mort pour ce 1er mai dans le monde. A Paris, quadrillé par plus de 30.000 hommes de troupe, les officiers font charger tout l' après-midi les 100.000 manifestants. Multipliant les arrestations de manifestants ou de promeneurs, la police, avec son flair habituel, embarque sans ménagement et conduit au poste un paisible vieillard qui se révèle être le maréchal de Mac-Mahon...

Le Congrès de Paris n' avait pas décrété le renouvellement annuel de semblable manifestation. Mais, devant le succès remporté, les congrès nationaux des différents pays prirent eux-mêmes cette décision qui fut officiellement entérinée au congrès international de Bruxelles en 1891.

"Rouge du sang des ouvriers...":

Le 1er mai 1891 est moins pacifique que celui de 1890. A Rome, il donne lieu à de véritables émeutes populaires, suivies d' arrestations en masse. A Madrid, et dans d' autres villes espagnoles, les policiers répriment les manifestations ouvrières avec une rare violence. A Liège, les anarchistes dérobent des centaines de cartouches de dynamite le jour de la Fête du travail. Arrêtés, ils sont sévèrement condamnés. En France, enfin, c' est la tragédie de Fourmies.

La fleur du 1er mai, c' est l' églantine rouge, "rouge du sang des ouvriers", ainsi que le chante Paul Brousse depuis 1877, dans sa chanson "Le drapeau rouge". Le 1er mai 1891, à Fourmies, en France, c' est seulement une branche d' aubépine que tient Maria Blondeau, une jeune fille de 18 ans. Son fiancé lui a offert le matin même, comme c' est la coutume, ce porte bonheur qui va se révéler si dérisoire.

Fourmies, centre textile compte 15.000 habitants. Depuis plusieurs jours, les ouvriers des filatures sont en grève. Ils veulent défiler jusqu' à la mairie et ils sont d' humeur si belliqueuses qu'ils prévoient ensuite un programme théâtral et, le soir, un bal de nuit... sans patrons. Mais , ceux-ci ont pris "l' engagement d' honneur de se défendre collectivement , solidairement et pécuniairement dans la guerre inqualifiable qu' on veut leur déclarer (*)". En clair, cela signifie qu' ils ont prié les autorités d' envoyer police et troupe sur les lieux. Ce que le gouvernement -comme tant d' autres- fait avec empressement.

Dès le matin, les gendarmes chargent la foule qui défile en chantant. Des manifestants sont arrêtés, des enfants blessés. L' après-midi, les travailleurs parcourent à nouveau les rues, réclament la libération des détenus. A 18 heures, deux groupes viennent devant la mairie que garde la deuxième compagnie du 145e de Ligne. Sans sommation, sans avertissement, le commandant Chapus ordonne le feu. Il y eut neuf tués et plus de trente blessés graves. Avant de servir plus tard contre les Allemands, les nouveaux fusils Lebel viennent de démontrer leur meurtrière efficacité. Parmi les morts, Emile Cornaille, onze ans, une toupie de bois dans sa poche; Gustave Pestiaux, treize ans; Félicie Pennetier, dix-sept ans; Ernestine Dial, dix-neuf ans. Quant à Maria Blondiau, dix-huit ans, elle brandissait contre les soldats une arme redoutable: la branche de mai fleurie offerte par son fiancé. Parmi les blessés sérieux, il y en a douze de moins de trente ans.

"L' Internationale":

Avec le XXe siècle naissant, une nouvelle chanson voler de lèvres en lèvres: "L' Internationale". Son auteur est le Français Eugène Pottier. Né en 1816, il prend place très tôt dans le mouvement ouvrier. Il sera l' un des douze membres du Conseil général de l' Association internationale des travailleurs, lorsque celui-ci déménage à New York en 1872.

Il rédige des dizaines, pour ne pas dire des centaines de poèmes dont beaucoup seront mis en musique. Vient la Commune, protestation de Paris contre les lâchetés et les trahisons et qui voit, pour la première fois, l' entrée en masse de prolétaires dans une assemblée élue. Pottier se présente dans le 1e arrondissement de la capitale française. Il est élu. Mais l' armée versallaise, aux ordres des nantis, écrase les bataillons fédérés. Devenu gibier de bagne, Pottier se cache dans une mansarde de Montmartre. Ainsi que l' écrit Maurice Choury, Pottier ne peut admettre que tout soit consommé. Dans la rue retentissent les salves meurtrières des assassins triomphants. Loin de se laisser aller à un désespoir de vaincu, Pottier, persuadé qu' on ne peut enterrer l' avenir, lance l' appel qui va bouleverser le siècle:

"Debout les damnés de la terre !

...

Du passé faisons table rase.

...

Nous ne sommes rien, soyons tout !"

"L' Internationale" dit tout: l' inégalité sociale, l' exploitation capitaliste, la nécessité d' un parti prolétarien, l' internationalisme, la haine de la guerre impérialiste et même les conditions de l' émancipation: "Il n' est pas de sauveurs suprêmes, Ni Dieu, Ni César, ni tribun..

Producteurs, sauvons-nous nous mêmes...".

Eugène Pottier meurt en 1887. Pour aider sa famille, les militants ouvriers français éditent une modeste plaquette reprenant quelques-uns de ses plus beaux poèmes. L' année suivante, par hasard, l' ouvrier métallurgiste lillois Pierre Degeyter a sous les yeux le petit recueil. Et il s' enflamme en lisant "L' Internationale" que personne, jusque là, n' a mis en musique. Séduit par la puissance des paroles, Pierre Degeyter, qui est mélomane compose une musique adaptée au poème. Le 23 juin 1888, "L' Internationale" est chantée pour la première fois à Lille, au cours d' une fête populaire organisée par le Parti ouvrier. Exécutée le 23 juillet 1896 par les fanfares socialistes du XIVe congrès du Parti ouvrier français, "L' Internationale" devient, en 1890, à partir du congrès de Paris de la IIe Internationale, l' hymne des révolutionnaires du monde entier.

Trente ans de lutte pour arracher les Huit heures.

Mais le bruit des armes commencent à se faire entendre dans toute l' Europe. Le capitalisme en crise cherche à résoudre ses problèmes en répandant le sang des travailleurs. Comme s' étonner dans ces conditions qu' en 1904, le congrès d' Amsterdam de la IIe Internationale ajoute aux revendications du 1er mai, celle de la défense de la Paix ?

Vient 1914. Mais même la guerre n' arrête pas complètement une action tenace que jalonnent comme autant de témoins les "premiers mai". Des manifestations, il y en eut chez nous. Et en France, en 1917, 10.000 midinettes parisiennes descendent dans la rue criant "Nos 20 sous ! A bas la guerre !". Au même moment, à l' autre bout de l' Europe, un ordre social s' écroule sous le coup des masses laborieuses des usines et des campagnes unies dans la lutte.

La victoire, c' est pour les peuples la fin de la boucherie. Plus rien ne peut être comme avant. Ainsi, en 1919, les cortèges des travailleurs sont permis le 1er mai. Permis certes, mais le travailleur continue à perdre son salaire du jour. S' il est fonctionnaire de l' Etat, il encourt le renvoi pour avoir participé à une manifestation politique.

L' année suivante, en 1920, le monde du travail arrache enfin les Trois Huit: huit heures de travail, huit heures de loisirs, huit heures de sommeil. Il aura donc fallu trente ans pour voir se concrétiser l' objectif du 1er mai. Cela après bien des grèves, après bien des victimes, après aussi la Révolution d' octobre en Russie.

Mystifications:

Des 1er mai de lutte, il y en eu encore bien d' autres. Il y en eut aussi de bien étranges. Ainsi, l' Italie fasciste transforme le 1er mai en Fête nationale et du travail. Jouant sur la mystification et désireuse de s' attacher la classe ouvrière, Mussolini et ses fascistes n' hésitent pas à prétendre qu' une telle fête remonte à la fondation de Rome. L' Allemagne nazie ne pouvait ignorer une telle fête. Et Hitler organise des manifestations grandioses le 1er mai, dès son arrivée au pouvoir en 1933. Pour mieux tromper les masses, les Nazis n' hésitent pas à reprendre la mélodie de nombreuses chansons révolutionnaires en y adaptant de nouvelles paroles tout à l' honneur de l' "Ordre nouveau". Mais l'idée de s' approprier "L' Internationale" fit reculer les dictateurs de l' Allemagne.

La guerre à nouveau. Mais pas plus que la précédente, elle n' arrête le monde du travail qui, malgré l' occupant, entend célébrer sa fête. Et de l' Acropole d' Athènes aux châssis à Molette du Borinage (Belgique) flottent les bannières rouges frappées de la faucille et du marteau, les communistes fournissant à la résistance le gros de ses effectifs combattants. Le PCB s' est ainsi vu décerner le nom -héroïque- de "parti des fusillés".

La libération à nouveau. Aussitôt, les travailleurs se retrouvent nombreux derrière leurs bannières à l' occasion du 1er mai.

En 1946, une loi signée par le socialiste Léon-Elie Troclet rend, en Belgique, légal et obligatoire le congé du 1er mai. La fête du travail perd-elle pour autant sa signification de combat ? Certes non. Aujourd'hui, comme en 1890 les travailleurs ont à lutter pour la défense de leur emploi, pour la sauvegarde des droits acquis, pour arracher les 36 heures...

Mais contrairement à 1890, ce n ' est plus malheureusement, sous le même drapeau que défilent les travailleurs dans les principales villes du monde pour le progrès social, la Paix et la liberté des peuples.

MD

UN OUVRIER BELGE NOMMÉ Pierre DEGEYTER :

Dès la parution des "Chants révolutionnaires", Charles Gros, auteur notamment de la "MARCHE DU Ier MAI", alors professeur à Lille, en donne un exemplaire au groupe lillois du Parti ouvrier. Gustave Delory, maire socialiste de la ville, remarque aussitôt le souffle révolutionnaire du poème, et demande à Pierre Degeyter de la mettre en musique pour leur société musicale lilloise, La Lyre des travailleurs.

Pierre Degeyter est né à Gand le 8 octobre 1848. Ses parents, très modestes, sont ouvriers d'usine. A neuf ans, il travaille dans une fabrique à Lille, où ses parents sont venus s'installer. Parallèlement à son travail, il suit des cours à l'Académie de musique de Lille, où il obtient un prix pour instrument à vent en 1886. Compositeur amateur, il est membre de la Lyre des travailleurs, qu'il dirige d'ailleurs.

Lille est alors une cité de 160.000 habitants. Près deux cents fabriques y exploitent un important prolétariat textile. A Lille, Roubaix, Tourcoing, l'industrie de la laine groupe la moitié du nombre de broches existant en France. Dans les mines, la production est passée de un million de tonnes en 1852 à 4.313.000 tonnes. La métallurgie compte 22.000 travailleurs.

Séduit par la puissance des paroles de "L'Internationale", au café "La Liberté", Pierre Degeyter compose en trois jours la musique adaptée au poème d'Eugène Pottier.

Le 23 juin 1888, au cours d'une fête populaire organisée par le Parti ouvrier, la Lyre des travailleurs, placée sous la directeur du compositeur lui-même, interprète pour la première fois l'hymne révolutionnaire. Une semaine plus tôt, le 16 juin 1888, il a été "testé" par Pierre Degeyter devant les ouvriers du quartier Saint-Sauveur, réunis dans un estaminet de la rue de la Vignette. Il semble d'ailleurs que, bien avant, ce soient les ouvriers de l'usine de Fives, compagnons de travail de Pierre Degeyter, qui ont eu la primeur des premiers couplets, de la bouche même du compositeur.

Cette même année 1888 est publiée l'édition originale de "L'Internationale" comprenant musique et paroles. Diffusée à Lille à six mille exemplaires, il n'en subsiste plus qu'un actuellement. Une particularité cependant. Si le nom d'Eugène Pottier s'étale en toutes lettres, il n'en va pas de même pour l'auteur de la musique, puisqu'il n'est fait mention que du nom : Degeyter.

En effet, Gustave Delory, maire de Lille, a manoeuvré, et continuera à le faire, pendant de nombreuses années, pour que la paternité de la musique du "chant de tous les prolétaires du monde" soit attribuée à Adolphe et non à Pierre Degeyter. Avant de se suicider, Adolphe reconnut qu'il n'avait pas osé s'opposer aux affirmations de Gustave Delory. Pour deux raisons : sa faiblesse de caractère, et le fait qu'il était employé par la municipalité lilloise. Finalement, la Cour d'Appel de Paris tranche définitivement le 23 novembre 1922 en faveur de Pierre Degeyter. Et c'est enfin, à l'âge de 75 ans, que celui-ci peut se déclarer "propriétaire" de la mélodie de "L'Internationale".

"Provocation au meurtre"

Entre-temps, beaucoup de choses se sont passées. Tout d'abord, deux nouvelles éditions -en 1894 et 1898- ont suivi celle de 1888. Donnant à la mélodie sa forme définitive que Pierre Degeyter a suivie dans son manuscrit déposé le 8 mars 1926, après le gain de son procès.

Par ailleurs, les nantis, les bien-pensants, les possédants, les généraux n'acceptent pas cette chanson. La répression est dure. En 1894, le secrétaire de mairie de Gaudry, Armand Gosselin, est emprisonné pendant un an. Chef d'accusation : provocation au meurtre et à la désobéissance militaire pour l'avoir chantée. L'imprimeur écope d'un an de prison également pour avoir eu l'audace de mettre sous presse "L'Internationale".

