16/02/2008

Afghanistan :: L’Otan panique et veut plus de troupes ...

La résistance des talibans s’intensifie. Le chiffre des pertes ne cesse de grimper. Le doute s’installe.

Pol De Vos
13-02-2008

Juillet 2007 : première sortie d'un bataillon de l'armée nationale afghane. Une armée qui reste insignifiante par rapport aux dizaines de milliers de soldats étrangers dans le pays . (Photo Otan)

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De plus en plus de pays de l’Otan doutent que la guerre en Afghanistan puisse être gagnée. En novembre 2007, à Noordwijk (PB), lorsque les ministres de la Défense de l’Otan se sont réunis à l’occasion du premier anniversaire de la présence de l’Otan en Afghanistan, l’atmosphère de crise était déjà très sensible.

Aucun des ministres présents n’a proposé de renforts, au contraire. Les Hollandais ont même pensé à retirer leurs 1 600 hommes d’Uruzgan (sud de l’Afghanistan). De même, le Canada envisage de retirer ses troupes. L’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne disent qu’ils n’ont pu envoyer des unités que pour des tâches de soutien, mais certainement pas en tant que troupes de combat.

Le 16 janvier, au cours d’une interview, Robert Gates déclarait : « J’ai des soucis du fait que nous engageons des conseillers militaires insuffisamment entraînés et que nombre de nos troupes ne savent pas comment monter des opérations antiémeutes…La plupart des armées européennes, et ça vaut pour celles de l’Otan, ne sont pas entraînées pour ça1. »

Gates a donc décidé d’envoyer 3 200 marines américains de plus dans le sud de l’Afghanistan. Cela portera les effectifs américains à 30 000 hommes, en plus des 40 000 soldats de l’Otan (dont 14 000 Américains aussi). Le Washington Post a qualifié cette décision américaine de nécessaire afin « de combler le vide qui s’opère partiellement du fait de l’incapacité de l’Otan à réprimer les soulèvements, une mission dans laquelle les alliés ne se sont jamais engagés2 ».

L’enjeu de cette guerre de l’Otan est important. Les États-Unis veulent avant tout contrôler les sources d’énergie de l’Asie centrale, au détriment de la Chine et de la Russie. En outre, l’alliance ne peut se permettre le moindre échec, si elle veut continuer à jouer son rôle de gendarme du monde.

Du 2 au 4 avril, les chefs d’État et de gouvernement des États membres de l’Otan se réuniront à Bucarest, capitale de la Roumanie. Ils connaissent déjà le thème qui sera discuté : l’élaboration d’une nouvelle stratégie politico-militaire pour l’Afghanistan. Les USA en profiteront pour accroître une fois de plus les pressions sur leurs alliés. Notre ministre de la Défense, De Crem, voulait avancer d’un banc dans la classe. Il a déjà marqué son accord pour envoyer plus d’effectifs sur place et lancer ses chasseurs-bombardiers dans la bagarre. Va-t-il encore en remettre une couche en avril ?

1 The Los Angeles Times, 16 janvier 2008. • 2 The Washington Post, 16 janvier 2008

Hebdomadaire du Parti de Travail de Belgique | bd M. Lemonnier 171, 1000 Bruxelles | 38e annee n° 6 (1689) du 13 février 2008

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13:56 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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