Il existe, bien oubliée, une autre musique écrite pour "L'Internationale" par un journaliste socialiste, compositeur à ses heures, Pierre Forest. Publiée dans "L' Almanach socialiste illustré pour 1896", l'auteur n'y reprend pas le cinquième couplet (celui des généraux) étant donné les poursuites qui s'abattent sur tous ceux qui la chantent ou l'impriment.

L'hymne de la révolution en marche

Pourtant, le 23 juillet 1896, "L'Internationale" est exécutée à l'Hôtel de ville de Lille, et reprise en choeur par les délégués au XIVe congrès du Parti ouvrier français. Trois ans plus tard, le 8 décembre 1899, le congrès national, salle Japy à Paris, qui vient de réunir toutes les tendances socialistes du moment, se termine par le chant de Pottier-Degeyter. En septembre 1900, au congrès socialiste international de Paris, il est chanté en choeur par tous les délégués. Enfin en 1910, au congrès international de Copenhague, 500 musiciens et choristes interprètent une puissante "Internationale", consécration qui fera dire à Jules Guesde : "Si le pauvre Pottier vivait, comme il serait heureux !"

De son côté, Pierre Degeyter poursuit son chemin. Parti de Lille, il s'installe rue des Alouettes à Saint-Denis, dans la région parisienne. Du 25 au 29 décembre 1920 se tient salle du Manège, à Tours, le XVIIIe congrès du Parti socialiste unifié. La majorité des 285 délégués votent l'adhésion à la IIIe Internationale, et la transformation du Parti socialiste en Parti communiste. Pierre Degeyter est de ceux-là. Le 27 janvier 1924, les travailleurs de France se rassemblent à Saint-Denis pour rendre un dernier hommage à Lénine, mort le 21 janvier à Gorky, près de Moscou. A cette occasion, Pierre Degeyter se trouve aux côtés de Marcel Cachin, directeur de "L' Humanité". En 1928, il est invité à Moscou, où le congrès de l'Internationale communiste lui rend un solennel hommage. Il meurt le 26 septembre 1932 à Saint-Denis. Sur sa tombe, une faucille et un marteau, une photo. Cinquante mille personnes défilent derrière son cercueil, en chantant, ultime hommage, la chanson la plus connue dans le monde : "L'Internationale".

En 1949, à Saint-Denis, Maurice Thorez, secrétaire général du Parti communiste français, rend hommage au compositeur : "la musique de Pierre Degeyter est vraiment la musique de "L'Internationale en lutte". Et partout, à travers le monde, les prolétaires, les exploités, les "damnés de la terre", les "forçats de la faim" jettent, à la face des oppresseurs, l'hymne de la révolution en chant 'l' Internationale' ".

Michel DERMINE

dans "LE DRAPEAU ROUGE" quotidien du 1er mai 1982

"Le vieux Po-Po" :

Eugène Pottier, le "vieux Po-Po" comme il se surnommera lui-même, est né à Paris le 4 octobre 1816. Il mourra dans la capitale française le 6 novembre 1887. Septante et une années particulièrement bien remplies. Et qui ont vu la rédaction de centaine de poèmes dont certains comme "L'INTERNATIONALE" feront le tour du monde.

Dès quinze ans, il chante des oeuvres diverses. Très vite, il se tourne vers les travailleurs, épousant divers courants du mouvement ouvrier de son époque (babouvisme, fouriérisme). Sous le Second Empire, il est de ceux qui "résistent" dès le premier jour, même si les textes qu'il écrit ne seront pas ou peu chantés : "Qui la vengera" (4 décembre 1851) la République s'entend, "Les paroles gelées" (1857 contre la censure, "La Palisse Rastapoil" (1867) contre la guerre de Crimée, "Quand viendra-t-elle" (1870)... la Révolution.

Le 19 juillet 1870, Napoléon III déclare la guerre à la Prusse. Le 4 septembre, après le désastre de Sedan, la IIIe République est proclamée. Le 18 septembre, Paris est investi. Le siège va durer jusqu'au 28 janvier 1871. Quatre mois durant lesquels les Parisiens souffrent du froid et surtout de la famine. Le 31 octobre, les gardes-nationaux des quartiers populaires viennent à l' Hôtel de ville réclamer la déchéance des incapables et demander que l'on proclame la Commune. Ce mot, qui ne recouvre pas encore un concept précis, est employé par les éléments révolutionnaires des comités de vigilance groupés en un Comité central des vingt arrondissements. C'est par un échec que se solde cette "journée" insurrectionnelle du "31 octobre, chantée par Eugène Pottier dès le 1er novembre.

La commune

Le 18 mars 1871, la Commune est proclamée, protestation de Paris contre les lâchetés et trahisons. Et qui voit, pour la première fois l'entrée en masse de prolétaires dans une assemblée élue. Militant de l'Association internationale des travailleurs, Pottier est élu membre de la Commune et de la Fédération des artistes.

Mais l'armée versaillaise, aux ordres des nantis, écrase les bataillons fédérés. Du 21 au 28 mai, c'est la Semaine sanglante. Les Versaillais progressent dans la capitale, enlevant barricade après barricade, se livrant au massacre de Communards ou supposés tels. Le dimanche 28 mai, les dernières barricades sont prises d'assaut à Belleville, coeur du Paris ouvrier. Et pendant des semaines et des mois, la chasse aux communards se poursuit.

"Le vieux monde s'écroule. La nuit qui recouvrait la terre déchire son linceul. L'aube apparaît... Ô vieux monde, ramassis d'imposteurs, oisifs corrompus, parasites insolents, vous tous qui vivez du travail des autres, comprenez-vous enfin que votre règne est fini et qu'aujourd'hui, avec le triomphe du peuple, l'ère du travail va commencer... Frères du monde entier, notre sang coule pour votre liberté; notre triomphe est le vôtre; debout tous ! Voici l'aube"

Entre les rafales et les râles des fusillés, Eugène Pottier a-t-il entendu ce magnifique poème ? S'en est-il inspiré pour écrire "L'internationale" en juin 1871 ? Nul ne le sait. Devenu gibier de bagne, il se cache dans une mansarde de Montmartre. Ainsi que l'écrit Maurice Choury, Pottier ne peut admettre que tout soit consommé. Dans la rue retentissent les salves des assassins triomphants. Loin de se laisser aller à un désespoir de Vaincu, Pottier, persuadé qu'on ne peut enterrer l'avenir lance l'appel qui va bouleverser le siècle :

Debout les damnés de la terre !

... .... ...

Du passé faisons table rase

... ... ...

Nous ne sommes rien, soyons tout !

"L'internationale" dit tout : l'inégalité sociale, l'exploitation capitaliste, la nécessité d'un parti prolétarien, l'internationalisme, la haine de la guerre impérialiste, et même les condition de l'émancipation :

Il n'est pas de sauveurs suprêmes

Ni Dieu, ni César, ni tribun

Producteurs, sauvons-nous nous mêmes...

Notons que, dans sa version définitive publiée en 1887, Eugène Pottier n'a pas repris une strophe qui est encore très proche de l'écrasement de la Commune :

L'engrenage encor va nous tordre:

Le Capital est triomphant;

La mitrailleuse fait de l'ordre

En hachant la femme et l'enfant,

L'usure, folle en ses colères,

Sur nos cadavres calcinés

Soude à la grève des salaires

La grève des assassinés.

C'est la lutte finale,

Groupons-nous et demain

L'Internationale sera le genre humain.

Proscrit, exilé en Grande Bretagne puis aux Etats-Unis, Eugène Pottier est, en 1872, membre du nouveau Conseil général de douze membres de l'Association internationale des travailleurs dont le siège a été transféré à New York à l'initiative de Marx et d'Engels. Une existence difficile pour la Première Internationale. Et qui se terminera en 1876, lorsque la dissolution du Conseil général est prononcée à Philadelphie. Pottier reste aux Etats-Unis jusqu'en 1880, année au cours de laquelle est prononcée -le 11 juillet- l'amnistie plénière des Communards. Pendant ces dix années, s'il continue à écrire des poèmes, bien peu finalement sont mis en musique.

La lutte, encore et toujours !

Rentré d'exil, Pottier qui, selon sa propre expression, est devenu "communiste et anarchiste", se lance aussitôt dans la lutte sociale : "Pas de fête sans l'amnistie", "Le chômage", "La crise", "La grève", "En avant la classe ouvrière", "La question sociale". Sans oublier "L'insurgé", la chanson la plus universellement connue d'Eugène Pottier et Pierre Degeyter après "L'Internationale". Pottier l'a écrite, semble-t-il, pour le premier numéro (15 mars 1885) d'un journal bruxellois "L'insurgé". Il fait la même chose avec ses chansons "La question sociale" et "La voix du peuple" destinées au numéro 1 des périodiques dont elles explicitent en quelque sorte le titre.

C'est aussi en 1885 que Pottier compose sur un air à la mode "T'en fais pas Nicolas", une de ses plus belles chansons communardes : "Elle n'est pas morte".

Mais le "vieux Po-Po" est bien seul en rentrant en France. Il n'y a guère que Jules Vallée pour attirer l'attention sur lui, le 1er mars 1881 dans un article paru dans "Le citoyen de Paris", et le 20 novembre 1883 dans "Le Cri du peuple". Il y compare l'oeuvre de Pottier aux "Châtiments" de Victor Hugo. Pourtant un événement heureux se produit en 1883. Il enlève la médaille d'argent en présentant une chanson au concours de la Lice. Il peut alors, en 1884, grâce à l'aide financière de Gustave Nadaud, qui précise pourtant que "La politique nous sépare", publier son premier recueil d'une cinquantaine de chansons sous le titre "Quel est le fou ?". Mais, "L'Internationale" n'y figure pas.

En 1887 enfin, ses "anciens collègues de la Commune de Paris" publient ses "Chants révolutionnaires". La même année, le 6 novembre, Eugène Pottier meurt dans le dénuement à l'hôpital. Sans ce concours de circonstances, jamais sans doute, nous n'aurions connu "L'Internationale", et toute son oeuvre aurait disparu à jamais.

( Terminé le 05/11/2000)

L' Internationale,

Sera le genre humain ...

Toujours draps de soie tisserons

Et n' en serons pas mieux vêtues

Toujours serons pauvres et nues

Et toujours faim et soif aurons

Jamais tant ne saurons gagner

Que nous en ayons à manger

A grand peine avons-nous du pain

Peu le matin, au soir bien moins ...

Ce poème n ' est pas l' oeuvre d' une ouvrière de chez Motte ou de chez Fabelta. Il a été chanté par le trouvère Chrestien de Troyes qui, vers 1170, décrivait la misère des ouvrières tisseuses du Moyen-Age.

On le voit, à côté des genres épiques, romanesques ou courtois, que l' on nous décrit sur les bancs de l' école, existait déjà à l' époque le genre social. Mais de celui-là bien rares sont ceux qui en parlent. Pourtant, la chanson de lutte, de révolte, de détresse, de misère, de revendications jalonne, l' histoire des travailleurs depuis la plus haute antiquité. Malheureusement, très peu d' entre elles ont survécu. Le peuple ne savait ni lire, ni écrire. Et les oeuvres se transmettaient de bouche à oreille.

Ainsi, à l' aube du capitalisme triomphant, qui peut dire qu' une chanson a décrit la grève déclenchée à Prayon le 9 mars 1699 ? Et qui constitue une des plus anciennes grèves de l' histoire sociale européenne. Le mot "grève" n' existait d' ailleurs pas encore. Selon le vocabulaire de l' époque, les ouvriers "mirent les mains aux cordes du vieil engin". Entendez par engin la machine assurant l' évacuation des eaux qui auraient noyé les mines d' où on extrayait plomb, fer, cuivre et soufre.

Dans la région du Centre (Belgique), aucune chanson n' a-t-elle décrit la riposte au premier lock-out décidé par le patron du charbonnage de Houssu le 2 juin 1870 ? Ce qui amena le Conseil fédéral du Centre de l' Association internationale des travailleurs (la 1ère Internationale) à décider, le 26 juin 1870, "que toutes les sections paieront 20 centimes par homme pour les grévistes de Houssu". Comme quoi ce type de pratique patronale est beaucoup moins récent que l' on croit généralement.

La chanson est présente dans toutes les luttes engagées par le monde du travail. Ainsi en 1950, c' est "Popol a stî battu" (Léopold a été battu), concluant, si l'on peut dire, l' Affaire royale. Quelques mois plus tard, c' est "Brisons les 24 mois", sur l' air d' "Etoile des neiges", une chanson en vogue à l' époque, qui constitue la riposte de la jeunesse belge au Premier ministre Psc (contre les 24 mois de service militaire: pendant la Guerre de Corée, le service militaire obligatoire fut porté de 12 à 24 mois. Devant la riposte dans les casernes, il fut immédiatement ramené à 21, puis 18, 15 et finalement 12 mois à la fin des années '50. Personne n' a effectué réellement les 24 mois finalement) "et banquier de profession", M. Pholien, et aux militaristes américains. Car

... Deux ans de militaire

Ca sent trop la guerre

Comme en juillet le roi

Brisons les 24 mois..

Plus tard, pendant l' hiver 1960-61, c' est six semaines de grève contre le gouvernement Psc de M. Gaston Eyskens et sa Loi unique. La encore, la chanson est présentée avec "Gaston", sur l' air de "C' est vrai" que chantait Mistinguett. Plus près de nous encore, c' est, entre cent autres, "Nous les ouvriers de Siemens", "Les Fonderies Mangé", "Chez Hanrez", "Le chant des verriers" (à ne pas confondre avec L' Hymne aux verriers", chant de l' Union verrière de Charleroi, "Hand in hand", "Chant des femmes de la FN", "Chanson de Salik", "Chant des chômeuses de La Louvière", "Le syndicat de combat", ""Délégué", "Métallurgie-Hoboken ", "Du travail", et venant de France, "Le chiffon rouge".

Mais aucune chanson n' a eu autant de retentissement que "L'Internationale", écrite par Eugène Pottier et mise en musique par Pierre Degeyter.

http://users.skynet.be/roger.romain/1mai.html

(Catéchisme du Peuple)

(l' Internationale - Degeyter et Pottier)

(Roux-fusillades 1886)

20:26 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

23/04/2011

LIBYE: LA RAPINE DU SIECLE

 
 
 
From: Hess Madeleine
Sent: Friday, April 22, 2011 6:52 PM
 
Subject: LIBYE: LA RAPINE DU SIECLE
 
 
Envoyé le : Ven 22 avril 2011, 18h 07min 56s
Objet : LIBYE: LA RAPINE DU SIECLE

La rapine du siècle : l’assaut des « volontaires » sur les fonds souverains
libyens


Manlio Dinucci

L’objectif de la guerre en Libye n’est pas seulement le pétrole, dont les
réserves (estimées à 60 milliards de barils) sont les plus grosses d’Afrique et
les coûts d’extraction parmi les plus bas du monde, ni le gaz naturel dont les
réserves sont estimées à environ 1.500 milliards de m3. Dans le viseur des
« volontaires » de l’opération « Protecteur unifié » il y a aussi les fonds
souverains, les capitaux que l’Etat libyen a investi à l’étranger.
Les fonds souverains gérés par la Libyan Investment Authority (Lia) sont
estimés à environ 70 milliards de dollars, qui grimpent à plus de 150 si l’on
inclut les investissements étrangers de la Banque centrale et d’autres
organismes. Et ils pourraient être plus importants encore. Même s’ils sont
inférieurs à ceux de l’Arabie saoudite ou du Koweït, les fonds souverains
libyens se sont caractérisés par leur croissance rapide. Quand la Lia a été
constituée en 2006, elle disposait de 40 milliards de dollars. En cinq années à
peine, elle a effectué des investissements dans plus de cent sociétés
nord-africaines, asiatiques, européennes, nord-américaines et sud-américaines :
holding, banques, immobilier, industrie, compagnies pétrolières et autres.
   En Italie les principaux investissements libyens sont ceux effectués dans
UniCredit Banca (dont Lia et la Banque centrale libyenne possèdent 7,5%), dans
Finmeccanica (2%) et Eni (1%) : ces investissements et d’autres (dont 7,5% au
Juventus Football Club) ont une  signification plus politique qu’économique (ils
se montent à environ 4 milliards de dollars).

  La Libye, après que Washington l’ait effacée de sa liste de proscription des
« Etats voyous », a essayé de se refaire une place à un niveau international en
misant sur la « diplomatie des fonds souverains ». Quand les Etats-Unis et
l’Union européenne ont révoqué leur embargo de 2004 et les grandes compagnies
pétrolières sont revenues dans le pays, Tripoli a pu disposer d’un surplus
commercial d’environ 30 milliards de dollars annuels qu’il a destiné en grande
partie aux investissements étrangers. La gestion des fonds souverains a
cependant créé un nouveau mécanisme de pouvoir et corruption, aux mains de
ministres et hauts fonctionnaires, qui a probablement échappé au contrôle de
Kadhafi lui-même : confirmé par le fait qu’en 2009, ce dernier a proposé que les
30 milliards de dividendes pétroliers allassent « directement au peuple
libyen ». Ceci a accentué les fractures à l’intérieur du gouvernement libyen.
C’est sur ces fractures que se sont appuyés les cercles dominants étasuniens
et européens qui, avant d’attaquer militairement la Libye pour mettre la main
sur sa richesse énergétique, se sont appropriés les fonds souverains libyens.
Cette opération a été favorisée par le représentant même de la Libyan Investment
Authority, Mohamed Layas : comme le révèle un câblogramme exfiltré à travers
Wikileaks, le 20 janvier Layas a informé l’ambassadeur étasunien à Tripoli que
la Lia avait déposé 32 milliards de dollars dans des banques étasuniennes. Cinq
semaines plus tard, le 28 février, le Trésor étasunien les a « gelés ». Selon
les déclarations officielles, c’est « la plus grosse somme d’argent jamais
bloquée aux Etats-Unis », que Washington garde « en dépôt pour l’avenir de la
Libye ».
Elle servira en réalité pour une injection de capitaux dans l’économie
étasunienne toujours plus endettée. Quelques jours plus tard, l’Union européenne
a « gelé » environ 45 milliards d’euros de fonds libyens.

  L’assaut sur les fonds libyens aura un impact particulièrement fort en
Afrique. Ici, la Libyan Arab African Investment Company a effectué des
investissements dans plus de 25 pays, dont 22 en Afrique sub-saharienne, en
programmant de les augmenter dans les cinq prochaines années, surtout dans les
secteurs minier, manufacturier, touristique et dans celui des
télécommunications. Les investissements libyens ont été décisifs dans la
réalisation du premier satellite de télécommunications de la Rascom (Regional
African Satellite Communications Organization) qui, mis en orbite en août 2010,
permet aux pays africains de commencer à se rendre indépendants des réseaux
satellitaires étasuniens et européens, en réalisant ainsi une économie annuelle
de centaines de millions de dollars.
Plus importants encore ont été les investissements libyens dans la réalisation
des trois organismes financiers lancés par l’Union africaine : la Banque
africaine d’investissement, dont le siège est à Tripoli ; le Fond monétaire
africain, siége à Yaoundé (Cameroun) ; la Banque centrale africaine, siège à
Abuja (Nigeria). Le développement de ces organismes permettrait aux pays
africains d’échapper au contrôle de la Banque mondiale et du Fond monétaire
international, tous deux instruments de domination néo-coloniale, et marquerait
la fin du franc Cfa, la monnaie que sont obligés d’utiliser 14 pays, ex-colonies
françaises. Le gel des fonds libyens assène un coup très dur à tout le projet.
Les armes utilisées par les « volontaires » ne sont pas seulement celles de
l’opération « Protecteur unifié ».

Edition de vendredi 22 avril 2011 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2...

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
 
 

21:02 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

15/04/2011

LES MENSONGES DE LA GUERRE DE L'OCCIDENT CONTRE LA LIBYE de Jean-Paul Pougala (*)

Désolé, mes amis: depuis ce 14 avril 2011, mes listes de diffusion-débats sur yahoo n’ existent plus.
J’invite, les adhérents de mes listes à m’ adresser leurs messages à retransmettre éventuellement, à l’ adresse suivante, car je prends d’ autres dispositions de correspondance : romaincourcelles@hotmail.com. Certains événements me contraignent à agir de la sorte.
Merci à tous !
RoRo
Sent: Friday, April 15, 2011 2:00 PM
To:
Subject: LES MENSONGES DE LA GUERRE DE L'OCCIDENT CONTRE LA LIBYE de Jean-Paul Pougala (*)

Objet : LES MENSONGES DE LA GUERRE DE L'OCCIDENT CONTRE LA LIBYE de Jean-Paul Pougala (*)
Ginette Hess Skandrani : grianala@yahoo.fr
Objet : Fwd: LES MENSONGES DE LA GUERRE DE L'OCCIDENT CONTRE LA LIBYE de Jean-Paul Pougala (*)



-------- Message original --------
Sujet: LES MENSONGES DE LA GUERRE DE L'OCCIDENT CONTRE LA LIBYE de Jean-Paul Pougala (*)
Date : Mon, 28 Mar 2011 02:54:35 +0200
De : Pougala mailto:pougala@...




LES MENSONGES DE LA GUERRE DE L’OCCIDENT CONTRE LA LIBYE de Jean-Paul Pougala (*)

A- LES VRAIES RAISONS DE LA GUERRE EN LIBYE

1- Premier satellite Africain RASCOM 1
C’est la Libye de Kadhafi qui offre à toute l’Afrique sa première vraie révolution des temps modernes : assurer la couverture universelle du continent pour la téléphonie, la télévision, la radiodiffusion et de multiples autres applications telles que la télémédecine et l’enseignement à distance ; pour la première fois, une connexion à bas coût devient disponible sur tout le continent, jusque dans les zones rurales grâce au système par pont radio WMAX.

L’histoire démarre en 1992 lorsque 45 pays africains créent la société RASCOM pour disposer d’un satellite africain et faire chuter les coûts de communication sur le continent. Téléphoner de et vers l’Afrique est alors le tarif le plus cher au monde, parce qu’il y avait un impôt de 500 millions de dollars que l’Europe encaissait par an sur les conversations téléphoniques même à l’intérieur du même pays africain, pour le transit des voix sur les satellites européens comme Intelsat. Un satellite africain coûtait juste 400 millions de dollars payable une seule fois et ne plus payer les 500 millions de location par an. Quel banquier ne financerait pas un tel projet ? Mais l’équation la plus difficile à résoudre était : comment l’esclave peut-il s’affranchir de l’exploitation servile de son maître en sollicitant l’aide de ce dernier pour y parvenir ? Ainsi, la Banque Mondiale , le FMI, les USA, l’Union Européenne ont fait miroiter inutilement ces pays pendant 14 ans. C’est en 2006 que Kadhafi met fin au supplice de l’inutile mendicité aux prétendus bienfaiteurs occidentaux pratiquant des prêts à un taux usuraire; le guide Libyen a ainsi mis sur la table 300 millions de dollars, La Banque Africaine de Développement a mis 50 millions, la Banque Ouest Africaine de Développement, 27 millions et c’est ainsi que l’Afrique a depuis le 26 décembre 2007 le tout premier satellite de communication de son histoire. Dans la foulée, la Chine et la Russie s’y sont mises, cette fois en cédant leur technologie et ont permis le lancement de nouveaux satellites, Sud-Africain, Nigérian, Angolais, Algérien et même un deuxième satellite africain est lancé en juillet 2010. Et on attend pour 2020, le tout premier satellite technologiquement 100% africain et construit sur le sol africain, notamment en Algérie. Ce satellite est prévu pour concurrencer les meilleurs du monde, mais à un coût 10 fois inférieur, un vrai défi. Voilà comment un simple geste symbolique de 300 petits millions peut changer la vie de tout un continent. La Libye de Kadhafi a fait perdre à l’Occident, pas seulement 500 millions de dollars par an mais les milliards de dollars de dettes et d’intérêts que cette même dette permettait de générer à l’infini et de façon exponentielle, contribuant ainsi à entretenir le système occulte pour dépouiller l’Afrique.

2- FOND MONETAIRE AFRICAIN, BANQUE CENTRALE AFRICAINE, BANQUE AFRICAINE DES INVESTISSEMENTS

Les 30 milliards de dollars saisis par M. Obama appartiennent à la Banque Centrale Libyenne et prévu pour la contribution libyenne à la finalisation de la fédération africaine à travers 3 projets phare : la Banque Africaine d’Investissement à Syrte en Libye, la création dès ce 2011 du Fond Monétaire Africain avec un capital de 42 milliards de dollars avec Yaoundé pour siège, la Banque Centrale Africaine avec le siège à Abuja au Nigeria dont la première émission de la monnaie africaine signera la fin du Franc CFA grâce auquel Paris a la main mise sur certains pays africains depuis 50 ans. On comprend dès lors et encore une fois la rage de Paris contre Kadhafi. Le Fond Monétaire Africain doit remplacer en tout et pour tout les activités sur le sol africain du Fond Monétaire International qui avec seulement 25 milliards de dollars de capital a pu mettre à genoux tout un continent avec des privatisations discutables, comme le fait d’obliger les pays africains à passer d’un monopole publique vers un monopole privé. Ce sont les mêmes pays occidentaux qui ont frappés à la porte pour être eux aussi membres du Fond Monétaire africain et c’est à l’unanimité que le 16-17 décembre 2010 à Yaoundé les Africains ont repoussé cette convoitise, instituant que seuls les pays africains seront membres de ce FMA.

Il est donc évident qu’après la Libye la coalition occidentale déclarera sa prochaine guerre à l’Algérie, parce qu’en plus des ses ressources énergétiques énormes, ce pays a une réserve monétaire de 150 milliards d’Euros. Ce qui devient la convoitise de tous les pays qui bombardent la Libye et qui ont tous quelque chose en commun, ils sont tous financièrement en quasi faillite, les USA à eux seuls ont 14.000 Milliards de dollars de dettes, La France , la Grande Bretagne et l’Italie ont chacun environ 2.000 milliards de dettes publiques alors que les 46 pays d’Afrique Noire ont au total moins de 400 milliards de dollars de dettes publiques. Créer des fausses guerres en Afrique dans l’espoir de trouver de l’oxygène pour continuer leur apnée économique qui ne fait que s’empirer ne fera qu’enfoncer les Occidentaux dans leur déclin qui a pris son envol en 1884, lors de la fameuse Conférence de Berlin. Car comme l’avait prédit l’économiste Américain Adams Smith en 1865, dans son soutient à Abraham Lincoln pour l’abolition de l’esclavage, «l’économie de tout pays qui pratique l’esclavage des noirs est en train d’amorcer une descente vers l’enfer qui sera rude le jour où les autres nations vont se réveiller »

3- UNIONES REGIONALES COMME FREIN A LA CREATION DES ETATS-UNIS D’AFRIQUE

Pour déstabiliser et détruire l’union Africaine qui va dangereusement (pour l’Occident) vers les Etats-Unis d’Afrique avec la main de maître de Kadhafi, l’Union Européenne a d’abord tenté sans y parvenir la carte de la création de l’UPM (Union Pour la Méditerranée ) Il fallait à tout prix couper l’Afrique du Nord du reste de l’Afrique en mettant en avant les mêmes thèses racistes du 18-19ème siècle selon lesquelles les populations africaines d’origine Arabes seraient plus évoluées, plus civilisées que le reste du continent. Cela a échoué parce que Kadhafi a refusé d’y aller. Il a compris très vite le jeu à partir du moment où on parlait de la Méditerranée en associant quelques pays africains sans en informer l’Union Africaine, mais en y invitant tous les 27 pays de l’Union Européenne. L’UPM sans le principal moteur de la fédération africaine était foirée avant même de commencer, un mort – né avec Sarkozy comme Président et Mubarack, le vice-président. Ce que Alain Juppé tente de relancer, tout en misant sur la chute de Kadhafi, bien sur. Ce que les dirigeants Africains ne comprennent pas est que tant que ce sera l’Union Européennes à financer l’Union Africaine, on sera toujours au point de départ, car dans ces conditions, il n’y aura pas d’effective indépendance. C’est dans le même sens que l’Union Européenne a encouragé et financé les regroupements régionaux en Afrique. Il était évident que la CEDEAO qui a une Ambassade à Bruxelles et qui tire l’essentiel de son financement de l’UE, est un obstacle majeur contre la fédération africaine. C’est ce que Lincoln avait combattu dans la guerre de sécession aux Etats-Unis, parce qu’à partir du moment où un groupe de pays se retrouvent autour d’une organisation politique régionale, cela ne peut que fragiliser l’organe central. C’est ce que l’Europe voulait et c’est ce que les Africains n’ont pas compris en créant coup sur coup, la COMESA , l’UDEAC, la SADC et le Grand Maghreb qui n’a jamais fonctionné encore une fois grâce à Kadhafi qui lui l’avait très bien compris.

4- KADHAFI, L’AFRICAIN QUI A PERMIS DE LAVER L’HUMILIATION DE L’APARTHEID

Kadhafi est dans le cœur de presque tous les Africains comme un homme très généreux et humaniste pour son soutien désintéressé a la bataille contre le régime raciste d’Afrique du Sud. Si Kadhafi avait été un homme égoïste, rien ne l’obligeait à attirer sur lui les foudres des occidentaux pour soutenir financièrement et militairement l’ANC dans sa bataille contre l’apartheid. C’est pour cela que à peine libéré de ses 27 ans de prisons, Mandela décide d’aller rompre l’embargo des Nations Unis contre la Libye le 23 Octobre 1997. A cause de cet embargo même aérien, depuis 5 longues années aucun avion ne pouvait atterrir en Libye. Pour y arriver, Il fallait prendre un avion pour la Tunisie ; arriver à Djerba et continuer en voiture pendant 5 heures pour Ben Gardane, passer la frontière et remonter en 3 heures de route par le désert jusqu’à Tripoli. Ou alors, passer par Malte et faire la traversée de nuit, sur des bateaux mal entretenus jusqu’à la côte libyenne. Un calvaire pour tout un peuple, juste pour punir un seul homme. Mandela décida de rompre cette injustice et répondant a l’ex Président Américain Bill Clinton, qui avait jugé cette visite «malvenue», il s’insurgea : «Aucun Etat ne peut s'arroger le rôle de gendarme du monde, et aucun Etat ne peut dicter aux autres ce qu'ils doivent faire ». il ajouta : « ceux-là qui hier étaient les amis de nos ennemis, ont aujourd’hui le toupet de me proposer de ne pas visiter mon frère Kadhafi, ils nous conseillent d’être ingrats et d’oublier nos amis d’hier ». En effet, pour l’Occident, les racistes d’Afrique du Sud étaient leurs frères qu’il fallait protéger. C’est pour cela que tous les membres de l’Anc étaient considérés des dangereux terroristes, y compris Nelson Mandela. Il faudra attendre le 2 Juillet 2008, pour que le Congrès Américain vote une loi pour rayer le nom de Nelson Mandela et de ses camarades de l’ANC de cette liste noire, pas parce qu’ils ont compris la bêtise d’une telle liste, mais parce qu’on voulait faire un geste pour les 90 ans de Nelson Mandela. Si les Occidentaux sont aujourd’hui repentis de leur soutient d’hier aux ennemis de Mandela et sont vraiment sincères lorsqu’on lui donnent des noms de rue et de places, comment continuer à faire la guerre à celui qui a permis la victoire de Mandela et son peuple, Kadhafi ?

B- CEUX QUI VEULENT EXPORTER LA DEMOCRATIE SONT-ILS DES DEMOCRATES ?

Et si la Libye de Kadhafi était plus démocratique que les USA, la France , la Grande Bretagne et tous ceux qui font la guerre pour exporter la démocratie en Libye ? Le 19 Mars 2003, le Président Georges Bush lance les bombes sur la tête des Iraquiens avec le prétexte d’y exporter la démocratie. Le 19 Mars 2011, c’est-à-dire 8 ans plus tard et jour pour jour, c’est le Président Français qui lance ses bombes sur la tête des Libyens avec le même prétexte de leur offrir la démocratie. Monsieur Obama, Prix Nobel de la Paix 2009 et président des Etat Unis d’Amérique, pour justifier qu’il procède à un déferlement de missiles Cruise de ses sous-marins sur la tête des Libyens a dit que c’était pour chasser le dictateur Kadhafi du pouvoir et y instaurer la démocratie.

La question que tout être humain doté de la moindre capacité intellectuel de jugement et d’appréciation ne peut s’empêcher de se poser est : ces pays comme la France , l’Angleterre, les USA, l’Italie, la Norvège , le Danemark, la Pologne dont la légitimité pour aller bombarder les Libyens se base sur le seul fait de s’être autoproclamés « pays démocratiques » sont-ils réellement démocratiques ? Si oui, sont-ils plus démocratiques que la Libye de Kadhafi ? La réponse, sans équivoque est NON, pour la simple et bonne raison que la démocratie n’existe pas. Ce n’est pas moi qui l’affirme, mais celui-là même dont la ville natale, Genève abrite l’essentiel du commandement des Nations Unies. Il s’agit bien entendu de Jean-Jacques Rousseau né à Genève en 1712 qui affirme dans le chapitre IV du Livre III de son très célèbre « Contrat Social » que : « il n'a jamais existé de véritable démocratie, et il n'en existera jamais». Pour qu’un état soit véritablement démocratique Rousseau pose 4 conditions selon lesquelles la Libye de Kadhafi est même de loin plus démocratique que les Etats-Unis d’Amérique, la France et tous les autres qui prétendent lui exporter la démocratie à savoir :

1- Dimension de l’Etat : plus un état est grand, moins il peut être démocratique, pour Rousseau l’Etat doit être très petit pour que le peuple soit facile à rassembler et que chaque citoyen puisse aisément connaître tous les autres. Avant donc de faire voter les gens, il faut s’assurer que chacun connaisse tous les autres sans quoi voter pour voter est un acte dénué de tout fondement démocratique, c’est un simulacre de démocratie pour élire un dictateur. La structure de l’organisation de l’Etat Libyen se fonde sur une base tribale qui regroupe par définition le peuple en de petites entités. Le sentiment démocratique est plus présent dans une tribu, dans un village que dans une grande Nation, parce que le fait que tout le monde se connaisse et que la vie tourne autour des mêmes points communs apporte une sorte d’autorégulation, d’autocensure même pour peser à chaque instant, la réaction ou la contre-réaction des autres membres pour ou contre les opinions qu’on peut avoir. Sous cet angle, c’est la Lybie qui répond le mieux aux exigences de Rousseau, ce qu’on ne peut pas dire de même pour les Etats-Unis d’Amérique, la France ou la Grande Bretagne , des Sociétés fortement urbanisées où la majorité des voisins ne se disent même pas bonjour et donc ne se connaissent pas, même vivant cote-à-cote pendant 20 ans. Dans ces pays, on est passé directement à l’étape suivante : « le vote » qu’on a malignement sanctifié afin de faire oublier que ce vote est inutile à partir du moment où je m’exprime sur l’avenir d’une nation sans en connaitre ses membres. On est ainsi arrivé jusqu’à la bêtise du vote des citoyens vivant à l’étranger. Se connaitre et se parler est la condition essentielle de la communication pour le débat démocratique qui précède toute élection.
2- Il faut la simplicité des mœurs et des comportements pour éviter que l’on passe l’essentiel du temps à parler de justice, de tribunal pour trouver des solutions aux multitudes querelles d’intérêts divers qu’une société trop complexe fait naitre naturellement. Les Occidentaux se dé finissement comme des pays civilisés, donc aux mœurs complexes et la Libye comme pays dit primitif, c’est-à-dire aux meurs simples. Sous cet angle, encore une fois, c’est la Libye qui répondrait mieux aux critères démocratiques de Rousseau que tous ceux qui prétendent lui donner des leçons de démocratie. Dans une société complexe, les trop nombreux conflits sont résolus par la loi du plus fort, puisque celui qui est riche évite la prison parce qu’il peut se permettre un meilleur avocat et surtout, orienter l’appareil répressif de l’état contre celui qui vole une banane dans un supermarché, plutôt que le délinquant financier qui fait crouler une banque. Dans une ville comme New York où 75% de la population est blanche, 80% des postes de cadres sont occupés par des Blancs et ils ne sont que 20% des personnes en prison.
3- L’égalité dans les rangs et dans les fortunes. Il suffit de voir le classement FORBES 2010 pour voir quels sont les noms des personnes les plus riches de chacun des pays qui jette la bombe sur la tête des Libyens et voir la différence avec le salaire le plus bas dans chacun des pays et faire de même pour la Libye pour comprendre qu’en matière de redistribution de la richesse du pays, c’est à la Libye d’exporter son savoir faire à ceux qui la combattent et non le contraire. Même sous cet angle, selon Rousseau, la Libye serait plus démocratique que ceux qui veulent pompeusement lui exporter la prétendue démocratie. Aux Etats-Unis 5% de la population possèdent 60% de la richesse nationale. C’est le pays le plus déséquilibré, le plus inégal du monde.

4- PAS DE LUXE. Pour Rousseau pour qu’il y ait la démocratie dans un pays, il ne faut pas qu’il y ait de luxe parce que selon lui, le luxe rend nécessaire la richesse et cette dernière devient la vertu, l’objectif à atteindre à tout prix et non le bonheur du peuple, « le luxe corrompt à la fois le riche et le pauvre, l'un par la possession, l'autre par la convoitise ; il vend la patrie à la mollesse, à la vanité ; il ôte à l'Etat tous ses citoyens pour les asservir les uns aux autres, et tous à l'opinion ». Ya-t-il plus de luxe en France ou en Libye ? Ce rapport d’asservissement des employés qui sont poussés jusqu’au suicide les employés mêmes des entreprises publiques ou semi-publique, pour des raisons de rentabilité et donc de possession de luxe d’une des parties est-il plus criant en Libye ou en Occident ?

Le sociologue Américain C. Wright Mills a décrit en 1956 la démocratie américaine comme « la dictature des élites ». Selon Mills, les Etats-Unis d’Amérique ne sont pas une démocratie parce qu’en définitive, c’est l’argent qui y parle dans les élections et non le peuple. Le résultat de chaque élection y est l’expression de la voix de l’argent et non la voix du peuple. Après Bush-père et Bush-fils, pour les primaires républicaines de 2012, on parle déjà de Bush-benjamin. En plus, si le pouvoir politique se base sur la bureaucratie, Max Weber fait remarquer qu’il y a 43 millions de fonctionnaires et militaires aux Etats-Unis qui commandent effectivement le pays, mais qui n’ont été votés par personne et qui ne répondent pas directement au peuple de leurs activités. Une seule personne (un riche) est donc votée mais le vrai pouvoir sur le terrain est tenue par une seule caste de riches qui ne résulte purement et simplement que de nominations comme les ambassadeurs, les généraux de l’armée etc...

Combien de personnes dans les pays autoproclamés « démocratiques » savent qu’au Pérou la constitution interdit un deuxième mandat consécutif au président de la république sortant ? Combien de personnes savent qu’au Guatemala, non seulement le président sortant ne doit plus jamais se présenter comme candidat à cette fonction, mais qu’en plus à aucun degré de parenté, aucun membre de sa famille ne pourra plus prétendre à cette fonction ? Combien savent que le Rwanda est le pays qui intègre politiquement le mieux les femmes au monde avec 49% de parlementaires femmes ? Combien savent que dans le classement de la CIA 2007, sur 10 pays les mieux gérés au monde, 4 sont Africains ? Avec la palme d’or à la Guinée équatoriale dont la dette publique ne représente que 1,14% de son PIB.

La guerre civile, les révoltes, les rebellions sont les ingrédients d’un début de démocratie soutient Rousseau. Parce que la démocratie n’est pas une fin, mais un processus permanent pour réaffirmer les droits naturels des humains que dans tous les pays du monde (sans exception) une poignée d’hommes et de femmes, confisquant le pouvoir du peuple, l’oriente pour se maintenir aux affaires. On trouve ici et là des formes de castes qui usurpent le mot « démocratie » qui doit être cet idéal vers lequel tendre et non un label à s’approprier ou un refrain à vanter parce qu’on est juste capable de crier plus fort que les autres. Si un pays est calme comme la France ou les Etats-Unis, c’est-à-dire sans aucune révolte, pour Rousseau cela veut tout simplement dire que le système dictatorial est suffisamment répressif pour empêcher toute tentative de rébellion. Si les Libyens se révoltent, ce n’est pas une mauvaise chose. C’est prétendre que les peuples acceptent stoïquement le système qui les opprime partout dans le monde sans réagir qui est très mauvais. Et Rousseau de conclure : « Malo periculosam libertatem quam quietum servitium -traduction : S'il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes ». Dire qu’on tue les Libyens pour leur bien est un leurre.

C- QUELLES LECONS POUR L’AFRIQUE ?

Après 500 ans de relations de dominateur et de dominé avec l’Occident, il est dès lors prouvé que nous n’avons pas les mêmes critères pour définir le bon et le méchant. Nous avons des intérêts profondément divergents. Comment ne pas déplorer le Oui de 3 pays africains au sud du Sahara, Nigeria, Afrique du Sud et Gabon pour la résolution 1973 inaugurant la nouvelle forme de colonisation baptisée « protection des peuples », validant la théorie raciste que les Européens véhiculent depuis le 18ème siècle selon laquelle l’Afrique du Nord n’a rien à partager avec l’Afrique Subsaharienne, l’Afrique du nord serait ainsi plus évoluée, plus cultivée et plus civilisée que le reste de l’Afrique. Tout se passe comme si la Tunisie , l’Egypte, la Libye , l’Algérie ne faisaient pas partie de l’Afrique. Même les Nations Unies semblent ignorer la légitimité de l’Union Africaine sur ses états membres. L’objectif est d’isoler les pays d’Afrique subsaharienne afin de mieux les fragiliser et les tenir sous contrôle. En effet, dans le capital du nouveau Fond Monétaire Africain (FMA), l’Algérie avec 16 milliards de dollars et la Libye avec 10 milliards de dollars contribuent à eux tous seuls pour près de 62% du capital qui est de 42 milliards de Dollars. Le premier pays d’Afrique subsaharienne et les plus peuplés, le Nigeria suivi de l’Afrique du Sud arrivent très loin derrière avec 3 milliards de dollars chacun.

C’est très inquiétant de constater que pour la première fois de l’histoire des Nations Unies, on a déclaré la guerre à un peuple sans avoir exploré au préalable la moindre piste pacifique pour solutionner le problème.

L’Afrique a-t-elle encore sa place dans une telle organisation ? Le Nigeria et l’Afrique du Sud sont disposés à voter OUI à tout ce que l’Occident demande, parce qu’ils croient naïvement aux promesses des uns et des autres de leur donner une place de membre permanent au Conseil de Sécurité avec le même droit de veto. Ils oublient tous les deux que la France n’a aucun pouvoir de leur attribuer le moindre poste. Si elle l’avait, il y a belle lurette que Mitterrand l’aurait faite pour l’Allemagne de Helmut Kohl. La reforme des Nations Unies n’est pas à l’ordre du jour. La seule manière de compter, est la méthode chinoise : tous les 50 pays africains doivent quitter les Nations Unies. Et s’ils doivent y retourner un jour, ne le faire que s’ils ont obtenu ce qu’ils demandent depuis longtemps, un poste pour toute la fédération africaine, sinon rien.

Cette méthode de la non-violence est la seule arme de justice dont disposent les pauvres et les faibles que nous sommes. Nous devons tout simplement quitter les Nations Unies, car cette organisation de par sa configuration, de par sa hiérarchie est aux services des plus forts.

Nous devons quitter les Nations Unies afin de marquer notre réprobation de cette conception du monde basée uniquement sur l’écrasement du plus faible. Tout au moins ils seront libres de continuer de le faire, mais pas avec notre signature, pas en rappelant que nous sommes d’accord alors qu’ils savent très bien qu’ils ne nous ont jamais interrogés. Et même quand nous avons donné notre propre point de vue, comme la rencontre de samedi 19/3 à Nouakchott avec la déclaration sur la contrariété à l’action militaire, ceci a été passé tout simplement sous silence pour aller accomplir le forfait de bombarder le peuple africain.

Ce qui arrive aujourd’hui est le scénario déjà vu auparavant avec la Chine. Aujourd ’hui, on reconnaît le gouvernement Ouattara, on reconnaît le gouvernement des insurgés en Libye. C’est ce qui s’est passé à la fin de la deuxième guerre mondiale avec la Chine. La soit disante communauté internationale avait choisi Taiwan comme unique représentant du peuple Chinois en lieu de place de la Chine de Mao. Il faudra attendre 26 ans, c’est-à-dire le 25 octobre 1971 avec la résolution 2758 que tous les Africains devraient lire, pour mettre fin à la bêtise humaine. La Chine est admise, sauf qu’elle a prétendu et obtenue d’être membre permanent avec doit de veto, si non elle n’entre pas. Cette exigence satisfaite et la résolution d’admission entrée en vigueur, il faudra attendre un an pour que le 29 septembre 1972, le Ministre Chinois des Affaires Etrangères donne sa réponse avec une lettre au Secrétaire Général des Nations Unies pas pour dire Oui ou Merci, mais pour faire des mises au point, en garantie de sa dignité et de sa respectabilité. Qu’est-ce que l’Afrique espère obtenir des Nations Unies sans poser un acte fort pour se faire respecter ? On a vu en Cote d’Ivoire un fonctionnaire des Nations Unies se considérer au dessus d’une institution constitutionnelle de ce pays. Nous sommes entrés dans cette organisation en acceptant d’être des serfs et croire que nous serons invités à table pour manger avec les autres dans les plats que nous avons lavés est tout simplement crédule, pire, stupide. Quand l’UA reconnaît la victoire de Ouattara sans même tenir compte des conclusions contraires de ses propres observateurs envoyés sur le terrain, juste pour faire plaisir à nos anciens maîtres, comment peut-on nous respecter ? Lorsque le président Sud-Africain Zuma déclare que Ouattara n’a pas gagné les élections et change à 180° après un tour à Paris, on peut se demander ce que valent ces dirigeants qui représentent et parlent au nom de 1 milliard d’Africains.

La force et la vraie liberté de l’Afrique viendront de sa capacité à poser des actes réfléchis et en assumer les conséquences. La dignité et la respectabilité ont un prix. Sommes-nous disposés à le payer ? Si non, notre place reste à la cuisine, aux toilettes pour garantir le confort des autres.

Genève le 28/03/2011

Jean-Paul Pougala - pougala@gmail.com

(*) Jean-Paul Pougala est un écrivain d’origine camerounaise, directeur de l’Institut d’Etudes Géostratégiques et professeur de sociologie à l’Université de la Diplomatie de Genève en Suisse.

19:42 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

LES MENSONGES DE LA GUERRE DE L'OCCIDENT CONTRE LA LIBYE de Jean-Paul Pougala (*)

Désolé, mes amis: depuis ce 14 avril 2011, mes listes de diffusion-débats sur yahoo n’ existent plus.
J’invite, les adhérents de mes listes à m’ adresser leurs messages à retransmettre éventuellement, à l’ adresse suivante, car je prends d’ autres dispositions de correspondance : romaincourcelles@hotmail.com. Certains événements me contraignent à agir de la sorte.
Merci à tous !
RoRo
Sent: Friday, April 15, 2011 2:00 PM
To:
Subject: LES MENSONGES DE LA GUERRE DE L'OCCIDENT CONTRE LA LIBYE de Jean-Paul Pougala (*)

Objet : LES MENSONGES DE LA GUERRE DE L'OCCIDENT CONTRE LA LIBYE de Jean-Paul Pougala (*)
Ginette Hess Skandrani : grianala@yahoo.fr
Objet : Fwd: LES MENSONGES DE LA GUERRE DE L'OCCIDENT CONTRE LA LIBYE de Jean-Paul Pougala (*)



-------- Message original --------
Sujet: LES MENSONGES DE LA GUERRE DE L'OCCIDENT CONTRE LA LIBYE de Jean-Paul Pougala (*)
Date : Mon, 28 Mar 2011 02:54:35 +0200
De : Pougala mailto:pougala@...




LES MENSONGES DE LA GUERRE DE L’OCCIDENT CONTRE LA LIBYE de Jean-Paul Pougala (*)

A- LES VRAIES RAISONS DE LA GUERRE EN LIBYE

1- Premier satellite Africain RASCOM 1
C’est la Libye de Kadhafi qui offre à toute l’Afrique sa première vraie révolution des temps modernes : assurer la couverture universelle du continent pour la téléphonie, la télévision, la radiodiffusion et de multiples autres applications telles que la télémédecine et l’enseignement à distance ; pour la première fois, une connexion à bas coût devient disponible sur tout le continent, jusque dans les zones rurales grâce au système par pont radio WMAX.

L’histoire démarre en 1992 lorsque 45 pays africains créent la société RASCOM pour disposer d’un satellite africain et faire chuter les coûts de communication sur le continent. Téléphoner de et vers l’Afrique est alors le tarif le plus cher au monde, parce qu’il y avait un impôt de 500 millions de dollars que l’Europe encaissait par an sur les conversations téléphoniques même à l’intérieur du même pays africain, pour le transit des voix sur les satellites européens comme Intelsat. Un satellite africain coûtait juste 400 millions de dollars payable une seule fois et ne plus payer les 500 millions de location par an. Quel banquier ne financerait pas un tel projet ? Mais l’équation la plus difficile à résoudre était : comment l’esclave peut-il s’affranchir de l’exploitation servile de son maître en sollicitant l’aide de ce dernier pour y parvenir ? Ainsi, la Banque Mondiale , le FMI, les USA, l’Union Européenne ont fait miroiter inutilement ces pays pendant 14 ans. C’est en 2006 que Kadhafi met fin au supplice de l’inutile mendicité aux prétendus bienfaiteurs occidentaux pratiquant des prêts à un taux usuraire; le guide Libyen a ainsi mis sur la table 300 millions de dollars, La Banque Africaine de Développement a mis 50 millions, la Banque Ouest Africaine de Développement, 27 millions et c’est ainsi que l’Afrique a depuis le 26 décembre 2007 le tout premier satellite de communication de son histoire. Dans la foulée, la Chine et la Russie s’y sont mises, cette fois en cédant leur technologie et ont permis le lancement de nouveaux satellites, Sud-Africain, Nigérian, Angolais, Algérien et même un deuxième satellite africain est lancé en juillet 2010. Et on attend pour 2020, le tout premier satellite technologiquement 100% africain et construit sur le sol africain, notamment en Algérie. Ce satellite est prévu pour concurrencer les meilleurs du monde, mais à un coût 10 fois inférieur, un vrai défi. Voilà comment un simple geste symbolique de 300 petits millions peut changer la vie de tout un continent. La Libye de Kadhafi a fait perdre à l’Occident, pas seulement 500 millions de dollars par an mais les milliards de dollars de dettes et d’intérêts que cette même dette permettait de générer à l’infini et de façon exponentielle, contribuant ainsi à entretenir le système occulte pour dépouiller l’Afrique.

2- FOND MONETAIRE AFRICAIN, BANQUE CENTRALE AFRICAINE, BANQUE AFRICAINE DES INVESTISSEMENTS

Les 30 milliards de dollars saisis par M. Obama appartiennent à la Banque Centrale Libyenne et prévu pour la contribution libyenne à la finalisation de la fédération africaine à travers 3 projets phare : la Banque Africaine d’Investissement à Syrte en Libye, la création dès ce 2011 du Fond Monétaire Africain avec un capital de 42 milliards de dollars avec Yaoundé pour siège, la Banque Centrale Africaine avec le siège à Abuja au Nigeria dont la première émission de la monnaie africaine signera la fin du Franc CFA grâce auquel Paris a la main mise sur certains pays africains depuis 50 ans. On comprend dès lors et encore une fois la rage de Paris contre Kadhafi. Le Fond Monétaire Africain doit remplacer en tout et pour tout les activités sur le sol africain du Fond Monétaire International qui avec seulement 25 milliards de dollars de capital a pu mettre à genoux tout un continent avec des privatisations discutables, comme le fait d’obliger les pays africains à passer d’un monopole publique vers un monopole privé. Ce sont les mêmes pays occidentaux qui ont frappés à la porte pour être eux aussi membres du Fond Monétaire africain et c’est à l’unanimité que le 16-17 décembre 2010 à Yaoundé les Africains ont repoussé cette convoitise, instituant que seuls les pays africains seront membres de ce FMA.

Il est donc évident qu’après la Libye la coalition occidentale déclarera sa prochaine guerre à l’Algérie, parce qu’en plus des ses ressources énergétiques énormes, ce pays a une réserve monétaire de 150 milliards d’Euros. Ce qui devient la convoitise de tous les pays qui bombardent la Libye et qui ont tous quelque chose en commun, ils sont tous financièrement en quasi faillite, les USA à eux seuls ont 14.000 Milliards de dollars de dettes, La France , la Grande Bretagne et l’Italie ont chacun environ 2.000 milliards de dettes publiques alors que les 46 pays d’Afrique Noire ont au total moins de 400 milliards de dollars de dettes publiques. Créer des fausses guerres en Afrique dans l’espoir de trouver de l’oxygène pour continuer leur apnée économique qui ne fait que s’empirer ne fera qu’enfoncer les Occidentaux dans leur déclin qui a pris son envol en 1884, lors de la fameuse Conférence de Berlin. Car comme l’avait prédit l’économiste Américain Adams Smith en 1865, dans son soutient à Abraham Lincoln pour l’abolition de l’esclavage, «l’économie de tout pays qui pratique l’esclavage des noirs est en train d’amorcer une descente vers l’enfer qui sera rude le jour où les autres nations vont se réveiller »

3- UNIONES REGIONALES COMME FREIN A LA CREATION DES ETATS-UNIS D’AFRIQUE

Pour déstabiliser et détruire l’union Africaine qui va dangereusement (pour l’Occident) vers les Etats-Unis d’Afrique avec la main de maître de Kadhafi, l’Union Européenne a d’abord tenté sans y parvenir la carte de la création de l’UPM (Union Pour la Méditerranée ) Il fallait à tout prix couper l’Afrique du Nord du reste de l’Afrique en mettant en avant les mêmes thèses racistes du 18-19ème siècle selon lesquelles les populations africaines d’origine Arabes seraient plus évoluées, plus civilisées que le reste du continent. Cela a échoué parce que Kadhafi a refusé d’y aller. Il a compris très vite le jeu à partir du moment où on parlait de la Méditerranée en associant quelques pays africains sans en informer l’Union Africaine, mais en y invitant tous les 27 pays de l’Union Européenne. L’UPM sans le principal moteur de la fédération africaine était foirée avant même de commencer, un mort – né avec Sarkozy comme Président et Mubarack, le vice-président. Ce que Alain Juppé tente de relancer, tout en misant sur la chute de Kadhafi, bien sur. Ce que les dirigeants Africains ne comprennent pas est que tant que ce sera l’Union Européennes à financer l’Union Africaine, on sera toujours au point de départ, car dans ces conditions, il n’y aura pas d’effective indépendance. C’est dans le même sens que l’Union Européenne a encouragé et financé les regroupements régionaux en Afrique. Il était évident que la CEDEAO qui a une Ambassade à Bruxelles et qui tire l’essentiel de son financement de l’UE, est un obstacle majeur contre la fédération africaine. C’est ce que Lincoln avait combattu dans la guerre de sécession aux Etats-Unis, parce qu’à partir du moment où un groupe de pays se retrouvent autour d’une organisation politique régionale, cela ne peut que fragiliser l’organe central. C’est ce que l’Europe voulait et c’est ce que les Africains n’ont pas compris en créant coup sur coup, la COMESA , l’UDEAC, la SADC et le Grand Maghreb qui n’a jamais fonctionné encore une fois grâce à Kadhafi qui lui l’avait très bien compris.

4- KADHAFI, L’AFRICAIN QUI A PERMIS DE LAVER L’HUMILIATION DE L’APARTHEID

Kadhafi est dans le cœur de presque tous les Africains comme un homme très généreux et humaniste pour son soutien désintéressé a la bataille contre le régime raciste d’Afrique du Sud. Si Kadhafi avait été un homme égoïste, rien ne l’obligeait à attirer sur lui les foudres des occidentaux pour soutenir financièrement et militairement l’ANC dans sa bataille contre l’apartheid. C’est pour cela que à peine libéré de ses 27 ans de prisons, Mandela décide d’aller rompre l’embargo des Nations Unis contre la Libye le 23 Octobre 1997. A cause de cet embargo même aérien, depuis 5 longues années aucun avion ne pouvait atterrir en Libye. Pour y arriver, Il fallait prendre un avion pour la Tunisie ; arriver à Djerba et continuer en voiture pendant 5 heures pour Ben Gardane, passer la frontière et remonter en 3 heures de route par le désert jusqu’à Tripoli. Ou alors, passer par Malte et faire la traversée de nuit, sur des bateaux mal entretenus jusqu’à la côte libyenne. Un calvaire pour tout un peuple, juste pour punir un seul homme. Mandela décida de rompre cette injustice et répondant a l’ex Président Américain Bill Clinton, qui avait jugé cette visite «malvenue», il s’insurgea : «Aucun Etat ne peut s'arroger le rôle de gendarme du monde, et aucun Etat ne peut dicter aux autres ce qu'ils doivent faire ». il ajouta : « ceux-là qui hier étaient les amis de nos ennemis, ont aujourd’hui le toupet de me proposer de ne pas visiter mon frère Kadhafi, ils nous conseillent d’être ingrats et d’oublier nos amis d’hier ». En effet, pour l’Occident, les racistes d’Afrique du Sud étaient leurs frères qu’il fallait protéger. C’est pour cela que tous les membres de l’Anc étaient considérés des dangereux terroristes, y compris Nelson Mandela. Il faudra attendre le 2 Juillet 2008, pour que le Congrès Américain vote une loi pour rayer le nom de Nelson Mandela et de ses camarades de l’ANC de cette liste noire, pas parce qu’ils ont compris la bêtise d’une telle liste, mais parce qu’on voulait faire un geste pour les 90 ans de Nelson Mandela. Si les Occidentaux sont aujourd’hui repentis de leur soutient d’hier aux ennemis de Mandela et sont vraiment sincères lorsqu’on lui donnent des noms de rue et de places, comment continuer à faire la guerre à celui qui a permis la victoire de Mandela et son peuple, Kadhafi ?

B- CEUX QUI VEULENT EXPORTER LA DEMOCRATIE SONT-ILS DES DEMOCRATES ?

Et si la Libye de Kadhafi était plus démocratique que les USA, la France , la Grande Bretagne et tous ceux qui font la guerre pour exporter la démocratie en Libye ? Le 19 Mars 2003, le Président Georges Bush lance les bombes sur la tête des Iraquiens avec le prétexte d’y exporter la démocratie. Le 19 Mars 2011, c’est-à-dire 8 ans plus tard et jour pour jour, c’est le Président Français qui lance ses bombes sur la tête des Libyens avec le même prétexte de leur offrir la démocratie. Monsieur Obama, Prix Nobel de la Paix 2009 et président des Etat Unis d’Amérique, pour justifier qu’il procède à un déferlement de missiles Cruise de ses sous-marins sur la tête des Libyens a dit que c’était pour chasser le dictateur Kadhafi du pouvoir et y instaurer la démocratie.

La question que tout être humain doté de la moindre capacité intellectuel de jugement et d’appréciation ne peut s’empêcher de se poser est : ces pays comme la France , l’Angleterre, les USA, l’Italie, la Norvège , le Danemark, la Pologne dont la légitimité pour aller bombarder les Libyens se base sur le seul fait de s’être autoproclamés « pays démocratiques » sont-ils réellement démocratiques ? Si oui, sont-ils plus démocratiques que la Libye de Kadhafi ? La réponse, sans équivoque est NON, pour la simple et bonne raison que la démocratie n’existe pas. Ce n’est pas moi qui l’affirme, mais celui-là même dont la ville natale, Genève abrite l’essentiel du commandement des Nations Unies. Il s’agit bien entendu de Jean-Jacques Rousseau né à Genève en 1712 qui affirme dans le chapitre IV du Livre III de son très célèbre « Contrat Social » que : « il n'a jamais existé de véritable démocratie, et il n'en existera jamais». Pour qu’un état soit véritablement démocratique Rousseau pose 4 conditions selon lesquelles la Libye de Kadhafi est même de loin plus démocratique que les Etats-Unis d’Amérique, la France et tous les autres qui prétendent lui exporter la démocratie à savoir :

1- Dimension de l’Etat : plus un état est grand, moins il peut être démocratique, pour Rousseau l’Etat doit être très petit pour que le peuple soit facile à rassembler et que chaque citoyen puisse aisément connaître tous les autres. Avant donc de faire voter les gens, il faut s’assurer que chacun connaisse tous les autres sans quoi voter pour voter est un acte dénué de tout fondement démocratique, c’est un simulacre de démocratie pour élire un dictateur. La structure de l’organisation de l’Etat Libyen se fonde sur une base tribale qui regroupe par définition le peuple en de petites entités. Le sentiment démocratique est plus présent dans une tribu, dans un village que dans une grande Nation, parce que le fait que tout le monde se connaisse et que la vie tourne autour des mêmes points communs apporte une sorte d’autorégulation, d’autocensure même pour peser à chaque instant, la réaction ou la contre-réaction des autres membres pour ou contre les opinions qu’on peut avoir. Sous cet angle, c’est la Lybie qui répond le mieux aux exigences de Rousseau, ce qu’on ne peut pas dire de même pour les Etats-Unis d’Amérique, la France ou la Grande Bretagne , des Sociétés fortement urbanisées où la majorité des voisins ne se disent même pas bonjour et donc ne se connaissent pas, même vivant cote-à-cote pendant 20 ans. Dans ces pays, on est passé directement à l’étape suivante : « le vote » qu’on a malignement sanctifié afin de faire oublier que ce vote est inutile à partir du moment où je m’exprime sur l’avenir d’une nation sans en connaitre ses membres. On est ainsi arrivé jusqu’à la bêtise du vote des citoyens vivant à l’étranger. Se connaitre et se parler est la condition essentielle de la communication pour le débat démocratique qui précède toute élection.
2- Il faut la simplicité des mœurs et des comportements pour éviter que l’on passe l’essentiel du temps à parler de justice, de tribunal pour trouver des solutions aux multitudes querelles d’intérêts divers qu’une société trop complexe fait naitre naturellement. Les Occidentaux se dé finissement comme des pays civilisés, donc aux mœurs complexes et la Libye comme pays dit primitif, c’est-à-dire aux meurs simples. Sous cet angle, encore une fois, c’est la Libye qui répondrait mieux aux critères démocratiques de Rousseau que tous ceux qui prétendent lui donner des leçons de démocratie. Dans une société complexe, les trop nombreux conflits sont résolus par la loi du plus fort, puisque celui qui est riche évite la prison parce qu’il peut se permettre un meilleur avocat et surtout, orienter l’appareil répressif de l’état contre celui qui vole une banane dans un supermarché, plutôt que le délinquant financier qui fait crouler une banque. Dans une ville comme New York où 75% de la population est blanche, 80% des postes de cadres sont occupés par des Blancs et ils ne sont que 20% des personnes en prison.
3- L’égalité dans les rangs et dans les fortunes. Il suffit de voir le classement FORBES 2010 pour voir quels sont les noms des personnes les plus riches de chacun des pays qui jette la bombe sur la tête des Libyens et voir la différence avec le salaire le plus bas dans chacun des pays et faire de même pour la Libye pour comprendre qu’en matière de redistribution de la richesse du pays, c’est à la Libye d’exporter son savoir faire à ceux qui la combattent et non le contraire. Même sous cet angle, selon Rousseau, la Libye serait plus démocratique que ceux qui veulent pompeusement lui exporter la prétendue démocratie. Aux Etats-Unis 5% de la population possèdent 60% de la richesse nationale. C’est le pays le plus déséquilibré, le plus inégal du monde.

4- PAS DE LUXE. Pour Rousseau pour qu’il y ait la démocratie dans un pays, il ne faut pas qu’il y ait de luxe parce que selon lui, le luxe rend nécessaire la richesse et cette dernière devient la vertu, l’objectif à atteindre à tout prix et non le bonheur du peuple, « le luxe corrompt à la fois le riche et le pauvre, l'un par la possession, l'autre par la convoitise ; il vend la patrie à la mollesse, à la vanité ; il ôte à l'Etat tous ses citoyens pour les asservir les uns aux autres, et tous à l'opinion ». Ya-t-il plus de luxe en France ou en Libye ? Ce rapport d’asservissement des employés qui sont poussés jusqu’au suicide les employés mêmes des entreprises publiques ou semi-publique, pour des raisons de rentabilité et donc de possession de luxe d’une des parties est-il plus criant en Libye ou en Occident ?

Le sociologue Américain C. Wright Mills a décrit en 1956 la démocratie américaine comme « la dictature des élites ». Selon Mills, les Etats-Unis d’Amérique ne sont pas une démocratie parce qu’en définitive, c’est l’argent qui y parle dans les élections et non le peuple. Le résultat de chaque élection y est l’expression de la voix de l’argent et non la voix du peuple. Après Bush-père et Bush-fils, pour les primaires républicaines de 2012, on parle déjà de Bush-benjamin. En plus, si le pouvoir politique se base sur la bureaucratie, Max Weber fait remarquer qu’il y a 43 millions de fonctionnaires et militaires aux Etats-Unis qui commandent effectivement le pays, mais qui n’ont été votés par personne et qui ne répondent pas directement au peuple de leurs activités. Une seule personne (un riche) est donc votée mais le vrai pouvoir sur le terrain est tenue par une seule caste de riches qui ne résulte purement et simplement que de nominations comme les ambassadeurs, les généraux de l’armée etc...

Combien de personnes dans les pays autoproclamés « démocratiques » savent qu’au Pérou la constitution interdit un deuxième mandat consécutif au président de la république sortant ? Combien de personnes savent qu’au Guatemala, non seulement le président sortant ne doit plus jamais se présenter comme candidat à cette fonction, mais qu’en plus à aucun degré de parenté, aucun membre de sa famille ne pourra plus prétendre à cette fonction ? Combien savent que le Rwanda est le pays qui intègre politiquement le mieux les femmes au monde avec 49% de parlementaires femmes ? Combien savent que dans le classement de la CIA 2007, sur 10 pays les mieux gérés au monde, 4 sont Africains ? Avec la palme d’or à la Guinée équatoriale dont la dette publique ne représente que 1,14% de son PIB.

La guerre civile, les révoltes, les rebellions sont les ingrédients d’un début de démocratie soutient Rousseau. Parce que la démocratie n’est pas une fin, mais un processus permanent pour réaffirmer les droits naturels des humains que dans tous les pays du monde (sans exception) une poignée d’hommes et de femmes, confisquant le pouvoir du peuple, l’oriente pour se maintenir aux affaires. On trouve ici et là des formes de castes qui usurpent le mot « démocratie » qui doit être cet idéal vers lequel tendre et non un label à s’approprier ou un refrain à vanter parce qu’on est juste capable de crier plus fort que les autres. Si un pays est calme comme la France ou les Etats-Unis, c’est-à-dire sans aucune révolte, pour Rousseau cela veut tout simplement dire que le système dictatorial est suffisamment répressif pour empêcher toute tentative de rébellion. Si les Libyens se révoltent, ce n’est pas une mauvaise chose. C’est prétendre que les peuples acceptent stoïquement le système qui les opprime partout dans le monde sans réagir qui est très mauvais. Et Rousseau de conclure : « Malo periculosam libertatem quam quietum servitium -traduction : S'il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes ». Dire qu’on tue les Libyens pour leur bien est un leurre.

C- QUELLES LECONS POUR L’AFRIQUE ?

Après 500 ans de relations de dominateur et de dominé avec l’Occident, il est dès lors prouvé que nous n’avons pas les mêmes critères pour définir le bon et le méchant. Nous avons des intérêts profondément divergents. Comment ne pas déplorer le Oui de 3 pays africains au sud du Sahara, Nigeria, Afrique du Sud et Gabon pour la résolution 1973 inaugurant la nouvelle forme de colonisation baptisée « protection des peuples », validant la théorie raciste que les Européens véhiculent depuis le 18ème siècle selon laquelle l’Afrique du Nord n’a rien à partager avec l’Afrique Subsaharienne, l’Afrique du nord serait ainsi plus évoluée, plus cultivée et plus civilisée que le reste de l’Afrique. Tout se passe comme si la Tunisie , l’Egypte, la Libye , l’Algérie ne faisaient pas partie de l’Afrique. Même les Nations Unies semblent ignorer la légitimité de l’Union Africaine sur ses états membres. L’objectif est d’isoler les pays d’Afrique subsaharienne afin de mieux les fragiliser et les tenir sous contrôle. En effet, dans le capital du nouveau Fond Monétaire Africain (FMA), l’Algérie avec 16 milliards de dollars et la Libye avec 10 milliards de dollars contribuent à eux tous seuls pour près de 62% du capital qui est de 42 milliards de Dollars. Le premier pays d’Afrique subsaharienne et les plus peuplés, le Nigeria suivi de l’Afrique du Sud arrivent très loin derrière avec 3 milliards de dollars chacun.

C’est très inquiétant de constater que pour la première fois de l’histoire des Nations Unies, on a déclaré la guerre à un peuple sans avoir exploré au préalable la moindre piste pacifique pour solutionner le problème.

L’Afrique a-t-elle encore sa place dans une telle organisation ? Le Nigeria et l’Afrique du Sud sont disposés à voter OUI à tout ce que l’Occident demande, parce qu’ils croient naïvement aux promesses des uns et des autres de leur donner une place de membre permanent au Conseil de Sécurité avec le même droit de veto. Ils oublient tous les deux que la France n’a aucun pouvoir de leur attribuer le moindre poste. Si elle l’avait, il y a belle lurette que Mitterrand l’aurait faite pour l’Allemagne de Helmut Kohl. La reforme des Nations Unies n’est pas à l’ordre du jour. La seule manière de compter, est la méthode chinoise : tous les 50 pays africains doivent quitter les Nations Unies. Et s’ils doivent y retourner un jour, ne le faire que s’ils ont obtenu ce qu’ils demandent depuis longtemps, un poste pour toute la fédération africaine, sinon rien.

Cette méthode de la non-violence est la seule arme de justice dont disposent les pauvres et les faibles que nous sommes. Nous devons tout simplement quitter les Nations Unies, car cette organisation de par sa configuration, de par sa hiérarchie est aux services des plus forts.

Nous devons quitter les Nations Unies afin de marquer notre réprobation de cette conception du monde basée uniquement sur l’écrasement du plus faible. Tout au moins ils seront libres de continuer de le faire, mais pas avec notre signature, pas en rappelant que nous sommes d’accord alors qu’ils savent très bien qu’ils ne nous ont jamais interrogés. Et même quand nous avons donné notre propre point de vue, comme la rencontre de samedi 19/3 à Nouakchott avec la déclaration sur la contrariété à l’action militaire, ceci a été passé tout simplement sous silence pour aller accomplir le forfait de bombarder le peuple africain.

Ce qui arrive aujourd’hui est le scénario déjà vu auparavant avec la Chine. Aujourd ’hui, on reconnaît le gouvernement Ouattara, on reconnaît le gouvernement des insurgés en Libye. C’est ce qui s’est passé à la fin de la deuxième guerre mondiale avec la Chine. La soit disante communauté internationale avait choisi Taiwan comme unique représentant du peuple Chinois en lieu de place de la Chine de Mao. Il faudra attendre 26 ans, c’est-à-dire le 25 octobre 1971 avec la résolution 2758 que tous les Africains devraient lire, pour mettre fin à la bêtise humaine. La Chine est admise, sauf qu’elle a prétendu et obtenue d’être membre permanent avec doit de veto, si non elle n’entre pas. Cette exigence satisfaite et la résolution d’admission entrée en vigueur, il faudra attendre un an pour que le 29 septembre 1972, le Ministre Chinois des Affaires Etrangères donne sa réponse avec une lettre au Secrétaire Général des Nations Unies pas pour dire Oui ou Merci, mais pour faire des mises au point, en garantie de sa dignité et de sa respectabilité. Qu’est-ce que l’Afrique espère obtenir des Nations Unies sans poser un acte fort pour se faire respecter ? On a vu en Cote d’Ivoire un fonctionnaire des Nations Unies se considérer au dessus d’une institution constitutionnelle de ce pays. Nous sommes entrés dans cette organisation en acceptant d’être des serfs et croire que nous serons invités à table pour manger avec les autres dans les plats que nous avons lavés est tout simplement crédule, pire, stupide. Quand l’UA reconnaît la victoire de Ouattara sans même tenir compte des conclusions contraires de ses propres observateurs envoyés sur le terrain, juste pour faire plaisir à nos anciens maîtres, comment peut-on nous respecter ? Lorsque le président Sud-Africain Zuma déclare que Ouattara n’a pas gagné les élections et change à 180° après un tour à Paris, on peut se demander ce que valent ces dirigeants qui représentent et parlent au nom de 1 milliard d’Africains.

La force et la vraie liberté de l’Afrique viendront de sa capacité à poser des actes réfléchis et en assumer les conséquences. La dignité et la respectabilité ont un prix. Sommes-nous disposés à le payer ? Si non, notre place reste à la cuisine, aux toilettes pour garantir le confort des autres.

Genève le 28/03/2011

Jean-Paul Pougala - pougala@gmail.com

(*) Jean-Paul Pougala est un écrivain d’origine camerounaise, directeur de l’Institut d’Etudes Géostratégiques et professeur de sociologie à l’Université de la Diplomatie de Genève en Suisse.

19:42 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

10/04/2011

non àl'aventurisme de l'impérialisme français!

From: Dutilleul Nicolas
Sent: Saturday, April 09, 2011 6:40 PM
To:
Subject: non à l'aventurisme de l'impérialisme français!

Côte d’Ivoire : déclaration de l’URCF
mercredi 6 avril 2011



Non à l’aventurisme de l’impérialisme français !

Le gouvernement de Sarkozy, avec la complicité et le soutien des forces politiques institutionnelles du PCF à l’UMP, vient de lancer de nouvelles opérations de guerre, cette fois en Côte d’Ivoire.

C’est la deuxième agression contre un pays d’Afrique en quelques jours, c’est la troisième guerre où est impliqué l’impérialisme français ! Alors que le gouvernement et ses relais médiatiques nous répètent tous les jours que l’on ne peut payer les retraites, que les frais de santé sont trop élevés, que les déficits publics sont abyssaux, qu’il faut réduire le nombre de fonctionnaires, les budgets sociaux et de l’Education nationale, ce sont des milliards d’euros qui sont dilapidés pour imposer des régimes néocoloniaux, quelles que soient les couvertures utilisées !

En Côte d’Ivoire, depuis le renversement des marionnettes héritières d’Houphouët-Boigny, la Françafrique ne rêvait que de se réinstaller. C’est provisoirement chose faite, et l’ordre règne : l’homme du FMI et la Banque Mondiale, Ouatarra, est en place ! On soulignera pour les pleureurs défendant les pseudo Droits de l’homme, le rôle joué par l’assassin du Président Sankara, Blaise Compraoré, qui occupe la Présidence du Burkina-Faso, comme soutien logistique de Ouatarra.

Au-delà des éléments factuels, l’URCF appelle les travailleurs, les démocrates, les partisans de la paix, à la plus grande vigilance dans une situation internationale marquée par une dégradation inquiétante : l’agressivité accrue de l’impérialisme français, celle des Etats-Unis et de la Grande Bretagne, témoignent à la fois de l’exacerbation des contradictions entre puissances impérialistes pour un repartage du monde dans les conditions d’aujourd’hui, et en même temps de leur volonté de maintenir les peuples sous leur domination exclusive. Les menaces pèsent sur la Syrie comme sur l’Iran, sur Cuba comme sur le Venezuela et sur la République Populaire et Démocratique de Corée.

Au même moment, les dirigeants sionistes israéliens continuent leur génocide-colonisation du peuple palestinien, avec la complicité complète des mêmes puissances occidentales, au mépris des décisions internationales.

L’ONU est instrumentalisée pour en faire le cadre acceptable des guerres néocoloniales, parachevant le démantèlement des dispositifs nés de la victoire des peuples contre le fascisme en 1945, et marqués alors par la puissance de l’Union Soviétique et des forces de la Résistance Internationale. C’est la victoire de la contre-révolution en URSS qui est la cause de la situation actuelle, le capitalisme impérialiste n’ayant plus de force face à lui qui l’oblige à contenir sa tendance à résoudre les problèmes par la guerre. La bataille pour mettre en échec la marche à la guerre et les agressions contre les peuples qui veulent décider de leurs propres affaires, doit donc s’amplifier ; mais pour ce faire, il est nécessaire que mûrisse la conscience que la bataille pour la paix est inséparable du combat contre le capitalisme et pour la victoire du socialisme.

L’URCF exige le retrait immédiat et inconditionnel des troupes françaises de Côte d’Ivoire comme des autres pays d’Afrique, l’arrêt de l’agression aérienne contre la Libye et le retrait des troupes françaises d’Afghanistan. Elle appelle ses militants et ses sympathisants à organiser partout des initiatives publiques, à s’associer à ceux et celles dont les préoccupations convergent avec les siennes, à susciter le débat en particulier dans le mouvement syndical, pour dénoncer la politique belliciste du gouvernement Sarkozy et de ses complices du PS comme de la soi-disant gauche de la gauche qui s’aligne dans l’union sacrée.

L’URCF, le 5 avril 2011

12:12 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

04/04/2011

L’attaque de la Libye ? Un air de déjà vu…

 
 
Sent: Monday, April 04, 2011 8:21 AM
Subject: L’attaque de la Libye ? Un air de déjà vu…
 

http://www.resistance-politique.fr

libye01Il n’y a pas à s’illusionner. L’attaque contre la Libye n’est pas un acte de défense des pauvres civils maltraités par Kadhafi, mais a pour objectif le contrôle des ressources minérales (par exemple le phosphate) et du pétrole, dont les réserves sont non seulement parmi les plus importantes en Afrique mais aussi  parmi les meilleures du monde (très peu de soufre).La recette a déjà été appliquée en Serbie. Des pauvres civils en fuite, des télévisions atlantistes qui retransmettent sur les ondes des images de femmes et d’enfants qui pleurent vues seulement d’une partie du front, pendant que l’autre n’a ni femmes ni enfants morts ni déplacés.

Après de telles informations, une intervention humanitaire pour tuer ceux qui ne nous plaisent pas et pour corrompre et occuper ceux qui nous plaisent s’impose. Un chef d’Etat comme Kadhafi est devenu seulement maintenant un dictateur, parce qu’hier, on ne savait pas qu’il en fut. A part le fait qu’avant de parler de Kadhafi, il faut définir le terme « dictateur » au vu de la société dont on parle. Notre perception de la vie, en tant qu’Européens, n’est pas la même qu’un Africain. Et ce n’est pas à nous, Européens, de savoir qui a raison mais de laisser chacun respirer l’air qu’il veut dans sa propre maison. Les images et les informations propagées sur nos ondes ne sont pas celles qui sont retransmises dans d’autres parties du monde. Par exemples, ces civils que le président des Etats-Unis, Barack Obama, a défini comme étant « la population libyenne qui devait être protégée », sont des civils qui utilisent des armes automatiques, de l’artillerie légère antiaérienne… armés à partir de l’étranger et aidés par des instructeurs provenant des pays atlantiques, actuellement essentiellement britanniques. La Libye connaît une situation de guerre civile fomentée par l’étranger, guerre dans laquelle l’Occident monte les tribus libyennes les unes contre les autres. La défense de la démocratie n’est donc qu’un prétexte derrière lequel se cache la nécessité d’occuper militairement le pays.
 
En vérité, la vérité est bien différente de celle représentée par ceux qui répandent la mort en Libye. Les uniques producteurs arabes de pétrole encore hors du contrôle atlantiste sont la Libye, la Syrie (l’un des prochains objectifs des Etats-Unis ou de l’OTAN – c’est du pareil au même) et l’Iran, dont l’agression répond à un souhait à peine dissimulé du monde sioniste. On pourrait se demander pourquoi la Ligue arabe a dans un premier temps pris la défense des attaquants ?  On peut se rendre facilement compte que dans cette Ligue se trouvent les plus grands producteurs arabes de pétrole, lesquels ont profité de la crise libyenne pour augmenter les prix de l’or noir tout en s’appropriant déjà une partie de la participation libyenne à la production. Ces pays donnent ainsi un coup de main à ceux qui créent l’environnement dans lequel ils seront pillés, un jour ou l’autre, à leur tour. La définition de la guerre qu’en fait que le grand écrivain Ernest Hemingway est donc toujours d’actualité : « la guerre est provoquée et faite par les porcs qui en retirent quelque profit ». Mais quand la Ligue arabe s’est rendu compte qu’on allait dépasser le stade des sanctions et tuer d’autres frères musulmans pour des motifs autres que chasser du pouvoir Kadhafi, elle s’est opposée aux raids américains, anglais et français. Les mass media atlantistes se sont dans le même temps mis promptement au service du « Grand Frère » et, au lieu de divulguer des informations avérées, créent des images télévisées aux antipodes de la réalité, se rendant complices d’un crime de guerre parce qu’ils incitent à la haine contre le peuple libyen. Ainsi, la chaîne Al Jazira (sous contrôle américain) relatait depuis des jours l’existence de combats à Tripoli, alors que le reporter militaire serbe de réputation mondiale, Miroslav Lazanski, présent sur les lieux depuis le début, témoigne : « je me suis promené ce matin à travers les rues de la ville, et il n’y avait aucun combat. Tripoli est une ville tranquille ; vendredi est ici le jour de repos hebdomadaire (le 18 mars – NDLR), et seul le marché aux poissons près du port est agité par les cris des vendeurs et des clients. Les fontaines sont en état de marche, et les policiers sont tranquillement installés dans leur voiture aux carrefours. On n’entend pas même un coup de feu ».

Les media pro-atlantistes font au contraire état de désordres. Et il faut désormais s’attendre à un missile de la « coalition » frappant ce marché pour détruire cette image idyllique, avec à la clé un nombre toujours trop important d’innocentes victimes civiles coupables de n’avoir pas accepté la politique d’agression et d’occupation de leur pays. Rien que du déjà vu, en somme.
Les Libyens affirment qu’il y a à Benghazi soixante-dix instructeurs militaires britanniques dont la mission est d’aider les rebelles. La télévision libyenne a montré les caisses de munitions destinées aux rebelles en provenance du Qatar ; des entretiens téléphoniques entre les ambassadeurs, américain et britannique, et les chefs de l’opposition à Benghazi ont été radiodiffusés. Les deux ambassadeurs  se demandaient dans quelle mesure ils pouvaient les aider.  Les objectifs en Libye seront avant tout des postes de commandement libyen près de Tripoli, les radars, les aéroports militaires d’al-Adam et Tripoli, les écoles militaires près de Benghazi et Misurata, et les bases marines de Tripoli, d’al-Khums, de Derna, etc. Et si Kadhafi continue de résister, nous assisterons aux traditionnels « dégâts collatéraux », c’est-à-dire que l’OTAN frappera des objectifs civils, des infrastructures civiles et les civils eux-mêmes, arguant de regrettables erreurs, même si ces « erreurs » avaient été faites à dessein pour éprouver la résistance du peuple et écorner les soutiens qu’a encore indubitablement Kadhafi auprès de lui. N’oublions pas que les citoyens libyens avaient une espérance de vie plus haute que les autres nations arabes environnantes, qu’elles ne payaient pas d’impôts, ni la lumière, ni le gaz, ni l’électricité, qu’un million et demi de travailleurs étrangers étaient venus en Libye pour y trouver du travail qu’ils n’ont maintenant plus. L’essence coûtait jusqu’à aujourd’hui un euro… les 18 litres. Alors, la démocratie, c’est ce type de vie sociale ou bien celle que nous offrent les agresseurs, une démocratie que nous ne connaissons que trop en Europe.
 
Les Libyens savent qu’ils devront payer après l’occupation otanienne car le pétrole et le gaz ne seront plus leur propriété. Et comment ces agresseurs pensent-ils exporter leur démocratie dans un  pays où n’existe aucun parti mais où les chefs de tribu ont un rôle traditionnel ? Et puis, qui a le droit d’imposer à l’autre son propre mode de vie ? Ce sont ces imbéciles qui n’ont jamais lu le Coran ou pis, qui ne Le respecte pas ou ne respecte pas la religion musulmane ? Les occidentaux doivent se mettre une bonne fois pour toute en tête que ce qui rend heureux un Parisien fait souvent vomir un Libyen, un Serbe ou un bouddhiste. Le hamburger n’est pas le plat de tout le monde.
 
La Libye a peu d’arguments militaires face à l’OTAN. Des missiles russes de grande portée SA-2, SA-5, puis SA-3, Sa-6 Sa-7, SA-8, SA-9, SA-13 et des missiles français « Crotale ». Des canons antiaériens. En clair, un arsenal militaire sous-dimensionné face à des armées technologiquement bien supérieures. Nous ne savons rien du moral véritable de l’armée libyenne. Mais si cette armée est vraiment décidée à défendre son pays, il faudra s’attendre à des mois de bombardements, du sang versé et une augmentation du prix du pétrole. En clair, une nouvelle crise économique. Ce qui veut dire que les Etats-Unis vont faire porter le poids de cette crise que les épaules des citoyens d’Europe et d’autres continents. C’est l’Oncle Sam qu’il faut tuer !
 
Mais aussi de nouveaux articles :
 
 

20:44 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

01/04/2011

LIBYE: vous applaudirez Sarkozy et son ami Bhl ...

Ici, avec les rebelles “démocrates” libyens, vous applaudirez Sarkozy et son commis Bhl.
Grâce à eux, et les anglos-ricains,
vous verrez la “Liberté”, la “Démocratie”, les “Droits de l’homme”, la “Justice”, “l’Egalité”, la “Fraternité”,
l’ aide et la protection “humanitaires” tomber du ciel, sans lâcheté et sans odeur de pétrole ... !
RoRo
 

18:36 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

CREATION DE LA PREMIERE COMMISSION D'ENQUETE INDEPENDANTE POUR CONNAITRE LA VERITE EN LIBYE,

Sent: Thursday, March 31, 2011 5:32 PM
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] CREATION DE LA PREMIERE COMMISSION D'ENQUETE INDEPENDANTE POUR CONNAITRE LA VERITE EN LIBYE,

CREATION DE LA PREMIERE COMMISSION D'ENQUETE INDEPENDANTE POUR CONNAITRE LA VERITE EN LIBYE,

Tripoli, 27-29 mars 2011

Nous avions programmé ce voyage organisé par Omar Tahar du mouvement d'amitié et de coopération entre les peuples européens et libyens afin d’aller voir sur place, et tenter de comprendre les horreurs que déblatéraient à longueur de journée nos médias.

Et c'est dans l'esprit de cette coopération entre nos deux peuples que nous avons placé ce voyage qui s'est avéré plus compliqué que nous ne le pensions.

Nous sommes arrivés à Tripoli en passant par Djerba, à cause de l'exclusion aérienne imposée par les Occidentaux, qui ne nous permettait d’accéder directement en Libye.

Nous avons roulé six heures durant, traversant plusieurs bourgs dont des maisons éventrées par les durs combats qui ont eu lieu entre les insurgés et les forces restées fidèles au Guide nous rappelaient que nous étions dans un pays en guerre.

De nombreux contrôles, des attentes toux feux éteints, des alertes ont jalonné ce voyage.

Déjà de longues attentes à la frontière tuniso-libyenne et la vue de ces longues files de réfugiés, en majorité noirs, très dignes, avec leurs grosses valises et baluchons énormes, avec des femmes tenant de jeunes enfants à la main, nous ont amenés dans le vif du sujet: ce ne sont pas des hordes se précipitant pour envahir l'Europe, ce sont des ouvriers ou employés immigrés légaux qui tentent de rentrer chez eux. Certains nous l’ont affirmé lorsque nous les avons croisés dans les toilettes du HCR: ils redoutaient les bombardements des Occidentaux et ont préféré s’enfuir, laissant tout derrière eux, ce qui fait que nous avons vite compris pourquoi les échoppes étaient fermées, et les maisons le long de la route étaient vides.

En arrivant à Tripoli nous avons été étonnés par le calme qui y régnait. Les bains de sang et les milliers de morts n’étaient pas là au rendez-vous. Pas de mendiants, pas de policiers menaçants non plus. Par contre de nombreuses constructions de logements prouvent que le pays était en bonne santé économique depuis la levée de l'embargo Visiblement, le congrès général qui dirige le pays préférait investir en Libye plutôt que de nourrir les banques occidentales comme nous le susurrent les mêmes médias.

Décidément les mensonges colportés afin d’imposer cette résolution 1973 défendue par notre matamore Sarkozy sous l’injonction de son terrible mentor israélien Bernard Henri Levy, sous prétexte de protéger les populations civiles, a permis à un petit groupe d’ insurgés d’avancer dans la conquête du pays, et a condamné de fait l’ensemble du peuple libyen à subir ces bombardements, avec l’aval de ceux qui parmi les Occidentaux ne pensent qu’aux profits à tirer de cette situation.

Nous avions vu les rassemblements pacifiques et non-violents en Tunisie et en Egypte et nous nous sommes réjouis pour ces peuples enfin libérés. Mais contrairement à ce qui s’est passé en Tunisie et en Egypte les émeutes libyennes n’avaient rien de pacifique. Les insurgés étaient armés, violents et programmés afin de prendre le pouvoir. On peut s'étonner de l'information diffusée par les médias selon laquelle Khaddafi distribue des armes à la population: serait-ce pour alimenter la rébellion?

Lorsque nous discutons avec les Libyens dans la rue, sur la Place Verte, ou à l’hôtel, ils tiennent à nous serrer chaleureusement la main, et nous disent des insurgés: "ce sont des groupes d’islamistes armés type Al Qaïda, avec des agents étrangers. Ils ne s’entendent même pas entre eux. D’où ont-ils sortis tous ces milliers de drapeaux du roi Idriss en trois couleurs, alors que cela fait 42 ans qu’il a été détrôné, et que les jeunes n'ont même pas entendu parler de lui ?"

Tous ceux qui ont proposé une médiation afin de rétablir le dialogue ont été rejetés y compris le président Vénézuélien ou l’Unité Africaine.

Les Tripolitains défendent spontanément leur gouvernement, en manifestant tous les jours contre l'agression occidentale: "Ils veulent juste la peau de notre Kadhafi parce que cela fait quarante ans qu’il dérange les impérialistes et les sionistes et il n’est pas prêt de s’arrêter". Les jeunes nous disent également que si Kadhafi tombe c’est non seulement la Libye qui sera détruite mais également toute l’Afrique qui sera victime des colonisateurs, car Kadhafi est un Africain et il a rendu possible l'unification de l’Afrique afin d’en faire un continent indépendant des rapaces et pilleurs de toute sorte. A plusieurs reprises, des femmes âgées se précipitent spontanément pour nous dire que le peuple libyen est prêt à mourir pour protéger son fils Khaddafi.

Tous les mensonges qui tournent en boucle sur nos télés, y compris la télé occidentalisée et collabo : El Jazeera, commencent à être dévoilés. Traiter Kadhafi de dictateur sanguinaire, Hitler, raciste, fasciste etc, afin de mieux le dépouiller n’est pas digne d’une société qui se prétend civilisée.

Nous dénonçons avant tout les médias menteurs et affabulateurs. Nous avons tenu une conférence de presse devant une cinquantaine de journalistes occidentaux, emmenés chaque jour en car par les autorités constater l'ampleur des dégâts causés par les bombardements occidentaux. Pourtant, nos télévisions ne montrent que des images d'insurgés vantards sur des routes désertes.

Nous appelons les associations, groupes ou personnes à nous rejoindre dans cette COMMISSION D’ENQUETE INDEPENDANTE POUR CONNAITRE LA VERITE EN LIBYE.

Nous présenterons plus en détail notre voyage en Libye

Vendredi 1er avril à 16 heures au THEATRE DE LA MAIN D’OR

15, passage de la Main d’Or 75011 Paris

m° Ledru Rollin

Ginette Hess Skandrani et Maria Poumier


__._,_.___
.

__,_._,___

18:32 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |